Le réseau Turma‑Vengeance est fondé dès janvier 1941 en zone occupée, à Paris, par les docteurs Victor Dupont (renseignement), Raymond Chanel (évasion) et François Wetterwald (action / corps francs Vengeance).
Actif dès 1944 dans les filières d’évasion de prisonniers et aviateurs alliés, le réseau fournit des renseignements, organise des sabotages, et forme des unités combattantes, notamment pour le débarquement en Normandie.
Héros, morts et bilan
- Victor Dupont et Wetterwald, chefs respectifs, arrêtés et déportés (Compiègne, Buchenwald), puis décorés après-guerre.
- Michel Bommelaer, chef de secteur à Paris, tué à Auschwitz après arrestation en avril 1944.
- Plus de 1 000 membres arrêtés, dont 793 déportés et 584 morts, victimes de fusillades, déportations ou exécutions sommaires.
Fin du réseau
Bien implanté jusqu’en 1944, Turma‑Vengeance souffre d’une vague d’arrestations post‑débarquement en Normandie (juin‑juillet). Ses structures de renseignement et évacuation sont affaiblies, et le réseau disparaît après la Libération, ses chefs ayant été éliminés ou neutralisés.
Monuments de mémoire
Stèle de la plage Bonaparte (Plouha)
Érigée en 1954, ce monument en granit rose porte les inscriptions rendant hommage aux réseaux d’évasion MI9, notamment Shelburn. Visible sur les falaises, il marque un haut lieu de mémoire des fuites vers la liberté.
Les réseaux, Shelburn et Turma‑Vengeance, incarnent deux formes complémentaires de la Résistance : exfiltration maritime pour sauver les pilotes alliés d’une part ; renseignement, sabotage et filières d’évasion internes d’autre part. Leur mémoire est préservée par des ouvrages spécialisés, des monuments locaux (plages, stèles) et des archives, témoignant de leur importance stratégique et humaine.
Références bibliographiques
François Wetterwald, “Vengeance : histoire d’un réseau de Résistance (1941-1944)”, Paris, Éditions France-Empire, 1950 Rédigé par l’un des fondateurs du réseau, l’ouvrage retrace la création de Turma Vengeance en janvier 1941 autour de Victor Dupont, Raymond Chanel et François Wetterwald. Il détaille les trois branches du réseau — renseignement, évasion et action — ainsi que son rôle dans l’appui aux aviateurs alliés, les sabotages et la formation de corps francs avant le débarquement.
Henri Noguères, “Histoire de la Résistance en France, Tome III : 1941-1942”, Paris, Robert Laffont, 1978 Ce volume évoque les réseaux nés précocement en zone occupée, dont Turma Vengeance. L’auteur analyse la structuration du réseau autour des docteurs Dupont, Chanel et Wetterwald, son double rôle dans le renseignement et les évasions, et les liens établis avec les services britanniques.
Olivier Wieviorka, “Une certaine idée de la Résistance : mouvements, réseaux et maquis”, Paris, Seuil, 1995 Bien que général, l’ouvrage accorde une place importante aux réseaux clandestins non communistes tels que Vengeance. Il montre comment Turma Vengeance développe ses filières d’évasion, son service renseignements et ses groupes francs engagés à l’approche du Débarquement.
Patrick Marnham, “La Résistance française : réseaux clandestins et services secrets 1940-1944”, Paris, Calmann-Lévy, 1993 (trad. fr.) L’auteur retrace la montée des réseaux spécialisés en renseignement, dont Turma Vengeance, et éclaire leurs méthodes de collecte, leurs liaisons radio avec Londres et l’intégration progressive dans les structures unifiées de la Résistance de 1943-1944.
Pierre Laborie, “Les Résistances : essai d’histoire globale”, Paris, Gallimard, 2011 Cet ouvrage propose une lecture sociologique et opérationnelle des différents réseaux. Il traite des structures clandestines vouées au renseignement, aux sabotages et à l’exfiltration d’alliés, offrant un cadre analytique permettant de situer l’action de Turma Vengeance et de comprendre son efficacité en 1944.
Références internet
Musée de la Résistance nationale – “Réseau Vengeance : organisation et missions” La page présente la fondation de Turma Vengeance en 1941, le rôle de ses trois fondateurs, la structuration en branches distinctes (renseignement, évasion, action) et les opérations réalisées en 1943-44, notamment la participation aux filières alliées.
https://museedelaresistanceenligne.org/ressource/404
Fondation de la Résistance – “Réseaux de renseignement : le cas Vengeance” L’article met en lumière l’activité de renseignement du réseau, ses liaisons avec les services britanniques, ses collectes d’informations en région parisienne et son rôle préalable au Débarquement.
https://www.fondationresistance.org/pages/reseaux/vengeance.htm
Chemins de Mémoire – “Turma Vengeance : un réseau précoce de la Résistance” Ce texte décrit la formation du réseau à Paris en janvier 1941, ses actions clandestines dans l’évasion d’aviateurs alliés, ainsi que ses opérations de sabotage et de corps francs à partir de 1943.
https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/turma-vengeance
Mémoire des Hommes – Fiches individuelles liées au réseau Vengeance La base recense plusieurs membres du réseau, dont Victor Dupont, Raymond Chanel et François Wetterwald, avec documents d’archives, décorations, avis d’exécution ou citations, offrant une documentation primaire précieuse.
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Mont-Valérien – Portraits de résistants : membres de Vengeance Le site propose des notices sur plusieurs résistants liés au réseau Turma Vengeance arrêtés ou exécutés, permettant de comprendre son implantation parisienne et son engagement dans l’action directe.
https://www.mont-valerien.fr/portraits
Gallica BnF – Dossiers sur le réseau Vengeance et rapports clandestins Le moteur de recherche de Gallica donne accès à des rapports allemands, dossiers de police, témoignages et documents administratifs relatifs au réseau, éclairant ses méthodes et son extension géographique.
https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&query=Vengeance%20r%C3%A9seau
Wikipédia – “Réseau Vengeance” La page offre une synthèse de la fondation du réseau, de sa structuration interne, de son rôle dans l’évasion d’alliés et des actions militaires menées par ses corps francs en 1944.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Vengeance
France Libre – “Les réseaux de renseignement en France occupée” Le dossier décrit la place de Turma Vengeance parmi les réseaux de renseignement et d’action opérant dès 1941 en zone occupée, avec ses spécificités médicales et ses filières d’exfiltration.
https://www.france-libre.net/reseaux-renseignement
INA – Documents audiovisuels sur les réseaux parisiens de 1941-43 Des archives filmées et sonores présentent le développement des premiers réseaux clandestins de Paris, dont Vengeance, et leurs liens avec les services alliés.
https://www.ina.fr/recherche?q=r%C3%A9seau+Vengeance
Musée du Débarquement – “Réseaux de Résistance et préparation du D-Day” Le site explique comment des réseaux comme Turma Vengeance transmirent des informations décisives sur les infrastructures ennemies, participèrent au sabotage des communications et fournirent un soutien logistique aux forces alliées en 1944.