La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est Service du Camouflage du Matériel. Les variantes attestées dans les sources sont Camouflage du Matériel, CDM, Conservation du Matériel et, selon les contextes administratifs, Conservation du matériel militaire.

La catégorie retenue est celle de service clandestin militaire, car les sources le présentent comme une organisation illégale issue de l’armée d’armistice, destinée à soustraire et conserver clandestinement des armes, munitions, véhicules et matériels militaires.

Le Musée de la Résistance en ligne indique que le CDM est une organisation mise en place par le commandement de l’armée d’armistice pour superviser les stocks clandestins d’armes et de véhicules.

Création du réseau

Le Service du Camouflage du Matériel est créé en 1940, dans le contexte qui suit les armistices signés avec l’Allemagne le 22 juin 1940 et avec l’Italie le 24 juin 1940, entrés en application le 25 juin 1940.

Les conventions d’armistice imposent le contrôle des armes, munitions et matériels de guerre conservés en zone non occupée. Le commandant Émile MOLLARD, nommé chef de la section Matériel du 1er Bureau par le colonel PICQUENDAR, chef d’état-major de l’armée de terre, organise alors une structure clandestine sous la couverture administrative de la Conservation du Matériel.

L’objectif initial est de détourner, cacher, entretenir et préserver du matériel militaire afin d’éviter sa livraison ou sa neutralisation par les commissions d’armistice allemandes ou italiennes.

Organisation interne

Le CDM fonctionne comme une structure clandestine appuyée sur des cadres de l’armée d’armistice et des relais régionaux. Son organisation repose sur une couverture administrative légale, la Conservation du Matériel, et sur des responsables chargés de rechercher des lieux de dépôt, d’organiser les transports, de dissimuler les matériels et de les entretenir.

Les sources indiquent l’existence de responsables nationaux et locaux, avec des adjoints dans plusieurs régions. Les lieux de camouflage peuvent être des édifices publics, des propriétés privées, des sociétés de transport, des grottes ou des carrières désaffectées.

Actions menées pendant la Résistance

Les actions du CDM consistent à récupérer et dissimuler des armes, munitions, véhicules, carburants, explosifs et équipements militaires qui auraient dû être remis ou contrôlés par les autorités d’occupation ou les commissions d’armistice.

Cette activité est présentée par le Musée de la Résistance en ligne comme l’une des premières formes de Résistance française initiées par des officiers.

Les opérations attestées comprennent la constitution de caches, le déplacement de matériel par camions, le stockage dans des sociétés civiles ou lieux discrets, ainsi que la mise à disposition ultérieure de certains matériels au profit de groupes armés ou de maquis.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le CDM entretient des liens avec plusieurs structures de Résistance militaire ou civile. Des contacts sont attestés avec des responsables du mouvement Combat à Marseille, où les responsables du Mouvement de Libération Nationale prennent contact avec le service du camouflage du matériel de l’armée d’armistice.

Le CDM est également lié à des réseaux ou groupes régionaux, comme en Rhône-Alpes, en Isère et dans le Sud-Ouest. Le réseau Maurice est directement rattaché à cette histoire, puisque le Musée de la Résistance en ligne présente le général Émile MOLLARD, alias Dubourg, comme créateur du Service du Camouflage du Matériel et fondateur du réseau Maurice.

Chefs et figures marquantes

Émile MOLLARD, commandant puis général, est présenté par le Musée de la Résistance en ligne comme le principal organisateur du CDM. Il met en place le dispositif en 1940 à partir de sa fonction de chef de la section Matériel du 1er Bureau. Il est arrêté par la Gestapo en 1943, déporté, puis survit à la guerre. Il fonde ensuite le réseau Maurice, réseau de renseignements et d’évasion vers l’Afrique française du Nord via les Pyrénées et l’Espagne.

Georges JOUNEAU, alias commandant Georges, rejoint le réseau de Résistance du Camouflage du Matériel dès septembre 1940. Il récupère et camoufle des automobiles, armes et munitions laissées par l’armée des Alpes, devient l’adjoint du colonel DEVIMEUX, responsable régional, puis poursuit le camouflage et le ravitaillement des maquis. Recherché par les polices allemande et collaborationniste, il échappe à plusieurs arrestations, survit à la guerre et devient Compagnon de la Libération par décret du 7 août 1945.

Marcel TAILLANDIER, membre des services spéciaux de l’armée, entre en contact avec le service du Camouflage du Matériel et monte une équipe spécialisée dans la récupération et le stockage de matériel de guerre. Il poursuit ensuite ses activités dans le Gers, puis devient une figure de l’Armée secrète toulousaine. Il est mortellement blessé en juillet 1944, selon sa notice de l’Ordre de la Libération.

