La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Après la perte de la Tripolitaine en janvier, les forces de l’Axe, commandées par Rommel et Von Arnim, se sont regroupées dans le nord et le sud de la Tunisie.

Leur objectif : gagner du temps, stabiliser le front et affaiblir les Alliés avant leur convergence totale vers la côte.

En février, Rommel décide de passer à l’offensive contre les forces américaines, jugées inexpérimentées et mal positionnées dans l’ouest tunisien.

Cela donne lieu à une série d’engagements majeurs, dont la bataille de Sidi Bouzid et la célèbre bataille du col de Kasserine.

Forces en présence

Forces de l’Axe (Groupe d’armées Afrique)

  • Commandement nord : général Hans-Jürgen von Arnim.
  • Commandement sud : maréchal Erwin Rommel.
  • Effectifs combinés : 100 000 à 120 000 hommes.
  • Chars : 200 à 250 opérationnels.
  • Aviation : 300 à 350 avions.
  • Logistique : toujours fragile, mais soutenue depuis la Sicile par des ponts aériens et maritimes.

Forces alliées (Front ouest – Armée américaine + Français)

  • Commandement : général Lloyd Fredendall (IIe corps US), sous le commandement d’Eisenhower.
  • Effectifs : environ 70 000 hommes dans la région de Kasserine.
  • Chars : 250 à 300 (Sherman, Stuart).
  • Aviation : supériorité aérienne incertaine dans le centre tunisien.
  • Moral en construction, troupes américaines peu expérimentées.

Forces alliées (Front est – 8e armée)

  • Commandement : général Bernard Montgomery.
  • Positionnée encore à l’entrée de la Tunisie (vers Médenine).
  • Se prépare à attaquer la ligne Mareth en mars.

Objectifs stratégiques de l’Axe en février

  • Attaquer les Américains dans le sud-ouest tunisien, mal organisés, avant qu’ils ne se renforcent.
  • Casser la coordination interalliée (Américains, Britanniques, Français libres).
  • Retarder l’encerclement de la Tunisie.
  • Conserver l’initiative à court terme, en projetant la guerre dans les zones tenues par les Alliés.

Déroulement des opérations

10–17 février – Bataille de Sidi Bouzid

  • Rommel et Arnim lancent l’opération Frühlingswind (vent de printemps).
  • Les 10e et 21e Panzerdivisions attaquent les positions américaines mal fortifiées autour de Sidi Bouzid.
  • L’encerclement est réussi. Plusieurs unités américaines sont anéanties ou mises en fuite.
  • Le repli vers le col de Kasserine débute.

19–22 février – Bataille de Kasserine

  • Rommel dirige l’opération Morgenluft.
  • Les forces allemandes (Afrika Korps + Italiens) attaquent les cols de Kasserine et Sbiba.
  • Les Américains sont submergés le 19 février. Le col de Kasserine est percé.
  • Le 20–21, Rommel tente une poussée vers Thala et Tébessa pour désorganiser tout le front américain.
  • Les renforts britanniques (6e blindée) et l’amélioration de la coordination alliée stoppent l’avancée le 22.
  • Rommel se retire le 23, jugeant l’exploitation impossible.

Résistances rencontrées

Les forces américaines, encore novices, manquent de coordination.

  • Les défenses dans les plaines autour de Sidi Bouzid sont faibles.
  • Dans le col de Kasserine, les Alliés offrent une résistance plus efficace à partir du 21 février.
  • Les forces françaises libres dans le secteur de Gafsa harcèlent les lignes de l’Axe mais sans impact stratégique. Les Britanniques, bien que éloignés, participent à stabiliser le front sur l’aile nord.

Pertes et prisonniers

Forces de l’Axe

  • Tués/blessés : environ 2 000.
  • Chars : 40 à 50 perdus ou endommagés.
  • Pertes matérielles légères mais significatives vu leur manque de renforts.

Forces alliées (surtout américaines)

  • Tués/blessés/disparus : entre 6 000 et 7 000.
  • Prisonniers : environ 2 000 (à Sidi Bouzid et Kasserine).
  • Pertes matérielles : 150 à 200 chars, des centaines de camions, pièces d’artillerie abandonnées.

État du terrain

Région montagneuse et semi-désertique.

  • Vallées étroites (cols de Kasserine, Sbiba) idéales pour les embuscades.
  • Routes peu nombreuses, difficilement praticables en hiver.
  • Le terrain a favorisé les forces mécanisées expérimentées de l’Axe, qui ont manœuvré rapidement entre les cols et les oueds.

Batailles et points d’accrochage majeurs

  • Sidi Bouzid (10–17 février) : percée allemande, destruction de plusieurs bataillons US.
  • Col de Kasserine (19–22 février) : pénétration allemande, puis arrêt.
  • Thala : point d’arrêt de l’offensive allemande, où les troupes US et britanniques se réorganisent.
  • Gafsa, Sbiba : accrochages secondaires, tentatives de fixation des forces alliées.

Informations transmises à Hitler et Churchill

  • À Hitler Rommel envoie un rapport très critique des troupes américaines, mais souligne qu’il n’a pas les moyens d’exploiter sa percée. Il recommande de renforcer la Tunisie pour y tenir coûte que coûte. Hitler reste persuadé qu’un front stable est possible. Il ordonne la poursuite du renforcement logistique.
  • À Churchill Churchill est inquiet de la faiblesse des forces américaines, mais rassuré par la réaction rapide des Britanniques. Il insiste auprès d’Eisenhower pour qu’un commandement unifié et expérimenté soit imposé. Cela conduira à la nomination du général Patton à la tête du IIe corps américain en mars.

Succès, échecs, enseignements

Succès de l’Axe

  • Victoires tactiques nettes à Sidi Bouzid et Kasserine.
  • Démonstration de la supériorité tactique allemande.
  • Retard temporaire dans la progression alliée vers Tunis.

Échecs de l’Axe

  • Objectifs stratégiques non atteints : aucune percée exploitée.
  • Forces insuffisantes pour avancer vers Constantine ou couper le front.
  • Pertes précieuses en chars, non remplaçables.

Succès alliés

  • Reprise du contrôle du front après Kasserine.
  • Amélioration rapide de la coordination interalliée.
  • Réformes immédiates dans le commandement américain.

Échecs alliés

  • Défaite embarrassante des forces US à Sidi Bouzid et Kasserine.
  • Manque de préparation, de logistique et d’expérience au combat.
  • Défenses mal organisées dans un secteur clef.

Perspectives stratégiques à la fin février 1943

Axe :Rommel préconise une concentration des défenses sur la ligne Mareth (sud) et autour de Tunis (nord). Il veut éviter une guerre d’attrition, qu’il sait perdue d’avance. Il réclame davantage de renforts allemands, mais sait qu’ils ne suffiront pas.

Alliés :Les leçons de Kasserine entraînent une réorganisation :

  • Nomination de Patton.
  • Coordination accrue entre Américains, Britanniques et Français.
  • Préparation de deux offensives pour mars : Montgomery contre la ligne Mareth, forces occidentales contre le nord tunisien.

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