La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Forme principale retenue : Comité d’Action Socialiste. Variante observée : CAS. Les sources le présentent comme le parti socialiste clandestin ou comme une organisation clandestine de résistance politique socialiste. La catégorie retenue est donc celle d’organisation clandestine de Résistance politique.

Les sources convergent sur une genèse en 1940-1941, mais avec une distinction nette entre zone Nord et zone Sud. Le CAS de zone Nord est signalé à Paris, France, au début de l’année 1941 autour d’Henri Ribière. Le CAS de zone Sud est donné pour né en mars 1941, à Nîmes, Gard, France, autour de Daniel Mayer, Félix Gouin, Suzanne Buisson et Pierre Lambert ; une réunion du 21 juin 1941 à Toulouse, Haute-Garonne, France, y constitue le comité directeur de la zone Sud. Les sources consultées imposent donc de signaler cette dualité de naissance plutôt que de réduire artificiellement l’origine à une seule date.

Le CAS fonctionne comme une structure clandestine de reconstitution socialiste. Les sources indiquent une séparation au moins initiale entre zone Nord et zone Sud, un comité directeur en zone Sud et un secrétariat confié à Daniel Mayer. Les archives de l’Ordre de la Libération confirment qu’il s’agit d’un parti clandestin organisé, avec direction, diffusion de presse et liaisons interzones. L’ouvrage collectif du musée sur Brutus montre également que son développement est étroitement lié à celui du réseau socialiste Brutus.

Actions menées pendant la Résistance

L’action du CAS est d’abord politique et clandestine. Elle consiste à maintenir et restructurer la mouvance socialiste, diffuser des textes et journaux clandestins, assurer des liaisons, préparer la représentation socialiste dans les instances de Résistance et alimenter certains réseaux d’action, en particulier Brutus. Le CAS édite d’abord Socialisme et liberté, puis Le Populaire clandestin à partir de mai 1942. Les sources soulignent aussi sa participation à l’unification résistante qui conduit à sa présence dans le CNR.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le CAS entretient des liens attestés avec Brutus, avec Libération-Nord dans certains parcours militants, et avec le processus d’unification de la Résistance culminant dans le Conseil national de la Résistance. Le premier contact entre les FFL et le Comité d’Action socialiste, côté sud, est signalé à l’été 1941 via André Boyer et Félix Gouin. Les notices de l’Ordre de la Libération et du musée montrent également des liaisons avec la Suisse et des articulations avec des réseaux d’évasion ou de renseignement par l’intermédiaire de militants socialistes engagés sur plusieurs fronts clandestins.

Chefs et figures marquantes

Daniel MAYER est le secrétaire du CAS-Sud ; il anime politiquement l’organisation clandestine, dirige la presse clandestine socialiste et survit à la guerre.

Henri RIBIÈRE apparaît comme la cheville ouvrière du CAS de zone Nord ; les sources consultées ici ne permettent pas d’établir plus précisément son sort de guerre sans élargir au-delà des attestations directement retrouvées.

Félix GOUIN participe à la fondation du CAS en zone Sud puis rejoint Londres en mai 1942 ; il survit à la guerre.

Suzanne BUISSON participe à la réunion constitutive de Nîmes ; les sources ici mobilisées confirment sa place fondatrice, mais la présente synthèse n’ajoute pas son destin sans citation directe supplémentaire.

Pierre LAMBERT participe à la fondation du CAS à Nîmes, devient membre du comité directeur, diffuse la presse clandestine et survit à la guerre.

Victimes et morts

La documentation consultée pour cette synthèse confirme l’existence de victimes et d’arrestations parmi les militants socialistes clandestins, mais elle n’offre pas, dans les résultats directement exploités ici, une liste stabilisée des morts relevant strictement du CAS en tant qu’organisation. Par prudence documentaire, aucune liste nominative incomplète n’est fournie dans cette rubrique.

Survivants identifiés

Daniel MAYER, Félix GOUIN et Pierre LAMBERT ont survécu à la guerre, ce que confirment leurs trajectoires postérieures dans les sources consultées.

Fin du réseau

Le CAS ne disparaît pas par démantèlement brutal comparable à celui d’un maquis. Son évolution se fait par intégration croissante dans les structures unifiées de la Résistance et par transformation du parti socialiste clandestin à l’approche puis au moment de la Libération. Les sources montrent qu’il s’inscrit dans le CNR et dans la reconstitution politique socialiste de 1944.

Conséquences et mémoire

Le rôle du CAS est essentiellement politique. Il a permis le maintien d’une continuité socialiste clandestine, la diffusion d’une presse résistante spécifique et la présence de cette famille politique dans l’unification de la Résistance. Sa mémoire demeure plus souvent portée par les biographies de Daniel Mayer, Félix Gouin, Suzanne Buisson ou Pierre Lambert, ainsi que par l’histoire du réseau Brutus et du Populaire clandestin, que par des monuments propres au seul CAS.

Références bibliographiques

Martine Pradoux, Gilles Morin, Daniel Mayer et la SFIO, 1944-1958, dans Matériaux pour l’histoire de notre temps, numéro spécial consacré à Daniel Mayer, 1998. Référence utile pour replacer le CAS dans la continuité politique socialiste clandestine et l’après-Libération.

François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006. Ouvrage de référence pour le contexte des organisations politiques clandestines et du CNR.

Références internet

Maitron Notice d’organisation « CAS Comité d’action socialiste », utile pour l’identification de l’organisation et de ses militants. URL : https://maitron.fr/organisationetcourant/cas-comite-daction-socialiste/

Musée de la Résistance en ligne Notice sur un tract du Comité d’Action Socialiste, précisant la distinction entre zone Nord et zone Sud et le rôle d’Henri Ribière et Daniel Mayer. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media6459-Tract-du-Comit-dAction-Socialiste-CAS-sans-date

Musée de la Résistance en ligne Notice Daniel Mayer, précisant la constitution du comité directeur du CAS-Sud à Toulouse le 21 juin 1941. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media2821-Daniel-Mayer

Ordre de la Libération Notice de médaille Daniel Raphaël Mayer, confirmant son rôle de secrétaire du CAS-Sud et son action politique clandestine. URL : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/daniel-raphael-mayer

Fondation Jean-Jaurès Étude « Retrouver la Résistance socialiste : les débuts du Comité d’action socialiste (1940-1942) », utile pour l’histoire politique du CAS et ses débuts organisationnels. URL : https://www.jean-jaures.org/publication/retrouver-la-resistance-socialiste-les-debuts-du-comite-daction-socialiste-1940-1942/

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance, vérification le 9 mars 2026 ; Maitron Résistance, vérification le 9 mars 2026 ; Fondation de la Résistance, vérification le 9 mars 2026, sans résultat directement exploitable sur cet intitulé ; Musée de la Résistance en ligne, vérification le 9 mars 2026 ; Mémoire des Hommes, vérification le 9 mars 2026, sans résultat directement exploitable sur cet intitulé ; Ordre de la Libération, vérification le 9 mars 2026 ; Gallica (BnF), vérification le 9 mars 2026, non exploitée dans la présente synthèse ; Service historique de la Défense, vérification le 9 mars 2026, sans résultat directement exploitable sur cet intitulé ; sites d’associations mémorielles locales, vérification le 9 mars 2026 ; Wikipédia, vérification le 9 mars 2026, utilisée seulement en complément de repérage et non comme source principale.

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