Louis NAL, capitaine puis commandant, est cité par les sources du Musée de la Résistance en ligne parmi les acteurs liés à l’histoire du camouflage du matériel, notamment pour l’Isère et Grenoble. Son ouvrage posthume La Bataille de Grenoble fait partie des sources bibliographiques mobilisées par le Musée de la Résistance en ligne pour documenter les activités régionales du CDM.

Victimes et morts

Les sources consultées ne fournissent pas une liste nationale exhaustive des morts du Service du Camouflage du Matériel. Elles permettent cependant d’identifier des membres ou responsables liés au CDM victimes de la répression.

Marcel TAILLANDIER, en lien avec le CDM et les services spéciaux, meurt en juillet 1944 après avoir poursuivi ses activités clandestines.

Roger GUIGUE est présenté par Mémoire Vive de la Résistance comme engagé dans le Camouflage du matériel, arrêté le 25 novembre 1943 à Grenoble, Isère, France, puis exécuté sommairement dans le contexte de la Saint-Barthélemy grenobloise.

Survivants identifiés

Émile MOLLARD survit à son arrestation et à sa déportation.

Georges JOUNEAU survit à la guerre, poursuit une activité publique et reçoit la croix de la Libération.

Jean D’ALIGNY, engagé dans le service clandestin de camouflage du matériel dans le Sud-Ouest, est arrêté le 12 avril 1943 à Fonsorbes, Haute-Garonne, France, déporté à Neue Bremm, Buchenwald, Natzweiler-Struthof puis Dachau, et libéré en mai 1945 selon la fiche de Mémoire Vive de la Résistance.

Fin du réseau

Le CDM est fortement touché par l’invasion de la zone sud le 11 novembre 1942, la dissolution de l’armée d’armistice et les recherches allemandes et italiennes contre les caches.

Une partie du matériel est récupérée par les autorités d’occupation ou perdue, mais certains stocks, responsables et circuits sont réorientés vers des réseaux, l’Armée secrète, les maquis ou des organisations régionales.

Les sources indiquent que plusieurs acteurs poursuivent leurs activités après 1942, comme Georges JOUNEAU en Rhône-Alpes et les relais qui alimentent les maquis de Savoie, de l’Ain et du Vercors.

Conséquences et mémoire

Le CDM représente une forme précoce de Résistance militaire née dans le cadre contraint de l’armée d’armistice. Son apport réside dans la préservation clandestine d’une partie du potentiel militaire français et dans l’alimentation ultérieure de certains groupes armés.

Sa mémoire est conservée par le Musée de la Résistance en ligne, par des fonds d’archives comme le fonds Escolan conservé au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, et par les notices de résistants ou Compagnons de la Libération engagés dans ses structures.

Références bibliographiques

La première Résistance, le camouflage des armes, les secrets du réseau CDM, 1940-1944 Philibert de LOISY, Éditions L’Esprit du Livre, 2010. Cet ouvrage est directement consacré au Camouflage du Matériel et aux mécanismes clandestins de dissimulation des armes après l’armistice. Il s’appuie notamment sur des rapports de responsables du CDM et permet de documenter l’organisation, les caches, les relais militaires et les usages ultérieurs des matériels dissimulés.

L’armée de l’armistice 1940-1942 Raymond SEREAU, Nouvelles Éditions Latines, 1961. Cet ouvrage replace le CDM dans le cadre de l’armée d’armistice, de ses contraintes administratives et de ses marges d’action clandestines. Il permet de comprendre comment des officiers utilisent des structures légales ou semi-légales pour soustraire du matériel aux contrôles imposés par les conventions d’armistice.

Dictionnaire historique de la Résistance François MARCOT dir., Robert Laffont, 2006. Ce dictionnaire comporte une entrée consacrée au Camouflage du matériel, rédigée par Jean DELMAS, et fournit un cadre synthétique fiable sur les structures militaires clandestines. Il permet aussi de situer le CDM par rapport à l’Organisation de Résistance de l’Armée, aux services spéciaux et aux mouvements de Résistance intérieure.

La Bataille de Grenoble. Mémoires posthumes Louis NAL, présentés et annotés par Joseph PERRIN, Édition des Deux Miroirs, 1964. L’ouvrage apporte des éléments régionaux sur les activités militaires clandestines dans l’Isère et sur les prolongements du CDM dans la Résistance grenobloise. Il est cité par le Musée de la Résistance en ligne parmi les sources utilisées pour documenter le camouflage du matériel en Isère.

