Charles Pierre VERNY, né le 7 août 1922 à Paris (16e arrondissement, Seine), mort le 29 décembre 1995 à Paris, français.
Charles Verny suit des études juridiques. Lorsque débute la guerre, il est licencié en droit et diplômé de Sciences politiques. Cette formation le conduit après la guerre à exercer comme avocat, mais son engagement clandestin commence très précocement, avant même l’organisation complète des grands mouvements de Résistance.
Engagement dans la Résistance
Dès le début de l’Occupation, Charles Verny organise des passages clandestins de la ligne de démarcation à Sauveterre-de-Béarn. En septembre 1940, il entre en relation avec le service de camouflage des armes du Deuxième Bureau et participe à la surveillance de l’implantation civile allemande en zone libre. Au début de 1941, à Aix-en-Provence, il diffuse notamment Combat et La Voix du Vatican. Revenu en zone occupée en août 1941, il reprend ses activités de passage de la ligne de démarcation.
Après une première arrestation en septembre 1941, il poursuit son activité. Il rejoint ensuite la Confrérie Notre-Dame et travaille en liaison avec Simone Michel-Lévy. En novembre 1942, il devient officier de liaison du capitaine Marc O’Neill. Ses responsabilités s’élargissent progressivement aux parachutages, aux faux papiers et à la préparation militaire clandestine des jeunes.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Charles Verny appartient successivement ou simultanément à plusieurs structures de la Résistance : le dispositif de camouflage lié au Deuxième Bureau, la Confrérie Notre-Dame, l’Organisation civile et militaire OCM, l’Organisation civile et militaire de la jeunesse OCMJ, les Forces unies de la jeunesse patriotique FUJP et le réseau Navarre.
En avril 1943, il fonde l’Organisation civile et militaire de la jeunesse OCMJ, structurée en branches civile et militaire. En novembre 1943, il participe, avec des représentants d’autres organisations de jeunesse résistantes, à la constitution des Forces unies de la jeunesse patriotique. Il en devient responsable militaire. Les travaux historiques consacrés aux FUJP confirment son rôle dans le processus d’unification des mouvements de jeunesse résistants.
Missions et actions
Ses premières missions concernent les passages clandestins de la ligne de démarcation et le renseignement. À partir de novembre 1942, comme officier de liaison de Marc O’Neill, il est notamment chargé de réceptionner des parachutages dans le Loiret et l’Oise puis de mettre sur pied un service de faux papiers. En mars 1943, il organise des centres clandestins de préparation militaire destinés aux jeunes résistants.
Son activité prend ensuite une dimension nationale dans la mobilisation de la jeunesse contre l’occupant et contre le Service du travail obligatoire. En décembre 1943, il participe à la création de l’Union des étudiants patriotes UEP. Le 25 février 1944, il organise la destruction du fichier du STO de la place de Fontenoy ainsi que de fichiers universitaires et scolaires. En février 1944, sous la direction de Jacques Simon, il participe également à l’établissement du réseau Navarre.
Arrestation / évasion / déportation
Charles Verny connaît une première arrestation par la Gestapo le 4 septembre 1941 à Sauveterre-de-Béarn. Emprisonné successivement à Saint-Palais puis à la Maison-Blanche de Biarritz, il est libéré le 27 septembre.
Il est de nouveau arrêté le 4 avril 1944, au métro Ranelagh à Paris. Interné à Fresnes puis transféré à Compiègne le 2 août, il est déporté à Buchenwald le 17 août 1944. Le 13 septembre, il est affecté au Kommando de Neu-Stassfurt, dépendant de Buchenwald, où les déportés sont employés dans des mines de sel. Il survit à la déportation, est libéré en mai 1945 et regagne la France le 7 juin 1945.
Son parcours le met notamment en relation avec Simone Michel-Lévy, Marc O’Neill, Jacques Simon et les responsables des organisations de jeunesse qui participent à la création des FUJP. Son arrestation en avril 1944 entraîne une réorganisation de l’OCM-Jeunes, Jean Pronteau lui succédant à sa tête.
Retour à la vie civile
Après son retour de déportation, Charles Verny demeure étroitement associé aux institutions issues de la Résistance. Nommé lieutenant-colonel FFI par décision du général Joinville du 27 août 1944, il devient délégué de l’OCM à l’Assemblée consultative en juillet 1945. Il exerce également des responsabilités au sein de l’OCM et de l’OCMJ.
Il exerce la profession d’avocat à la cour d’appel de Paris de 1947 à 1977. En 1948, il compte parmi les fondateurs du Comité d’action de la Résistance, dont il devient successivement vice-président, président puis président d’honneur. Il joue également un rôle dans la création de la Fondation de la Résistance et figure parmi ses fondateurs.
Il meurt le 29 décembre 1995.
