Jean Raphaël Léopold CASSOU, né le 9 juillet 1897 à Bilbao (Espagne), mort le 15 janvier 1986 à Paris (France)
Jean Cassou naît à Deusto, près de Bilbao, et poursuit des études en France, notamment à Paris, tout en exerçant des emplois pour subvenir aux besoins familiaux après la mort de son père. Il s’oriente vers la littérature et la culture, puis devient inspecteur des Monuments historiques et acteur du monde intellectuel antifasciste dans les années 1930.
Révoqué par le régime de Vichy de ses fonctions muséales, il entre en Résistance dès l’automne 1940. Il rejoint le groupe du Musée de l’Homme et participe à la rédaction du journal clandestin « Résistance », dont les numéros paraissent entre décembre 1940 et mars 1941. Il se réfugie ensuite à Toulouse pour échapper à la répression et s’insère dans le groupe Bertaux à partir de 1941.
Les bases consultées l’associent explicitement au Groupe du Musée de l’Homme, au Groupe Bertaux et aux MUR. Son appartenance est documentée par une notice officielle de l’Ordre de la Libération et recoupée par le Musée de la Résistance en ligne.
Missions et actions
Son action résistante est d’abord centrée sur la propagande clandestine et l’écrit, par la rédaction d’un journal clandestin structurant, puis sur des responsabilités d’inspection et de coordination en zone sud. Dans la séquence toulousaine, il est identifié comme membre du groupe Bertaux dans un moment de structuration précoce de la Résistance locale et de forte pression policière. Les sources attestent également qu’il est désigné comme Commissaire de la République à Toulouse pour préparer la Libération et l’après-Libération, ce qui souligne la reconnaissance de son autorité morale et politique par la Résistance locale.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté en décembre 1941 à Toulouse et détenu à la prison militaire de Furgole. Les sources officielles soulignent qu’il compose alors mentalement ses « Trente-trois sonnets composés au secret », faute de matériel pour écrire, avant leur publication clandestine sous pseudonyme pendant la guerre.
Camarades de combat
Ses camarades et partenaires d’action mentionnés dans les bases consultées incluent des membres du Groupe du Musée de l’Homme et des proches du Groupe Bertaux, parmi lesquels Pierre Bertaux est explicitement cité dans la séquence toulousaine.
Retour à la vie civile
Après la guerre, il reprend des responsabilités culturelles et muséales nationales, notamment comme conservateur en chef du Musée national d’Art moderne, tout en poursuivant une œuvre littéraire.
Décorations
- Compagnon de la Libération par décret du 12 juin 1945.
- Légion d’honneur, (Grand officier)
- Croix de guerre 1939-1945 (1 citation),
- Médaille de la Résistance avec rosette par décret du 31 Mars 1947 JO du 29 Janvier 1948 source ordre de la Libération
- Commandeur des Arts et Lettres
- Commandeur des Palmes Académiques
- Officier d’Orange-Nassau (Pays-Bas)
- Officier de l’Ordre du Mérite de la République Italienne
- Officier de l’Ordre de Léopold (Belgique)
- Côte du dossier : 1O11384
Les dates de décrets correspondants n’ont pas été retrouvées nominativement, au moment de la recherche, dans la Base Léonore et les corpus consultés.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif (rue, place, établissement) n’a été retrouvé dans les bases officielles consultées au moment de la recherche.
Références bibliographiques
Une vie pour la liberté, Jean Cassou, Robert Laffont, 1981. Ouvrage autobiographique et réflexif, utile pour saisir la cohérence entre engagement intellectuel et engagement clandestin. Le lecteur y trouvera une mise en récit de la liberté comme exigence morale, avec des éléments sur la période de guerre et l’après-guerre. À exploiter avec méthode critique, en croisant avec les bases institutionnelles.
Trente-trois sonnets composés au secret, Jean Cassou, Éditions de Minuit, 1944. Texte emblématique de l’écriture sous contrainte carcérale, composé durant la détention. Le lecteur y découvrira une œuvre née d’un contexte répressif précis, et un document de culture résistante où la forme poétique répond à l’épreuve de l’enfermement. Complément utile aux notices biographiques qui décrivent les circonstances de composition.
Jean Cassou, 1897-1986. Un musée imaginé, Florence de Lussy (dir.), Bibliothèque nationale de France / Centre Georges Pompidou, 1995. Ouvrage centré sur le Cassou homme de culture et de musée, et sur l’articulation entre engagement, institutions et politique culturelle. Le lecteur peut y attendre des documents et analyses sur la construction d’une vision muséale et intellectuelle dans la France de l’après-guerre. Intérêt pour replacer son retour à la vie civile et ses responsabilités nationales.
Références internet
L’Ordre de la Libération Notice officielle donnant l’état civil, les alias, les appartenances (Musée de l’Homme, Groupe Bertaux, MUR), la chronologie résistante, l’arrestation de décembre 1941 et le décret de nomination comme Compagnon de la Libération. La page publie également une photographie d’identification. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-cassou
Musée de la Résistance en ligne (AERI) Notice biographique synthétique apportant un récit contextualisé de la trajectoire (formation, engagement, séquences toulousaines). Source utile en recoupement avec la notice officielle, notamment pour la mise en contexte local. https://museedelaresistanceenligne.org/media1284-Jean-Cassou
Observations Homonymes : la Base Léonore renvoie à des notices « Cassou » d’autres personnes ; aucune notice Léonore attribuable de façon certaine à Jean Cassou (1897-1986) n’a été identifiée au moment de la recherche, malgré consultation. Les décorations non datées dans les bases consultées ne sont pas assorties ici de dates de décret afin d’éviter toute extrapolation.
Sources consultées le 25 février 2026
- Ordre de la Libération : notice « Jean Cassou » pour état civil, appartenance à des groupes/réseaux, décret du 12 juin 1945, arrestation et éléments biographiques.
- Maitron Résistance : notice « Cassou Jean, Raphaël, Léopold » consultée pour recoupements biographiques (naissance/décès, qualificatifs).
- Musée de la Résistance en ligne (AERI) : notice « Jean Cassou » consultée pour contextualisation et recoupements.
- Mémoire Vive de la Résistance : consultation des pages « Réseau Bertaux » et « Prison militaire de Furgole » pour contexte toulousain et répression, recoupement des mentions.
- Base Léonore : consultation, absence confirmée d’un dossier identifié avec certitude pour Jean Cassou (1897-1986) dans les résultats accessibles.
- Légifrance : recherches nominales, aucun décret nominatif retrouvé au moment de la recherche.