La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

ROLNIKAS Michelis

Michelis ROLNIKAS, né le 28 janvier 1908 à Plungė (Empire russe, aujourd’hui Lituanie), mort le 20 septembre 1941 à Suresnes (Hauts-de-Seine), Mont-Valérien

Issu d’une famille juive de Plungė, Michelis (dit Michel) Rolnikas effectue ses études secondaires à Kaunas puis choisit la France en 1927 pour poursuivre le droit. Licencié en 1930, il revient brièvement en Lituanie avant de reprendre un cursus à Paris, où il obtient deux diplômes d’études supérieures en 1932 et 1933 et soutient en 1936 une thèse sur les syndicats professionnels en URSS.

Naturalisé français par décret du 9 janvier 1934, il accomplit son service militaire dans l’infanterie (1934-1935), quitte l’uniforme caporal-chef et entre au barreau de Paris en novembre 1936, après un premier refus dû à la loi du 19 juillet 1934.

Avocat proche du mouvement ouvrier, collaborateur de la Vie ouvrière et de L’Humanité, il défend de nombreux militants syndicaux et communistes. Son attachement aux libertés publiques et à la défense des « inculpés politiques » l’expose précocement.

Il œuvre au sein de l’entourage du Secours rouge international (SRI), organisation d’assistance juridique liée aux milieux communistes, avec plusieurs confrères parisiens.

Collaborateur de Me Georges Pitard à partir de 1937, il plaide pour la CGT (notamment la Fédération des Métaux), suit des dossiers prud’homaux et pénaux et publie des chroniques de vulgarisation juridique.

Par sa maîtrise de l’allemand, il sert comme interprète radio-gonio durant la campagne de 1939-1940. Après l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, son nom figure parmi les avocats ciblés pour leur défense des militants poursuivis.

Arrestation / évasion / déportation

Arrêté à Paris le 25 juin 1941 par la police française, il est interné au Frontstalag 122 de Royallieu-Compiègne. Le 19 septembre 1941 au soir, il est extrait avec les avocats Georges Pitard et Antoine Hajje, transféré à la prison de la Santé, puis fusillé comme otage au Mont-Valérien à l’aube du 20 septembre 1941, à la suite de l’attentat du 16 septembre boulevard de Strasbourg.

Sa dernière lettre est écrite la veille de son exécution, après son transfert à la prison de la Santé le 19 septembre 1941. Elle s’adresse à son épouse et mêle lucidité, tendresse et courage. Michelis Rolnikas dit son attachement à la vie et à la jeunesse qu’il quitte à 33 ans ; il demande à sa femme de transmettre ses adieux à leurs proches, cite « Marie-Thérèse », sa filleule et sa mère, ainsi que « Gaston », « ta sœur », « ses enfants » et « le Dr R… ». Il insiste pour que les siens restent dignes, rappelle des souvenirs heureux et prie qu’on se souvienne de lui sans haine. L’angoisse physique affleure (« peur de souffrir »), mais il affirme vouloir mourir avec courage. La lettre se clôt sur des embrassades et la confiance qu’on prendra soin de son épouse.

Mémoire du barreau de Paris – notice « ROLNIKAS Michelis (1908-1941) » : extrait substantiel de la dernière lettre et dossier documentaire. memoire.avocatparis.org

Camarades de combat

Georges Pitard et Antoine Hajje, confrères avocats et défenseurs des militants poursuivis ; Charles Lederman et Maurice Boitel, avocats communistes parisiens ; le cercle du Secours rouge international.

Décorations

  • Médaille de la Résistance française, à titre posthume décret du 24 avril 1946

https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles?fulltext=Michelis+ROLNIKAS&items_per_page=10#resultats-medailles

  • Mention « Mort pour la France » attribuée par l’ONAC de Caen le 13 septembre 2011.

Lieux de mémoire

Nom gravé au Mémorial du Mont-Valérien ; plaque en hommage à Michel Rolnikas (Musée de la Résistance en ligne) ; inhumé d’abord au cimetière parisien d’Ivry puis transféré au Père-Lachaise en 1950.

Références bibliographiques

  • Histoire et mémoire du Mont-Valérien, collectif, Ministère des Armées / Mémorial du Mont-Valérien, 2019. Un panorama historique du site d’exécution et des politiques mémorielles ; repères précis sur les fusillés de 1941-1944 et les sources disponibles.
  • Dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, 2006. Ouvrage de référence offrant des synthèses thématiques (répression, lettres de fusillés, camps d’internement) et de nombreuses notices contextuelles.
  • La justice saisie par la politique. Avocats communistes des années 1930, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, article de référence sur l’entourage de Marcel Willard et les avocats communistes (dont Pitard, Hajje, Rolnikas). Éclairages sur les pratiques militantes au prétoire.

Références internet

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024