Marie REYNOARD, née le 28 octobre 1897 à Bastia (Haute-Corse), décédée au camp de concentration de Ravensbrück en janvier 1945 (probablement le 30).
Caroline Marie Reynoard grandit dans une famille d’intellectuels. Son père, agrégé d’histoire, enseignait à Bastia, et sa mère était fille d’un officier territorial. Brillante élève, elle entre à l’École normale supérieure de jeunes filles (Sèvres) et devient agrégée de lettres en 1921. Elle enseigne successivement à Cahors, Marseille, avant d’être nommée en 1936 au lycée Stendhal de Grenoble .
De santé fragile, Marie Reynoard prend position dès 1940 contre le régime de Vichy. Elle fonde le mouvement Vérité à Grenoble.
Lors d’un voyage à Marseille, elle rencontre Henri Frenay. En novembre 1941, elle organise une réunion dans son appartement du 4 rue Joseph‑Fourier où naissent les mouvements Vérité et Liberté, fusionnant en Combat, dont elle devient la première responsable départementale .
Elle distribue clandestinement des tracts du mouvement, recrute étudiants et ouvriers, organise la propagande gaulliste à Grenoble, coordonne la diffusion du journal Combat et facilite les liaisons avec Lyon via des complices .Elle utilise les pseudonymes « Claude », « Marguerite Rousseau » et « Claire Grasset » selon les phases de sa résistance .
Arrestations et déportation
Elle est arrêtée en octobre 1942 après une dénonciation, jugée par un tribunal militaire de Lyon, suspendue temporairement de ses fonctions et libérée pour raisons de santé. Elle reprend immédiatement son activité clandestine sous un pseudonyme. En mai‑juin 1943, elle est finalement arrêtée à Lyon, suite à la trahison de Jean Multon, membre de la Gestapo. Emprisonnée à Montluc puis à Compiègne, elle est déportée à Ravensbrück en février 1944 .
Au camp, elle soutient ses compagnes par son dévouement, raconte des légendes pour redonner courage, jusqu’à ce qu’elle succombe fin janvier 1945 — peut‑être le 30 des suites d’une morsure infectée et d’un acte de violence des gardiennes.
Camarades de combat
Son action est liée à des figures locales de la Résistance comme Jean Bistési et Robert Blum, que l’histoire retient comme ses successeurs et associés au mouvement Combat en Isère .
Décorations
Elle reçoit à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 24 avril 1946, ainsi que une mention personnelle (relevée sur Wikipédia, sans confirmation dans les bases officielles).
Lieux de mémoire
Grenoble honore sa mémoire par une plaque au lycée Stendhal, à son ancien domicile, une avenue (Avenue Marie Reynoard), une école maternelle, une résidence étudiante, un espace dans l’éco‑quartier de Gières, ainsi qu’un lycée à Villard‑Bonnot. À Bastia, une école porte également son nom .
Références bibliographiques
- Marie Reynoard, Fernand Garnier, Presses universitaires de Grenoble, 1995 — Biographie académique consacrée à son parcours et son rôle dans la Résistance iséroise.
- Marie Reynoard, une femme dans la Résistance, Geneviève Vennereau, La Lettre, Patrimoine & Développement du Grand Grenoble, n° 56, juin 2016 Récit accessible présentant son engagement et sa légende locale.
Références Internet
- Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère – notice biographique complète, depuis son enfance jusqu’à son engagement et sa déportation Musées de l’Isère+3Mémoire et Espoirs de la Résistance+3Wikipédia+3.
- Site Wikipédia (français et anglais) – synthèse biographique, dates, engagement, arrestation, mort, décorations, lieux de mémoire (à croiser avec sources académiques) WikipédiaWikipédia.
- Musée Grenoble Patrimoine – notice patrimoniale soulignant son action à Grenoble grenoble-patrimoine.fr+2Unadif Fndir 38+2.