La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Situation militaire sur le front de l’Est au 1er Janvier 1943 – J+558 de l’opération Barbarossa

À la date du 1er janvier 1943, la situation militaire sur le front de l’Est s’est totalement retournée par rapport à celle de l’été 1942.

L’encerclement de la 6e armée allemande à Stalingrad en novembre a ouvert une crise majeure dans les rangs de l’Axe.

L’Armée rouge mène une série d’offensives sur plusieurs fronts. L’initiative stratégique est désormais soviétique.

L’opération Barbarossa, lancée un an et demi plus tôt avec l’espoir d’une victoire éclair, s’est transformée en désastre stratégique pour le Troisième Reich.

Progrès effectués et territoires acquis

Les Soviétiques ont brisé la stabilité du front sud :

  • La 6e armée allemande est encerclée dans Stalingrad depuis la mi-novembre. À ce jour, environ 250 000 hommes sont piégés dans la ville.
  • Les fronts soviétiques du Don, de Stalingrad et du Sud-Ouest ont lancé de larges offensives pour élargir la brèche créée par l’opération Uranus.
  • La région du Don moyen, occupée par les troupes roumaines et hongroises, a été balayée.
  • Les villes de Kotelnikovo et Tatsinskaya sont sous contrôle soviétique ou contestées.

Résistances rencontrées

La résistance allemande à l’extérieur de la poche de Stalingrad est désorganisée mais acharnée :

  • Le groupe d’armées Don, sous Manstein, a tenté de percer vers Stalingrad depuis Kotelnikovo avec la 4e armée blindée.
  • Cette contre-offensive (opération Wintergewitter) a échoué à atteindre la 6e armée et a été stoppée par les forces soviétiques.
  • À l’intérieur de Stalingrad, les troupes allemandes continuent de se battre, bien que coupées de ravitaillement et affaiblies.

Contre-attaques soviétiques, succès et échecs

  • L’opération Uranus, en novembre, a été un succès total, piégeant la 6e armée.
  • L’opération Saturne, initialement conçue pour détruire totalement les forces du sud de l’Axe, a été redirigée partiellement en opération Petit Saturne (décembre), visant les Italiens du front du Don.
  • Succès éclatant pour les Soviétiques : le 8e corps italien et d’autres unités alliées de l’Allemagne sont détruites ou en déroute.
  • Le but d’encercler toutes les forces de Manstein dans le Caucase n’est toutefois pas atteint immédiatement.

Difficultés d’approvisionnement

  • À Stalingrad, la tentative allemande de ravitaillement aérien s’est révélée un échec. Il fallait au moins 500 tonnes de ravitaillement par jour ; la Luftwaffe n’en livre que 80 à 120 en moyenne. Famine, pénurie de munitions, maladies sévissent dans la poche.
  • Les lignes de ravitaillement soviétiques s’améliorent, bien que la distance et l’hiver rendent les opérations complexes.

État du terrain

  • L’hiver est rude. Les températures descendent jusqu’à -30°C. Le gel a figé les routes, facilitant le déplacement sur sol durci mais compliquant la vie des soldats et la mécanique des véhicules.
  • À Stalingrad, les ruines et la neige rendent toute action militaire lente, difficile et extrêmement meurtrière.

Pertes et prisonniers

  • Forces de l’Axe : On estime à 150 000 morts et environ 250 000 hommes encerclés dans la poche de Stalingrad au moment de l’encerclement. Les pertes s’accroissent chaque jour.
  • Forces soviétiques : Bien que victorieuse, l’Armée rouge a perdu plusieurs centaines de milliers d’hommes dans l’année 1942. Rien que pour Uranus et Petit Saturne, les pertes sont estimées à plus de 100 000 soldats.

Points d’accrochage

  • Les combats les plus violents se concentrent dans Stalingrad même, notamment autour de la gare, des usines Barricade et Octobre Rouge.
  • Autres foyers de combat : secteur de Kotelnikovo, fronts du Don et du Tchernaïa Kalitva contre les Italiens et les Hongrois.

Forces en présence et positions

  • À Stalingrad : 6e armée allemande encerclée, affaiblie, rationnée, mais toujours en état de combattre.
  • Extérieur : troupes de Manstein en repli, incapables de percer jusqu’à la ville.
  • Sud : les troupes allemandes du Caucase sont en cours de repli vers le Kouban.
  • Les Soviétiques contrôlent le front extérieur de Stalingrad avec des armées fraîches (64e, 65e, 21e, 24e, etc.), bien ravitaillées et coordonnées.

Objectifs initiaux maintenus ?

Du côté allemand, les objectifs sont irréalistes et hors d’atteinte :

  • Prendre Stalingrad, couper la Volga, contrôler le pétrole caucasien sont des objectifs désormais irréalisables.
  • Les priorités sont désormais la survie de la 6e armée et le repli en bon ordre des troupes du Caucase.

Côté soviétique :

  • L’objectif est clair : détruire la 6e armée, exploiter l’effondrement des lignes roumaines, italiennes, et hongroises pour lancer une reconquête du sud du pays.

Éléments imprévus

  • Le succès de l’opération Uranus a dépassé les attentes de la Stavka.
  • L’échec du ravitaillement aérien allemand accélère l’effondrement de la 6e armée.
  • L’Armée rouge découvre qu’elle peut non seulement résister, mais aussi manœuvrer à grande échelle, avec une coordination et une logistique en progrès constant.

Conclusion au 1er janvier 1943

Le front de l’Est est en passe de basculer.

L’Armée rouge a repris l’initiative et remporté une victoire stratégique majeure.

La 6e armée allemande, autrefois fer de lance de la Wehrmacht, est encerclée et proche de l’effondrement.

 Les forces allemandes dans le Caucase battent en retraite.

L’opération Barbarossa, conçue comme une guerre éclair, a échoué.

L’Allemagne entre en 1943 affaiblie, sur la défensive, et confrontée à une Union soviétique désormais en mesure de passer à l’offensive sur l’ensemble du front.

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