Le Comité Départemental de Libération, universellement désigné par l’acronyme CDL, est l’organisme de coordination civile et politique de la Résistance à l’échelle départementale. Il est parfois mentionné sous le nom de Comité de Libération (CDL) suivi du nom du département concerné.
La création des CDL est impulsée par le Conseil National de la Résistance (CNR) dès l’automne 1943, sous l’autorité du général de Gaulle. Ils sont officiellement légalisés par l’ordonnance du 21 avril 1944 portant organisation des pouvoirs publics en France après la Libération.
L’objectif initial est de préparer la transition administrative entre le régime de Vichy et la République, tout en évitant une administration militaire alliée.
Chaque département de France possède son propre CDL. Sa composition est pluraliste, regroupant des représentants des mouvements de Résistance (MUR, Front National, OCM, etc.), des délégués des partis politiques résistants (socialistes, communistes, démocrates-chrétiens) et des représentants syndicaux (CGT, CFTC). Le CDL est la structure civile de référence, agissant de concert avec les Forces françaises de l’intérieur (FFI) qui assurent le volet militaire. Sous les CDL se trouvent souvent des Comités Locaux de Libération (CLL) au niveau des communes.
Actions menées pendant la Résistance
Dans la clandestinité, le CDL organise le soutien logistique aux résistants, prépare les listes de futurs administrateurs (maires, préfets) et planifie l’insurrection. Lors de la Libération, le CDL prend possession des préfectures et des mairies pour assurer la continuité de l’État. Il supervise l’épuration administrative immédiate, veille au ravitaillement des populations civiles et collabore avec les Commissaires régionaux de la République pour rétablir les libertés publiques.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le CDL est l’échelon départemental du Conseil National de la Résistance (CNR). Il entretient des liens constants avec le Noyautage des administrations publiques (NAP) pour identifier les fonctionnaires patriotes. Il assure la liaison politique avec l’état-major FFI pour coordonner les actions armées et la prise de contrôle des infrastructures clés.
André Tollet préside le Comité parisien de la Libération (CPL) et joue un rôle crucial lors de l’insurrection de Paris, France.
Yves Farge dirige les actions de coordination à Lyon, Rhône, France, avant de devenir Commissaire de la République.
Raymond Aubrac est une figure majeure de la mise en place de ces structures en zone Sud.
Claude Alphandery assure la présidence du CDL de la Drôme, France, durant la phase de transition.
De nombreux membres des CDL, identifiés par la police de Vichy ou la Gestapo avant la Libération, ont été arrêtés. Pierre Bolle, membre du CDL de l’Isère, France, est arrêté et meurt en déportation le 27 janvier 1945 au camp de Bergen-Belsen, Allemagne.
Survivants identifiés
André Tollet a survécu à la Libération de Paris et a continué son engagement syndical. Raymond Aubrac a survécu à la guerre et a occupé d’importantes fonctions administratives. Claude Alphandery a survécu et s’est investi dans le domaine économique et social après le conflit.
Fin du réseau
Les CDL perdent progressivement leur rôle exécutif avec le rétablissement de la légalité républicaine et la tenue des élections municipales en avril 1945. Ils sont officiellement dissous ou transformés en organes consultatifs à la fin de l’année 1946, le pouvoir revenant aux conseils généraux et aux préfets nommés par le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF).
Conséquences et mémoire
Le système des CDL a permis une transition ordonnée et souveraine à la Libération, empêchant le chaos administratif. Leur mémoire est honorée par de nombreuses plaques commémoratives apposées sur les façades des préfectures et mairies de France, rappelant les noms des membres ayant siégé lors des premiers conseils municipaux de la Libération.
Références bibliographiques
Le rétablissement de la légalité républicaine, 1944 Charles-Louis Foulon, Éditions Complexe, Bruxelles, Belgique, 1996.
Dictionnaire historique de la Résistance François Marcot (dir.), Éditions Robert Laffont, Paris, France, 2006.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Exposition thématique sur la formation et le rôle des Comités départementaux de Libération. https://museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=95&theme=202
Archives départementales de l’Hérault Inventaire du fonds du Comité départemental de Libération (1944-1946). https://archives-pierresvives.herault.fr/archives/archives/fonds/FRAD034_000000783/view:all
FranceArchives Note historique sur les pouvoirs locaux à la Libération et les CDL. https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/584aed5703a0aa31eba791eb87bcd7415fd739e2
Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Service Historique de la Défense (SHD), Archives Nationales. Date de vérification : 9 mars 2026.