L’armée de Rommel, battue à El Alamein (novembre 1942) et en retraite depuis décembre, continue de céder du terrain devant la 8e armée britannique de Montgomery.
L’Axe abandonne la Tripolitaine, dernière région libyenne encore sous son contrôle.
Pendant ce temps, les forces alliées débarquées en Afrique du Nord-Ouest en novembre (opération Torch) avancent depuis l’Algérie vers la Tunisie, où les Allemands et Italiens renforcent une nouvelle ligne défensive.
En janvier 1943, la guerre du désert entre dans sa phase finale : l’enjeu n’est plus la Libye, mais la Tunisie, ultime bastion de l’Axe en Afrique.
Forces en présence
Forces de l’Axe
- Commandement : Maréchal Erwin Rommel (front sud), général Hans-Jürgen von Arnim (commandement en Tunisie).
- Effectifs en Tripolitaine : environ 40 000 hommes (troupes mobiles en retraite).
- Chars : 100–120, souvent en panne ou en manque de carburant.
- Aviation : très limitée dans le sud, concentrée en Tunisie.
- Logistique : désastreuse. Les convois maritimes sont continuellement attaqués. Peu de carburant ou de pièces détachées arrivent.
Forces alliées (front Est – 8e armée)
- Commandement : Général Bernard Montgomery.
- Effectifs : 150 000 hommes.
- Chars : plus de 600 opérationnels.
- Aviation : totale supériorité aérienne.
- Logistique : en amélioration constante, ports libyens utilisés (Tobrouk, Benghazi).
Forces alliées (front Ouest – forces Torch)
- Commandement : Général Dwight D. Eisenhower.
- Effectifs : environ 130 000 hommes (américains, britanniques, français).
- Progression vers la Tunisie par l’ouest (via Constantine et Kasserine).
Progrès effectués – Territoires acquis
8e armée (est) :
- Le 15 janvier, prise de Buerat el Hsun, dernier point défensif organisé en Tripolitaine.
- Le 19 janvier, Misurata est prise sans grande résistance.
- Le 23 janvier, Tripoli est prise par les forces de Montgomery.
- L’Axe abandonne la Libye : la Tripolitaine est perdue.
Forces Torch (ouest) : Constantine, Tébessa, Gafsa.
- Les troupes américaines et françaises
- En janvier, avancée en Algérie orientale :
- se rapprochent de la frontière tunisienne.
Résistances rencontrées
La résistance de l’Axe en janvier est localisée et tactique :
- Des arrière-gardes allemandes et italiennes ralentissent l’avance de la 8e armée à Buerat.
- Escarmouches autour de Nefzaoua et de la côte libyenne.
- Les unités en repli vers le sud tunisien sabotent routes, ponts, dépôts, sans véritable engagement à grande échelle.
- Les forces de Rommel évitent les combats directs, conservant ce qui reste de leur potentiel mobile.
Pertes et prisonniers
Forces de l’Axe
- Morts, blessés ou prisonniers : 3 000 à 5 000 en janvier.
- Matériel abandonné : chars, véhicules, dépôts.
- Prisonniers : environ 2 000, dont une majorité de soldats italiens laissés en arrière.
- Moral : très bas, surtout parmi les troupes italiennes. L’armée allemande conserve une cohésion relative.
Forces alliées (8e armée)
- Pertes : environ 1 200 à 1 500 hommes.
- Pertes matérielles : limitées.
- Les pertes sont liées à des mines, à des pièges et à quelques engagements défensifs.
État du terrain
Le théâtre des opérations reste difficile :
- Le désert est rocailleux et sablonneux entre Syrte et Tripoli.
- Les routes côtières (via Balbia) sont les seules voies praticables à grande échelle. Les installations portuaires libyennes sont sabotées par l’Axe avant leur évacuation.
- La météo hivernale limite la vitesse de progression par moments (pluies, boue).
Points d’accrochage et combats
- Buerat el Hsun (14–16 janvier) : brève résistance allemande, percée alliée rapide.
- Misurata (17–19 janvier) : combats d’arrière-garde, prise rapide.
- Tripoli (23 janvier) : ville abandonnée sans combat majeur, les derniers éléments de l’Axe ont fui vers la Tunisie.
Informations transmises à Hitler et Churchill
- À Hitler Rommel informe Berlin dès le début du mois que la Tripolitaine ne peut plus être défendue. Il demande une autorisation de repli vers la Tunisie. Hitler insiste pour que la ligne Mareth, en Tunisie, soit tenue comme nouvelle barrière stratégique. Il autorise le retrait en échange d’un engagement à tenir coûte que coûte la Tunisie. Des renforts allemands sont envoyés à Tunis.
- À Churchill Churchill suit de près la progression de Montgomery. Il salue la prise de Tripoli comme un succès stratégique majeur. Il coordonne avec Roosevelt l’effort conjoint pour accélérer l’écrasement des forces de l’Axe en Afrique du Nord.
Succès, échecs et bilan du mois
Succès alliés
Perspectives stratégiques à la fin janvier 1943
- Axe :Regroupement en Tunisie. Organisation d’une défense le long de la ligne Mareth (ancien ouvrage défensif français). Le commandement de l’Axe en Afrique du Nord est unifié sous Kesselring. Rommel reste responsable du front sud. Le but est de tenir la Tunisie le plus longtemps possible, gagner du temps pour l’Europe, ou forcer un redéploiement allié ailleurs.
- Alliés :Planification d’une offensive coordonnée entre l’est (Montgomery) et l’ouest (forces américaines, britanniques, françaises). Les Alliés visent à encercler les forces de l’Axe en Tunisie et à en finir avec la guerre en Afrique du Nord au printemps 1943. La pression logistique est maintenue, la supériorité aérienne s’accroît.