Jean Gustave Marie Marcel Georges VALLETTE d’OSIA, alias « Faure », né le 16 août 1898 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort le 28 février 2000 à Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie), français.
Issu d’une famille d’officiers, Jean Vallette d’Osia s’engage volontairement pendant la Première Guerre mondiale et rejoint Saint-Cyr en 1916. Affecté ensuite à l’infanterie, il combat notamment sur le Chemin des Dames et se distingue à plusieurs reprises.
Après la guerre, il sert à la Légion étrangère au Maroc et participe à la guerre du Rif. À partir de 1925, il rejoint les chasseurs alpins, où il devient un spécialiste reconnu du combat en montagne. C’est à cette époque qu’il rencontre Eugène Molle, avec lequel il entretient une longue relation professionnelle et personnelle.
Engagement dans la Résistance
Après la campagne de 1940 et son retour en zone non occupée, Vallette d’Osia reçoit des responsabilités dans les troupes alpines de Haute-Savoie. Dès 1940, il prépare clandestinement une reprise du combat, détourne ou dissimule du matériel et entretient l’esprit militaire de ses cadres.
En 1942, avec plusieurs officiers du 27e bataillon de chasseurs alpins, il entre plus directement dans la Résistance. Il participe à l’organisation de l’Armée secrète en Haute-Savoie et en devient le responsable départemental en 1943. Son objectif est notamment d’encadrer les réfractaires au Service du travail obligatoire, de les équiper, de les former et de préparer les structures du maquis.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Jean Vallette d’Osia appartient à l’Armée secrète de Haute-Savoie et à l’environnement militaire issu du 27e bataillon de chasseurs alpins. Son dossier administratif de résistant au Service historique de la Défense est homologué.
Ses cadres et subordonnés forment une partie de l’ossature militaire qui donnera naissance aux formations de Haute-Savoie et au dispositif des Glières.
Missions et actions
Vallette d’Osia organise les cadres, les dépôts de matériel, l’instruction et la mise en place progressive d’une véritable organisation militaire clandestine en Haute-Savoie. Les futures unités des Glières s’inscrivent directement dans cette œuvre préparatoire, même si Vallette d’Osia ne commande pas personnellement le plateau pendant les combats de 1944.
Après son passage en Afrique du Nord puis son retour dans la France libérée, il participe à la reconstitution des formations alpines. Dans la nouvelle 27e division d’infanterie alpine, son expérience des chasseurs alpins et de la Résistance constitue un élément majeur de la transformation des unités issues des maquis en formations régulières.
Lorsque Eugène Molle prend le commandement de cette division, Vallette d’Osia devient son adjoint, prolongeant ainsi une collaboration commencée dans les chasseurs alpins avant-guerre.
Arrestation / évasion / déportation
Le 13 septembre 1943, Vallette d’Osia est arrêté par les Allemands. Il parvient ensuite à s’évader et quitte la France.
Il rejoint finalement l’Afrique du Nord, où il peut reprendre des fonctions militaires. Il n’est pas déporté.
Camarades de combat
Parmi les officiers étroitement associés à son parcours figurent Eugène Molle, Maurice Anjot et Tom Morel. La structure clandestine qu’il met en place permet à ses subordonnés de poursuivre le commandement après son départ et contribue directement à l’organisation militaire qui aboutit aux Glières.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Vallette d’Osia poursuit sa carrière militaire. Il participe à l’occupation de l’Autriche, commande ensuite la subdivision de Grenoble et se consacre à la formation et à la modernisation des troupes alpines.
Promu général, il commande finalement la 27e division d’infanterie alpine avant de quitter le service actif en 1958. Il consacre ensuite une partie de sa retraite à l’écriture de ses souvenirs militaires.
Il meurt le 28 février 2000 à Annecy-le-Vieux, âgé de 101 ans.
Décorations
Grand-croix de la Légion d’honneur — dignité obtenue en 1978 selon les sources biographiques concordantes.
Croix de guerre 1914-1918 — Source biographique concordante.
Croix de guerre 1939-1945 — Source biographique concordante.
Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs — Source biographique concordante.
Médaille de la Résistance française — mentionnée par les sources biographiques ; le décret précis n’a pas été isolé lors des présentes recherches. Cette décoration ne figue pas sur le site de l’ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
La mémoire du général Vallette d’Osia est particulièrement attachée à la Haute-Savoie, à Annecy, aux chasseurs alpins et à la mémoire des Glières. Des hommages et conférences lui sont régulièrement consacrés par les associations mémorielles savoyardes.
