L’existence du titre est établie sans ambiguïté. La BnF présente Je suis partout comme un hebdomadaire fondé par Arthème FAYARD en 1930, rapidement devenu un organe de l’extrême droite militante. La fonction de Robert BRASILLACH comme rédacteur en chef de 1937 à 1943 est également documentée par la BnF.
Le titre cesse de paraître en août 1944 ; Retronews indique comme dernier numéro disponible celui du 16 août 1944, tandis que le Musée de la Résistance en ligne rappelle que la presse collaborationniste cesse de paraître le 18 août 1944. Cette légère différence relève du décalage entre la date du dernier numéro paru et la date d’interruption générale de la presse collaborationniste à Paris ; elle ne remet pas en cause la chronologie d’ensemble.
Création du journal
Le journal est fondé en 1930 par Arthème FAYARD comme hebdomadaire politique et culturel. Avant même l’Occupation, il s’inscrit dans une radicalisation d’extrême droite, perceptible notamment lors de la crise du 6 février 1934, où la BnF le montre appelant les ligues à manifester contre le gouvernement Daladier. Cette trajectoire éclaire son basculement ultérieur dans le collaborationnisme.
Organisation et direction
Sous l’Occupation, le titre fonctionne comme un hebdomadaire politique structuré autour d’une direction éditoriale idéologiquement homogène. Robert BRASILLACH en est la figure rédactionnelle la plus connue ; Lucien REBATET, Pierre-Antoine COUSTEAU, Alain LAUBREAUX et Claude JEANTET comptent parmi les collaborateurs les plus visibles, plusieurs d’entre eux étant ensuite jugés à la Libération.
Le Musée de la Résistance en ligne conserve d’ailleurs une notice sur le procès des rédacteurs du journal en 1946, ce qui confirme l’importance pénale et politique accordée à cette équipe dans l’épuration.
Ligne politique et rôle de propagande
Les sources convergent pour qualifier Je suis partout de titre collaborationniste, antisémite et violemment engagé.
La BnF le décrit comme un hebdomadaire de l’extrême droite militante ; Retronews le présente comme anticommuniste, profasciste, antisémite et favorable à Hitler ; le dossier pédagogique de la Fondation de la Résistance le range parmi les principaux journaux collaborationnistes ; la BnF l’inscrit dans les titres collaborationnistes apparus ou renforcés en zone Nord pendant l’Occupation.
Il s’agit donc d’un journal de propagande au sens plein : défense de la collaboration, diffusion d’un antisémitisme de presse, soutien idéologique à l’ordre nazi et attaques répétées contre la République, la Résistance et les Juifs.
Chefs et figures marquantes
Arthème FAYARD est le fondateur du titre.
Robert BRASILLACH dirige la rédaction entre 1937 et 1943. Lucien REBATET, Pierre-Antoine COUSTEAU, Alain LAUBREAUX et Claude JEANTET figurent parmi les signatures les plus compromises.
Après la Libération, BRASILLACH est condamné à mort et exécuté en février 1945 ; d’autres rédacteurs sont condamnés lors des procès de l’épuration, parfois à mort par contumace ou aux travaux forcés.
Fin du journal
Le titre cesse de paraître dans le contexte de l’insurrection parisienne et de l’effondrement des organes collaborationnistes. Le Musée de la Résistance en ligne indique que la presse collaborationniste cesse de paraître le 18 août 1944 et précise que les locaux de Je suis partout, rue de Rivoli, sont occupés le même jour. Retronews situe le dernier numéro au 16 août 1944.
Conséquences et mémoire
La mémoire de Je suis partout est essentiellement celle d’un organe emblématique du collaborationnisme intellectuel et de la propagande antisémite en France occupée.
Son souvenir demeure lié à l’épuration judiciaire de ses rédacteurs, devenue un épisode majeur de l’après-Libération. Dans l’historiographie de la presse, le titre est régulièrement utilisé comme cas-limite de radicalisation idéologique et de complicité médiatique avec l’occupant.
Références bibliographiques
Je suis partout, 1930-1944, Joan Tumblety, dans The Modern Language Review, volume signalé par le catalogue de la BnF. Cet article est explicitement consacré au journal et à sa trajectoire entre 1930 et 1944. Son apport principal est de replacer le titre dans l’histoire culturelle et politique des revues françaises, en suivant la radicalisation idéologique du périodique et son inscription dans le champ de l’extrême droite.
Les 700 rédacteurs de “Je suis partout”, 1930-1944, Pierre-Marie Dioudonnat, SEDOPOLS, 1993. L’ouvrage, signalé dans une notice d’autorité BnF, sert surtout de répertoire prosopographique des collaborateurs du journal. Il est utile pour identifier les signatures, pseudonymes, parcours politiques et ramifications de l’équipe rédactionnelle.
Références internet
BnF Essentiels. Présentation synthétique du titre, de sa fondation en 1930 et de son évolution vers l’extrême droite militante. La ressource est utile pour l’identification du journal et sa caractérisation générale. https://essentiels.bnf.fr/fr/image/d686ca99-fcb0-4011-8436-cdd79a54428e-je-suis-partout
Retronews. Notice de titre donnant la chronologie générale, les dates extrêmes de parution et une qualification politique très nette du journal sous l’Occupation. Cette page est utile pour dater la fin du titre et résumer sa ligne idéologique. https://www.retronews.fr/journaux/je-suis-partout
Musée de la Résistance en ligne. Notice sur le procès des rédacteurs de Je suis partout en 1946. La page éclaire la mémoire judiciaire du titre après la Libération. https://museedelaresistanceenligne.org/media200-Lucien-Rebatet-au-procs-de-iJe-suis-partout-i-en-1946
Sources consultées ; date de vérification : 23 mars 2026. Maitron Résistance : non pertinent pour un titre de presse et aucune notice de réseau à ce nom relevée ; Fondation de la Résistance : consultation utile pour la caractérisation de la presse collaborationniste ; Musée de la Résistance en ligne : utile pour la fin du titre et les procès de l’épuration ; Mémoire des Hommes : non pertinent pour l’identification du journal ; Ordre de la Libération : non pertinent pour ce titre ; Gallica et catalogue BnF : sources principales pour l’existence, la périodicité et les dates ; SHD : non consulté comme source directe, l’objet étant un périodique civil ; Wikipédia : repérée seulement en complément, non retenue comme source principale.