(septembre 1943–juillet 1944),
Créé en 1941 en zone occupée par les docteurs Victor Dupont (renseignement), Raymond Chanel (évasion) et François Wetterwald (action), Turma‑Vengeance est un réseau apolitique et structuré autour de trois volets : renseignement, évasion et action (saboteurs/Cors Francs)
À l’automne 1943, les Corps francs SNCF forment des équipes spécialisées, parachèvent la formation de cadres à Cerisy-Belle-Étoile (Orne), et se coordonnent avec « Résistance-Fer » pour multiplier les sabotages autour de Paris–Aulnoye, Compiègne–Roye, voire sur réseaux PLM
Sabotages massifs (mars à juillet 1944)
- 15 mars 1944 : incendie de réservoirs de carburant, privant les forces d’occupation d’énergie.
- Multiplication des sabotages : dévissage de rails, insertion de sable/graviers, sabotage d’essieux, destruction de locomotives
- Exemple typique en juin 1944 : dépôt d’Ambérieu‑en‑Bugey, où 113 locomotives furent hors service, dont 52 sabordées en une nuit
Rôle dans le débarquement
- Turma‑Vengeance fournit renseignement, sabotage et unités de combat actives dès le 6 juin 1944, avec plus de 7 bataillons engagés, en soutien des Alliés
Tribut humain élevé
- Le réseau paie un lourd tribut : environ 600 morts, 979 arrestations, 793 déportés (dont 389 morts), 96 fusillés, 21 exécutés sous la torture
Héros, morts & conséquences
- Dr. Victor Dupont (renseignement) et Raymond Chanel (évasion) – tous deux arrêtés-déportés
- Dr. François Wetterwald alias « Bélier », chef des Corps francs, arrêté et déporté, auteur de Vengeance, histoire d’un Corps Franc (1947).
- Les sabotages perturbent gravement l’approvisionnement allemand, retardant renforts et ressources vers le front, et affaiblissant l’occupation.
Conséquences
Le réseau Turma‑Vengeance fut un acteur majeur de la lutte ferroviaire contre l’occupant nazi, combinant renseignement, évasion et sabotage de manière organisée et efficace.
Malgré un sacrifice humain immense (près de 600 morts, centaines de déportés), il reste aujourd’hui moins célébré que d’autres mouvements de Résistance. Cependant, monuments, archives et publications permettent aujourd’hui de redécouvrir cet engagement essentiel, notamment celui des cheminots, souvent invisibles mais essentiels au ralentissement de la logistique allemande.
Lieux de mémoire & monuments
- Monument au Père‑Lachaise (Paris) Un hommage collectif pour les résistants de Turma‑Vengeance y a été élevé après-guerre.
- Place des Martyrs de la Résistance, Avion (Pas‑de‑Calais) Monument inauguré le 7 mai 1972 en hommage aux cheminots fusillés, déportés ou internés ; rails tordus symbolisant le sabotage ferroviaire.
- Divers monuments SNCF, d’autes stèles existent à Chalon-sur-Saône, ou liées aux résistances cheminotes, rappelant centaines d’actes et engagements.
Références bibliographiques
François Wetterwald, “Vengeance : histoire d’un réseau de Résistance (1941-1944)”, Paris, Éditions France-Empire, 1950 Écrit par l’un des dirigeants de Turma Vengeance, l’ouvrage décrit avec précision l’organisation du réseau et ses actions armées. Il détaille de nombreux sabotages ferroviaires menés en région parisienne et dans le nord-ouest de la France, notamment les coupures de voies, destructions de relais téléphoniques de la SNCF, attaques nocturnes contre rails et aiguillages en préparation du Débarquement.
Henri Noguères, “Histoire de la Résistance en France, Tome IV : Juin 1943-Juin 1944”, Paris, Robert Laffont, 1980 L’auteur analyse l’explosion des actions de sabotage ferroviaire durant l’année 1944 et décrit l’implication croissante des réseaux spécialisés tels que Turma Vengeance. Il revient sur les corps francs du réseau, chargés de saboter voies, dépôts, pylônes de signalisation et trains allemands destinés au front de Normandie.
Olivier Wieviorka, “Une certaine idée de la Résistance : mouvements, réseaux et maquis”, Paris, Seuil, 1995 L’ouvrage traite des réseaux de renseignement et d’action en zone occupée, dont Vengeance. Il montre comment le réseau participa aux sabotages ferroviaires coordonnés avec Londres, ciblant lignes prioritaires, dépôts de locomotives, gares de triage et transports militaires allemands, surtout à l’approche de juin 1944.
