Le Comité d’action contre la Déportation, ou CAD, est l’organisme centralisateur de la lutte contre le Service du travail obligatoire (STO).
Le CAD est fondé en avril 1943 à Lyon, Rhône, France, par Yves Farge. Sa création est validée par le Conseil national de la Résistance (CNR). L’objectif est de transformer le refus individuel de partir en Allemagne en une résistance collective organisée, capable de paralyser les départs et de soutenir les réfractaires.
Le CAD est structuré en deux zones principales. En zone Sud, la direction est assurée par Yves Farge à Lyon, Rhône, France. En zone Nord, le comité est piloté depuis Paris, France, par Michel Cailliau, assisté de Léo Hamon.
Chaque région dispose d’un délégué CAD chargé de coordonner les services de faux papiers, le financement et le camouflage des réfractaires dans les fermes ou les maquis locaux. Le comité dispose d’antennes actives à Marseille, Bouches-du-Rhône, France, et à Toulouse, Haute-Garonne, France.
Actions menées pendant la Résistance
Le CAD orchestre le sabotage des fichiers du STO. Des commandos organisent le vol ou l’incendie des listes de recensement dans les mairies. L’organisation produit des dizaines de milliers de fausses cartes d’identité et de certificats d’exemption. Le CAD met en place le Fonds de lutte contre la déportation pour verser des indemnités aux familles de réfractaires. Il infiltre les offices de placement allemands pour prévenir les jeunes des rafles imminentes.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le CAD agit comme l’organe technique du CNR. Il est étroitement lié au réseau Charette pour les liaisons avec Londres, Royaume-Uni. Il s’appuie sur les Mouvements unis de la Résistance (MUR) pour l’hébergement des réfractaires. Les organisations syndicales clandestines, comme la CGT et la CFTC, collaborent avec le CAD pour organiser des grèves contre les départs.
Yves Farge est le dirigeant national et responsable de la zone Sud.
Michel Cailliau, connu sous le pseudonyme de Charette, dirige la zone Nord. Léo Hamon est le responsable pour la région parisienne.
Marcel Degliame assure la coordination avec les mouvements de zone Sud. Maurice Nègre participe à la direction du comité avant son arrestation.
Victimes et morts
De nombreux agents du CAD, souvent anonymes, ont été arrêtés lors de perquisitions dans des ateliers de faux papiers. Maurice Nègre est arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald, Allemagne, dont il revient en 1945. Plusieurs délégués départementaux ont été fusillés lors de la répression des maquis qu’ils ravitaillaient.
Survivants identifiés
Yves Farge survit et devient Commissaire de la République. Michel Cailliau survit également et témoigne après la guerre de l’organisation du réseau.
Léo Hamon poursuit une carrière de juriste et d’homme politique.
Fin du réseau
Le CAD se dissout progressivement après la Libération, ses missions d’assistance étant reprises par le ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés. Ses dossiers administratifs ont servi à régulariser la situation des anciens réfractaires.
Conséquences et mémoire
Le CAD est crédité d’avoir sauvé plus de 200 000 hommes de la déportation vers les usines allemandes. Son action a permis de gonfler les effectifs des maquis qui ont harcelé les troupes allemandes lors du débarquement. Son rôle est évoqué dans les musées de la Résistance de Lyon et de Paris.
Références bibliographiques
Rebelles, résistants et opposants au STO Patrice Arnaud, CNRS Éditions, Paris, 2010.
La guerre des papiers : faux papiers et Résistance Jean-Marc Berlière, Éditions Perrin, Paris, 2015.
Références internet
Fondation de la Résistance Dossier thématique sur le STO et les structures de lutte. https://www.fondationresistance.org/
Archives Nationales Inventaire des archives du Conseil National de la Résistance concernant le CAD. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/
Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Gallica (BnF), Archives Nationales. Date de vérification : 9 mars 2026.