Vercors, haut-lieu de France Pierre TANANT, Arthaud, 1947. Cet ouvrage ancien sur le Vercors éclaire le contexte régional dans lequel les questions d’armement, de caches et de ravitaillement des maquis prennent une importance majeure. Il est cité par le Musée de la Résistance en ligne parmi les références utiles pour comprendre les rapports entre le CDM, l’armement clandestin et les maquis alpins.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne Notice « Émile Mollard, principal organisateur du CDM ». Cette page présente le rôle du commandant Émile MOLLARD, la création du CDM en 1940, la couverture administrative de la Conservation du Matériel et les objectifs de dissimulation des stocks clandestins d’armes et de véhicules. https://museedelaresistanceenligne.org/media4309-Emile-Mollard-principal-organisateur-du-CDM

Musée de la Résistance en ligne Exposition « L’armée d’Armistice et le Camouflage du Matériel ». Cette ressource replace le CDM dans le contexte des armistices de juin 1940 et des obligations de contrôle imposées aux armes et matériels de guerre. Elle décrit le camouflage comme une des premières formes de Résistance initiées par des officiers. https://museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=89&stheme=387&theme=197

Musée de la Résistance en ligne Document « Le camouflage du matériel », par Guy GIRAUD. Ce document PDF présente la constitution du CDM, ses buts, son fonctionnement général et son rattachement à l’armée d’armistice. Il constitue une source utile pour documenter la terminologie Conservation du Matériel et Camouflage du Matériel. https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/59.pdf

Ordre de la Libération Notice Georges JOUNEAU. Cette notice documente l’engagement de Georges JOUNEAU dans le CDM dès septembre 1940, ses actions de camouflage et de transport de matériel, ses liens avec l’Armée secrète et les maquis, ainsi que sa survie et sa reconnaissance comme Compagnon de la Libération. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/georges-jouneau

Ordre de la Libération Notice Marcel TAILLANDIER. Cette notice établit le contact de Marcel TAILLANDIER avec le service du Camouflage du Matériel et la constitution d’une équipe spécialisée dans la récupération et le stockage de matériel de guerre. Elle permet de relier le CDM aux services spéciaux et à l’Armée secrète toulousaine. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/marcel-taillandier

Fiabilité A. L’existence du Service du Camouflage du Matériel, sa création en 1940, son rôle clandestin dans l’armée d’armistice, le rôle d’Émile MOLLARD et les liens avec plusieurs acteurs résistants sont attestés par des sources mémorielles institutionnelles, l’Ordre de la Libération et des références bibliographiques spécialisées. Les limites portent sur l’absence d’une liste nationale exhaustive des membres, victimes et survivants dans les sources en ligne consultées.

Sources consultées date de vérification

Mémoire Vive de la Résistance, recherche « Service du Camouflage du Matériel », consulté le 10 mai 2026, https://mvr.asso.fr/

Mémoire Vive de la Résistance, recherche « Camouflage du Matériel », consulté le 10 mai 2026, https://mvr.asso.fr/larmee-darmistice/

Mémoire Vive de la Résistance, recherche « CDM Camouflage », consulté le 10 mai 2026, https://mvr.asso.fr/

Mémoire Vive de la Résistance, fiche Jean D’ALIGNY mentionnant le CDM, consulté le 10 mai 2026, https://mvr.asso.fr/daligny/

Mémoire Vive de la Résistance, fiche Saint-Barthélemy grenobloise mentionnant Roger GUIGUE et le CDM, consulté le 10 mai 2026, https://mvr.asso.fr/saint-barthelemy-grenobloise-2/

Maitron Résistance, recherche « Service du Camouflage du Matériel » et « CDM », consulté le 10 mai 2026, https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance, recherche « Camouflage du Matériel » et « CDM », consulté le 10 mai 2026, https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne, notice Émile Mollard principal organisateur du CDM, consulté le 10 mai 2026, https://museedelaresistanceenligne.org/media4309-Emile-Mollard-principal-organisateur-du-CDM

Musée de la Résistance en ligne, exposition L’armée d’Armistice et le Camouflage du Matériel, consulté le 10 mai 2026, https://museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=89&stheme=387&theme=197

Musée de la Résistance en ligne, document Le camouflage du matériel, consulté le 10 mai 2026, https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/59.pdf

Musée de la Résistance en ligne, historique du réseau Maurice, consulté le 10 mai 2026, https://museedelaresistanceenligne.org/media11532-HISTORIQUE-DU-RESEAU-MAURICE

Mémoire des Hommes, recherche générale « Camouflage du Matériel », consulté le 10 mai 2026, https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération, notice Georges JOUNEAU, consulté le 10 mai 2026, https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/georges-jouneau

Ordre de la Libération, notice Marcel TAILLANDIER, consulté le 10 mai 2026, https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/marcel-taillandier

Gallica BnF, recherche « Camouflage du Matériel » et « Conservation du Matériel », consulté le 10 mai 2026, https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense, recherche et ressources générales, consulté le 10 mai 2026, https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Wikipédia, notice Émile MOLLARD, utilisée uniquement en complément et recoupée, consulté le 10 mai 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Mollard

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