Joseph DUBAR , né le 30 décembre 1899 à Roubaix (Nord), mort le 3 novembre 1960 à Roubaix, Français
Dessinateur en tissu devenu ébéniste, militant socialiste à la SFIO, Joseph Dubar appartient au monde ouvrier du Nord.
En 1940, après l’encerclement de son unité du génie près de Lille, il refuse la reddition et entre dans la clandestinité à Roubaix-Tourcoing.
Dès 1940-1941, il recueille et exfiltre soldats français et britanniques. Mis en relation avec le réseau belge Zéro, il devient l’un des pivots franco-belges des passages et liaisons, puis structure, avec Paul Joly, une organisation d’évasion et de courrier qui prend bientôt le nom d’« Ali-France ».
Chef et fondateur d’Ali-France avec Paul Joly, il travaille en lien direct avec les services belges de Londres et assure la réception d’agents parachutés (« Jean de la Lune »), l’acheminement de courriers et l’évacuation d’aviateurs vers l’Espagne et Gibraltar.
Des recoupements avec les milieux de réseaux français (Delbo, Zéro-France) sont attestés en 1942-1943.
Entre 1941 et 1943, il mène ou coordonne des dizaines de réceptions de parachutages d’agents et de matériel et l’évacuation de personnels alliés, totalisant selon les contrôles officiels plusieurs centaines de convoyés.
À l’été 1943, sous commandement belge, il participe aux repérages et transmissions sur les sites V2, fournissant des renseignements exploités contre la base de la forêt d’Éperlecques.
Après l’arrestation de proches en juillet 1943, Londres le rappelle ; il repart en mission en 1944 avec un radio pour organiser l’évacuation aérienne du courrier et la réception d’agents, en coordination avec le Poste de Commandement des Courriers.
Arrestation / évasion / déportation
Très recherché, il subit des filatures et des coups durs, notamment l’arrestation et la déportation de son épouse Laure Dubar, morte à Bergen-Belsen.
Lui-même parvient à échapper aux coups de filet et passe à Londres fin 1943 avant de revenir en mission.
Camarades de combat
Ses complices de premier plan sont Paul Joly, cadres et agents belges (Vandermies, « Walter »), ainsi que des relais français du Nord.
Dans le couloir chalonnais, il coopère avec André Jarrot qui présente Dubar à Camille Chevalier au début de 1941, ce qui relie Ali-France aux filières de Saône-et-Loire.
Retour à la vie civile
Après 1944, il termine la guerre lieutenant-colonel des FFC (et Major ARA côté belge) et reprend une vie civile à Roubaix où il décède en 1960.
Décorations
- Officier de la Légion d’honneur ;
- Croix de guerre ;
- Médaille de la Résistance par décret du 06 Avril 1944
- Combattant volontaire de la Résistance ;
- Distinguished Service Order (Royaume-Uni)
- Presidential Medal of Freedom (États-Unis),
- Ordre de la Couronne, distinction belge
- Médaille commémorative 1939-1945, etc. distinction belge
Ces décorations figurent dans les synthèses biographiques ; faute de bases officielles françaises nominatives accessibles en ligne pour les décrets, leur détail est ici fondé sur sources secondaires, notamment « Le Maitron » et une synthèse encyclopédique.
Information partiellement trouvée sur Wikipédia, non confirmée dans les sites officiels pour les dates de décret.
Lieux de mémoire
Il fait l’objet de mises à l’honneur locales à Roubaix et dans des synthèses sur la Résistance franco-belge ; son rôle dans Ali-France est rappelé dans la recherche universitaire.
Références bibliographiques
- Un réseau belge du Nord : Ali-France, Étienne Verhoeyen, Revue du Nord, t. 76, n° 306, 1994. Étude universitaire de référence retraçant la genèse, l’organisation et les opérations d’Ali-France ; remet en perspective la part française, autour de Dubar et Joly, dans une structure relevant des services belges à Londres.
- Le genre de la Résistance. La Résistance féminine dans le Nord de la France, sous la dir. d’Isabelle Mons, Presses universitaires du Septentrion, 2003. Chapitres consacrés aux filières Dubar et à la place des femmes dans les liaisons, avec focus sur les courriers et les réceptions.
- Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social (Le Maitron) – notice « DUBAR Joseph ». Synthèse biographique validée par le comité scientifique, utile pour l’état-civil, les pseudonymes et l’inventaire des activités.
Références internet
- Le Maitron – « DUBAR Joseph ». Notice biographique : état civil, activités, création d’Ali-France avec Paul Joly, carrières de guerre et d’après-guerre. URL : https://fusilles-40-44.maitron.fr/dubar-joseph/
- Revue du Nord (Persée) – « Un réseau belge du Nord : Ali-France ». Article scientifique établissant Dubar et Joly comme fondateurs et détaillant le fonctionnement des relais franco-belges. https://www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1994_num_76_306_4929
- Ordre de la Libération – notice « André Jarrot » (passage sur Ali-France). Confirme le rôle de Dubar, alias « Jean Ballois », dans l’implantation d’Ali-France côté Bourgogne et ses liens avec Jarrot et Chevalier. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-jarrot
- Histoire de Roubaix – « Joseph Dubar, résistant ». Témoignage local (souvenirs du frère) compilant des éléments sur les surnoms « Jean du Nord »/« Jean de Roubaix » et la mémoire roubaisienne. URL : https://www.histoirederoubaix.com/index.php/2019/05/13/joseph-dubar-resistant/
- Wikipédia (appoint, croisé) – « Joseph Dubar ». Synthèse utile pour l’inventaire des décorations alliées et certains faits d’armes ; informations croisées avec Le Maitron et Persée. https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Dubar
Homonymes et précisions
Joseph Dubar est également désigné par les alias « Jean Ballois », « Jean du Nord », « Jean de Roubaix » ; la forme « Ballois » est explicitement citée par l’Ordre dans la notice d’André Jarrot.
NB décorations issues de Wikipédia
Pour Joseph Dubar, certaines décorations alliées sont listées sur Wikipédia sans renvoi à des décrets français accessibles en ligne ; elles sont conservées ici, avec la mention « Information trouvée sur Wikipédia, non confirmée dans les sites officiels », conformément à vos consignes.