La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Situation militaire sur le front de l’Est au 1er Janvier 1944 – J+924 de l’opération Barbarossa

Au début de l’année 1944, le front de l’Est est sous contrôle stratégique total de l’Union soviétique. L’Armée rouge, après avoir libéré Kiev en novembre et consolidé ses positions en décembre, s’apprête à reprendre l’offensive hivernale.

L’armée allemande, très affaiblie, se replie de plus en plus profondément en Ukraine occidentale et dans le sud de la Biélorussie. L’objectif soviétique pour l’hiver est de briser ce front avant le dégel, en exploitant la désorganisation allemande.

Progrès effectués et territoires acquis

Les mois de novembre et décembre 1943 ont permis de consolider les gains suivants :

  • L’ensemble de la région de Kiev est désormais sous contrôle soviétique.
  • Les Soviétiques ont repris Zhitomir, Korosten, Cherkassy, Kirovograd.
  • Les têtes de pont soviétiques sur la rive ouest du Dniepr sont élargies et reliées.
  • La progression vers l’ouest se poursuit en direction de Vinnytsia, Shepetivka, et du secteur stratégique de Proskurov.
  • Dans le sud, l’Armée rouge menace les bastions allemands de Kryvyï Rih et Nikopol.

La zone libérée par l’URSS depuis juillet 1943 dépasse 300 000 km², essentiellement en Ukraine.

Résistances rencontrées

  • Les contre-attaques allemandes en novembre autour de Zhitomir ont temporairement stoppé l’avance soviétique, mais les lignes allemandes sont désormais étirées, sans cohérence ni réserve stratégique.
  • Dans certains secteurs, les Allemands utilisent le gel pour stabiliser leur ligne et organiser des défenses ponctuelles autour de têtes de pont ferroviaires ou positions de colline.
  • Des divisions SS (notamment Das Reich) sont engagées au sud de Kiev mais subissent de lourdes pertes.

Succès, échecs, pertes et prisonniers

URSS :

  • Succès global avec la reprise d’initiatives opérationnelles même en hiver.
  • Pertes en décembre estimées à 80 000 à 100 000 soldats (tués, blessés, disparus).
  • Malgré des pertes importantes, les livraisons de matériel (chars, munitions, vivres) assurent la continuité des opérations.
  • Plusieurs milliers de prisonniers allemands sont faits lors de la réduction de poches dans la vallée du Dniepr.

Allemagne :

  • Échecs tactiques répétés pour reprendre ou tenir les lignes de front.
  • Pertes estimées à 60 000 à 70 000 hommes en décembre, dont de nombreux morts en retraite ou soldats faits prisonniers dans les combats autour de Kiev et de Kirovograd.
  • Matériel lourd abandonné lors des repli successifs, impossibilité de le remplacer en nombre.

État du terrain

  • Le gel a désormais figé les sols, facilitant la circulation des blindés et de l’artillerie.
  • Les rivières sont partiellement gelées, mais certains passages restent difficiles.
  • Les conditions hivernales favorisent paradoxalement la manœuvre rapide, en particulier pour les unités soviétiques entraînées à l’hiver.

Points d’accrochage et batailles

  • Zhitomir et Berdytchiv : combats de décembre intenses, puis repli allemand.
  • Kirovograd : combats urbains, libération soviétique progressive fin décembre.
  • Kryvyï Rih – Nikopol : concentration allemande autour des ressources minières, future cible soviétique pour janvier.
  • Sud de Korosten : harcèlement allemand, sans effet stratégique.

Forces en présence

URSS :

  • Environ 7,3 millions d’hommes sur l’ensemble du front Est.
  • Supériorité matérielle : plus de 22 000 blindés opérationnels, 30 000 pièces d’artillerie, aviation tactique renforcée.
  • Bonne logistique, appuyée par des livraisons du prêt-bail (camions Studebaker, avions américains, vivres).

Allemagne :

  • Environ 2 millions d’hommes, dont une fraction importante est dispersée, épuisée, ou partiellement isolée.
  • Char Tigre, Panther présents mais en faible nombre.
  • L’aviation est surutilisée et souvent absente sur le front ukrainien.
  • La relève est lente, les divisions sont au tiers ou à la moitié de leur capacité nominale.

Perspectives stratégiques et décisions militaires

Union soviétique :

  • Préparation de grandes offensives hivernales : secteur Kirovograd–Kryvyï Rih–Nikopol, et vers la Biélorussie (opérations futures autour de Gomel, Kalinkavitchy).
  • Objectif : libérer l’ouest de l’Ukraine, créer une brèche vers la Galicie et la Pologne.
  • Début de planification de l’opération Bagration (prévue pour l’été 1944) pour la Biélorussie.

Allemagne :

  • Hitler ordonne de tenir chaque position, refusant tout repli stratégique significatif.
  • Constitution de forteresses : Nikopol, Kovel, Tarnopol.
  • Planification d’un renforcement du front via des divisions venant de France ou de l’Italie, mais cela reste très limité.
  • La doctrine devient défensive, rigide, et réactive, sans réelle capacité d’initiative.

Conclusion au 1er janvier 1944

L’Union soviétique domine le front de l’Est, en hommes, en moyens, et en initiative stratégique.

L’armée allemande est en pleine désintégration opérationnelle en Ukraine, incapable de freiner durablement les Soviétiques.

La reconquête du territoire soviétique est en voie d’achèvement.

L’année 1944 s’ouvre sur une dynamique résolument offensive, avec pour la première fois la perspective claire d’une invasion de l’Europe orientale occupée par l’Allemagne dans les mois à venir.

L’Allemagne, sur la défensive à l’Est, se prépare à subir l’assaut à l’Ouest.

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024