Décorations
Médaille de la Résistance française avec rosette — décret du 3 août 1946 — publication au Journal officiel du 13 octobre 1946 — dossier n° 1O62574. Source : Ordre de la Libération.
Aucune autre décoration n’a pu être confirmée avec le même degré de précision dans les sources institutionnelles directement consultées.
Lieux de mémoire
Charles Verny appartient à la génération des responsables de la Résistance qui contribuèrent directement à la constitution de la Fondation de la Résistance. Son nom figure parmi les fondateurs ayant signé les statuts de la Fondation le 25 novembre 1992.
Références bibliographiques
L’Organisation civile et militaire, histoire d’un mouvement de Résistance de 1940 à 1946, Arthur Calmette, Presses universitaires de France, 1961. Ouvrage de référence pour replacer Charles Verny dans l’histoire de l’OCM, de ses structures spécialisées et de l’OCM-Jeunes.
Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, 2006. Ouvrage général permettant de replacer l’OCM, les mouvements de jeunesse et les processus d’unification de la Résistance dans leur contexte national.
Références internet
Ordre de la Libération. La notice de Charles Verny dans la base des médaillés de la Résistance fournit son état civil, ses principales activités clandestines, ses arrestations, sa déportation, ses responsabilités après-guerre et les références de sa Médaille de la Résistance. Ordre de la Libération — Charles Verny
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. L’inventaire de la sous-série GR 16 P identifie Charles Pierre Verny, né le 7 août 1922 à Paris (16e), sous la cote GR 16 P 300561. Inventaire SHD GR 16 P — lettre V
Fondation de la Résistance. La liste officielle des fondateurs de la Fondation comprend Charles Verny parmi les signataires des statuts du 25 novembre 1992. Fondation de la Résistance — Fondateurs
Dossier d’homologation consulté
La cote SHD GR 16 P 300561 — VERNY, Charles Pierre, né le 7 août 1922 à Paris (16e), a été identifiée dans l’inventaire de la sous-série GR 16 P. L’inventaire signale des homologations. Le dossier lui-même n’a pas été consulté pièce par pièce.
Observations
La principale divergence documentaire concerne la date de naissance. La notice MVR actuellement publiée donne le 4 août 1922, tandis que l’Ordre de la Libération et l’inventaire nominatif du SHD donnent le 7 août 1922. Ces deux sources institutionnelles concordantes conduisent à retenir le 7 août 1922.
La cote GR 16 P 300561 permet également de corriger l’indication de l’ancienne notice MVR selon laquelle aucune cote nominative n’avait été identifiée.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’identité et le parcours résistant sont établis par plusieurs sources concordantes, dont l’Ordre de la Libération et l’inventaire du Service historique de la Défense.
Chronologie
| Date | Événement |
| 7 août 1922 | Naissance à Paris (16e) |
| 1940 | Premières activités clandestines et passages de la ligne de démarcation |
| septembre 1940 | Relations avec le service de camouflage du Deuxième Bureau |
| 4 septembre 1941 | Première arrestation |
| 27 septembre 1941 | Libération |
| novembre 1942 | Officier de liaison de Marc O’Neill |
| 1943 | Organisation de l’OCM-Jeunes |
| novembre 1943 | Participation à la constitution des FUJP |
| février 1944 | Actions contre les fichiers du STO ; participation au réseau Navarre |
| 4 avril 1944 | Arrestation à Paris |
| 17 août 1944 | Déportation à Buchenwald |
| 13 septembre 1944 | Transfert à Neu-Stassfurt |
| mai-juin 1945 | Libération et retour en France |
| 1947-1977 | Avocat à la cour d’appel de Paris |
| 1948 | Participation à la fondation du Comité d’action de la Résistance |
| 25 novembre 1992 | Fondateur de la Fondation de la Résistance |
| 29 décembre 1995 | Décès |
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « VERNY Charles » a été utilisée pour l’évaluation comparative de la notice existante et pour contrôler les éléments déjà publiés sur son engagement dans l’OCM, l’OCMJ et Navarre. https://mvr.asso.fr/verny/
Ordre de la Libération. La fiche « Charles VERNY » de la base des médaillés de la Résistance constitue la principale source institutionnelle pour son état civil, ses premières activités clandestines, ses arrestations, sa déportation, ses fonctions résistantes et sa Médaille de la Résistance avec rosette. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/charles-verny
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. L’inventaire de la sous-série GR 16 P a permis d’identifier le dossier administratif de Charles Pierre Verny sous la cote GR 16 P 300561 et de confirmer la date et le lieu de naissance. Inventaire GR 16 P — V
Fondation de la Résistance. La page consacrée aux statuts et fondateurs confirme que Charles Verny figure parmi les fondateurs de la Fondation de la Résistance. Fondation de la Résistance — Statuts et fondateurs