Références bibliographiques
Jean VALLETTE d’OSIA, Quarante-deux ans de vie militaire, 1916-1958. Tome 1 : 1916-1939, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire, 1991. Témoignage autobiographique sur la Grande Guerre, le Maroc et la formation des troupes alpines.
Jean VALLETTE d’OSIA, Quarante-deux ans de vie militaire. Tome 2 : 1939-1945, Deuxième Guerre mondiale, Résistance, Libération, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire, 1988. Source autobiographique majeure pour son rôle en Haute-Savoie et dans la Résistance.
Références internet
Ministère des Armées. L’entretien consacré aux Glières confirme que Vallette d’Osia prépare dès 1940 la reprise du combat au 27e BCA, rejoint la Résistance, organise l’Armée secrète de Haute-Savoie et est arrêté en septembre 1943.
https://www.defense.gouv.fr/sga/actualites/gerard-metral-catholiques-juifs-communistes-maquisards-glieres-freres-darmes
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. L’inventaire GR 16 P identifie Jean Gustave Marie Marcel Georges Vallette d’Osia, né le 16 août 1898 à Rennes, sous la cote GR 16 P 583682, avec homologation.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_V.pdf
Bibliothèques numériques de la Défense. La notice bibliographique des mémoires de Vallette d’Osia confirme son identité, sa qualité d’auteur et l’importance de son témoignage militaire.
https://bibliotheques-numeriques.defense.gouv.fr/bibliotheque-ader/impression/document/d3c0d367-b5c5-4857-9b61-3ec6830341d5
Dossier d’homologation consulté
Le Service historique de la Défense conserve le dossier GR 16 P 583682 — VALLETTE D’OSIA, Jean Gustave Marie Marcel Georges, né le 16 août 1898 à Rennes. L’inventaire mentionne une homologation.
Un dossier d’officier est également signalé sous la cote GR 14 YD 2153.
Observations
Les sources concordent sur l’état civil et sur le rôle central de Vallette d’Osia dans la préparation de la Résistance militaire de Haute-Savoie.
Il importe toutefois de ne pas lui attribuer le commandement direct du maquis des Glières au moment des combats de 1944 : son arrestation puis son départ avaient déjà interrompu son action directe en Haute-Savoie. Son rôle est celui d’un organisateur en amont, dont les cadres et structures survivent à son départ.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A —Dossier SHD nominatif, source institutionnelle du ministère des Armées, mémoires publiés et sources historiques concordantes.
Chronologie
| Date | Événement |
| 16 août 1898 | Naissance à Rennes |
| 1916 | Engagement et formation à Saint-Cyr |
| 1917-1918 | Combats de la Première Guerre mondiale |
| après 1918 | Service au Maroc |
| 1925 | Rejoint les chasseurs alpins |
| 1940 | Prépare clandestinement la reprise du combat |
| 1942 | Engagement plus direct dans la Résistance |
| 1943 | Chef de l’Armée secrète de Haute-Savoie |
| 13 septembre 1943 | Arrestation |
| 1943-1944 | Évasion puis départ de France |
| 1944-1945 | Reconstitution des formations alpines |
| après 1945 | Carrière de général et commandements alpins |
| 1958 | Fin du service actif |
| 28 février 2000 | Décès à Annecy-le-Vieux |
Sources consultées
Ministère des Armées. La publication consacrée aux Glières a fourni les éléments sur la préparation clandestine du 27e BCA, l’entrée en Résistance, la direction de l’Armée secrète de Haute-Savoie et l’arrestation de septembre 1943. https://www.defense.gouv.fr/sga/actualites/gerard-metral-catholiques-juifs-communistes-maquisards-glieres-freres-darmes
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. L’inventaire de la sous-série GR 16 P a confirmé son état civil, la cote GR 16 P 583682 et son homologation. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_V.pdf
Bibliothèques numériques de la Défense. La notice de Quarante-deux ans de vie militaire a confirmé la référence bibliographique de ses mémoires et leur intérêt pour sa carrière militaire et alpine. https://bibliotheques-numeriques.defense.gouv.fr/bibliotheque-ader/impression/document/d3c0d367-b5c5-4857-9b61-3ec6830341d5