Robert Gildea, “Fighters in the Shadows: A New History of the French Resistance”, Londres, Faber & Faber, 2015 L’auteur aborde la montée des opérations de sabotage ferroviaire menées par différents réseaux, dont ceux spécialisés dans l’action, et replace Turma Vengeance parmi les groupes mobilisés pour paralyser la logistique allemande. Il décrit les méthodes de sabotage et l’intégration de ces actions dans la stratégie alliée.
Patrick Marnham, “La Résistance française : réseaux clandestins et services secrets 1940-1944”, Paris, Calmann-Lévy, 1993 (trad. fr.) Le livre montre comment les réseaux d’action tels que Turma Vengeance participèrent à la campagne de sabotage du réseau ferré à l’échelle nationale. Il évoque les opérations menées pour couper liaisons, retarder renforts, saboter aiguillages et dynamiter lignes stratégiques.
Références internet
Musée de la Résistance nationale – “Le réseau Vengeance : opérations et missions” Cette ressource présente l’organisation du réseau Turma Vengeance et décrit ses opérations militaires de 1943-1944, incluant sabotages ferroviaires, coupures de lignes et actions directes menées par les corps francs liés au réseau, notamment en vue du Débarquement.
https://museedelaresistanceenligne.org/ressource/404
Fondation de la Résistance – “Réseaux d’action : sabotage et guérilla” Le site explique les actions armées des réseaux spécialisés et mentionne Turma Vengeance dans les opérations de sabotage ferroviaire coordonnées avec Londres. Il décrit les objectifs, techniques employées et difficultés rencontrées sur les lignes prioritaires.
https://www.fondationresistance.org/pages/reseaux/reseaux-action-sabotage
Chemins de Mémoire – “Les sabotages ferroviaires dans la Résistance” Cette page décrit le rôle des réseaux dans la destruction des infrastructures SNCF utilisées par l’occupant. Elle évoque les actions menées par les groupes francs affiliés à Vengeance, dont coupures de voies, explosifs, sabotage d’aiguillages et ralentissement des transports allemands.
https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/sabotages-ferroviaires
Mémoire des Hommes – Fiches sur les membres du réseau Vengeance Base biographique permettant de retrouver membres impliqués dans les actions ferroviaires de Turma Vengeance, avec dossiers, citations, témoignages et documents militaires faisant mention d’opérations de sabotage.
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Mont-Valérien – Documents sur les résistants du réseau Vengeance Le site contient des portraits de résistants fusillés issus de Turma Vengeance, dont certains étaient engagés dans des sabotages ferroviaires en 1943-44, éclairant le fonctionnement et les risques encourus par ces groupes d’action.
https://www.mont-valerien.fr/portraits
Gallica BnF – Rapports allemands et documents sur les sabotages ferroviaires Gallica donne accès à des rapports de la police allemande, dossiers de la SNCF, notes de la Résistance et documents relatifs aux destructions de voies et de trains où Turma Vengeance est mentionné pour ses actions.
https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&query=sabotage%20ferroviaire%20Resistance
Wikipédia – “Réseau Vengeance” La page décrit la structure du réseau, ses missions de renseignement et d’action, ainsi que son engagement dans les sabotages ferroviaires menés en vue de la paralysie des transports militaires allemands début 1944.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Vengeance
France Libre – “Les opérations de sabotage avant le Débarquement” Le site présente les sabotages coordonnés par les Alliés dans les mois précédant juin 1944 et cite les réseaux français impliqués, dont Vengeance, dans la destruction de voies et d’installations ferroviaires.
https://www.france-libre.net/sabotages-avant-debarquement
INA – Archives vidéo sur les sabotages ferroviaires L’INA propose des reportages retraçant les opérations de sabotage de diverses organisations clandestines, en particulier les groupes francs de réseaux comme Turma Vengeance engagés dans l’action armée.
https://www.ina.fr/recherche?q=sabotage+ferroviaire+resistance
SNCF Mémoire – “La SNCF sous l’Occupation : actes de sabotage” Le site officiel de la SNCF évoque les sabotages opérés par les réseaux de Résistance, incluant les groupes francophones urbains comme Turma Vengeance qui participèrent à la paralysie stratégique des trains militaires allemands.
https://www.sncf.com/fr/groupe/histoire/memoire/occupation