L’existence du journal est établie par la BnF, qui le décrit comme un quotidien parisien publié de 1884 à 1944. La BnF précise aussi qu’il est provisoirement remplacé le 12 juin 1940 par une édition commune, avant de reparaître. La notice de synthèse de Gallica sur les grands quotidiens indique explicitement que Le Matin, proche de l’extrême droite, se rallie à l’occupant en 1940 et disparaît à la Libération.
Création du journal
Le titre est lancé en 1884. Il ne naît donc pas sous Vichy, mais c’est bien pendant l’Occupation qu’il prend une place de journal de collaboration et de propagande. La BnF rappelle son ancien succès comme grand quotidien populaire ; elle souligne aussi son orientation nationaliste et antiparlementaire avant-guerre, qui facilite son ralliement à l’occupant en 1940.
Organisation et direction
Pendant l’Occupation, Le Matin demeure un quotidien de grande diffusion, utilisé dans un cadre de presse contrôlée. Les notices BnF rappellent son ancien rattachement à Maurice BUNAU-VARILLA, figure centrale de son histoire avant 1940. Pour la période de l’Occupation, les ressources pédagogiques et mémorielles le traitent moins comme un simple journal d’information que comme l’un des grands supports quotidiens de la propagande officielle et de la répression relayée dans la presse.
Ligne politique et rôle de propagande
Les sources institutionnelles convergent pour le ranger parmi les titres collaborationnistes. La page BnF sur les principaux quotidiens indique qu’il se rallie à l’occupant en 1940 ; le Musée MRN de Joë le présente comme un journal collaborationniste à propos d’un numéro du 15 décembre 1941 relayant les représailles allemandes ; le Musée de la Résistance en ligne montre qu’il publie, avec Le Petit Parisien, des avis annonçant l’exécution d’otages. Le journal n’est donc pas seulement soumis à la censure : il sert concrètement de relais à la propagande allemande et aux messages de terreur adressés à la population.
Chefs et figures marquantes
Maurice BUNAU-VARILLA demeure la grande figure historique du titre avant la débâcle, mais les sources ici consultées ne documentent pas de façon assez précise, pour la seule période 1940-1944, toute la chaîne de direction quotidienne. En l’état des sources retenues, il est donc préférable de s’en tenir à une caractérisation sûre du journal comme quotidien collaborationniste plutôt qu’à une liste incomplète de responsables de rédaction sous l’Occupation.
Fin du journal
La BnF indique que Le Matin disparaît à la Libération. Le dernier état général du titre le fait courir jusqu’en 1944. Le journal appartient au groupe des quotidiens collaborationnistes dont la disparition accompagne la reprise de Paris et la réorganisation de la presse française libérée.
Conséquences et mémoire
Dans la mémoire de l’Occupation, Le Matin est retenu comme l’un des grands quotidiens qui ont choisi l’accommodement puis l’alignement avec l’occupant. Son intérêt historique tient à sa forte audience antérieure à 1940 et à son rôle d’amplificateur de la propagande et des communiqués de répression. Il est souvent mobilisé dans les dossiers pédagogiques pour montrer comment un grand titre ancien peut devenir un instrument de domination politique et psychologique.
Références bibliographiques
Le Matin, “grand” oublié de la presse française ?, article de synthèse publié par Retronews en 2023. Ce texte replace Le Matin dans l’histoire des “quatre grands” quotidiens français et aide à comprendre pourquoi son ralliement de 1940 a eu un poids symbolique et politique important. Il est particulièrement utile pour contextualiser l’audience du titre avant l’Occupation.
La presse française sous l’Occupation, entretien publié par Retronews en 2026. Cette ressource n’est pas un livre, mais elle synthétise l’état récent de la recherche sur la reparution très précoce de Le Matin en juin 1940 et sur les mécanismes de compromission de la grande presse parisienne. Elle éclaire bien la fonction du titre dans le dispositif de normalisation voulu par l’occupant.
Références internet
Gallica-BnF, Les principaux quotidiens. Page de synthèse donnant l’historique du titre, sa place parmi les grands quotidiens et sa qualification comme journal rallié à l’occupant. https://gallica.bnf.fr/selections/fr/html/les-principaux-quotidiens
Catalogue BnF. Notice de périodique utile pour l’identification bibliographique, la périodicité et la chronologie générale du journal. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328123058
Musée MRN de Joë. Présentation contextualisée d’un numéro de décembre 1941, utilisé comme exemple du relais par Le Matin des décisions de représailles allemandes. https://www.museemrjmoi.com/le-matin-journal-collaborationniste-du-15-decembre-1941-publie-les-actions-de-represailles-decidees-par-le-chef-des-forces-doccupation-allemandes-a-la-suite-des-attentats-de-la-resistance-communist/
Musée de la Résistance en ligne. Notice mémorielle montrant la publication par Le Matin d’un avis relatif à l’exécution d’otages en septembre 1941. https://museedelaresistanceenligne.org/media7150-Plaque-la-mmoire-de-Francis-Herpin-Malakoff-Hauts-de-Seine
Sources consultées ; date de vérification : 23 mars 2026. Maitron Résistance : non pertinent pour ce quotidien ; Fondation de la Résistance : repères généraux sur la presse sous l’Occupation, sans notice spécifique exploitée ici ; Musée de la Résistance en ligne : utile pour des exemples précis de relais de la répression ; Mémoire des Hommes : non pertinent pour l’identification du journal ; Ordre de la Libération : non pertinent ; Gallica et catalogue BnF : sources principales d’identification et de qualification ; SHD : non mobilisé directement ; Wikipédia : non retenue comme source principale.