Le réseau Résistance-Fer fut l’un des plus importants réseaux de la Résistance intérieure française durant la Seconde Guerre mondiale. Composé essentiellement de cheminots, il joua un rôle déterminant dans le renseignement et le sabotage ferroviaire, contribuant ainsi à entraver les mouvements de l’armée allemande
Constitution et objectifs
Fondé début 1943 par Jean-Guy Bernard et Louis Armand, avec le soutien de cadres de la SNCF tels qu’Albert Guerville et Émile Plouviez, Résistance-Fer fut rapidement intégré aux Forces françaises combattantes. Le réseau avait pour missions principales
- La collecte et la transmission de renseignements sur les mouvements de troupes allemandes, notamment en estimant les effectifs ennemis à partir des convois ferroviaires
- Le sabotage des infrastructures ferroviaires pour perturber les déplacements de l’occupant
Le réseau joua un rôle clé dans la préparation du Plan Vert, visant à paralyser le réseau ferroviaire lors du débarquement allié en juin 1944
Actions et opérations
Les membres de Résistance-Fer menèrent de nombreuses actions de sabotage
Déraillements de trains militaires allemands.
- Destruction de voies ferrées, d’aiguillages et de matériels roulants.
- Transmission d’informations stratégiques aux Alliés, facilitant les opérations militaires.
Ces actions contribuèrent significativement à désorganiser la logistique allemande, notamment lors des offensives alliées
Héros et martyrs
Parmi les figures marquantes du réseau :
- Louis Armand : cofondateur du réseau, il en assuma la direction après l’arrestation de Jean-Guy Bernard en janvier 1944.
- Louis Lavignon : responsable du réseau pour la région Rhône-Alpes, arrêté le 17 mai 1944 et mort en déportation au camp de Neuengamme
De nombreux cheminots anonymes s’engagèrent également dans des actions périlleuses, souvent au prix de leur vie.
Lieux de mémoire
- Le réseau Résistance-Fer fut cité à l’ordre de l’armée par le général de Gaulle le 17 mai 1945, en reconnaissance de son rôle essentiel dans la lutte contre l’occupant .
- La locomotive SNCF CC 6572 fut décorée en 1976 de blasons commémoratifs Résistance-Fer et est aujourd’hui conservée au musée du Chemin de fer de Mulhouse
- Le film La Bataille du rail (1946) de René Clément rend hommage aux actions des cheminots résistants, en s’inspirant notamment des activités de Résistance-Fer.
Références bibliographiques
- Robert Mencherini, Les cheminots dans la Résistance : Le réseau Action-Fer dans le sud-est de la France, Éditions Tirésias, 2002.
- Georges Ribeill, Résistance-Fer, du « réseau » à l’association : une dynamique corporative intéressée ?, Revue d’histoire des chemins de fer, n°34, 2006. Disponible en ligne : https://journals.openedition.org/rhcf/534
- Amicale des Réseaux Action de la France Combattante, Les Réseaux action de la France combattante, Éditions Lavauzelle, 1986.
Références internet
- Wikipédia – Résistance-Fer : Présentation détaillée du réseau, de sa création à ses actions majeures. https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sistance-Fer
- Chemins de mémoire – La Résistance en action : Article sur les plans de sabotage, notamment le Plan Vert, en collaboration avec Résistance-Fer. Chemins de Mémoire+1Wikipédia, l’encyclopédie libre+1 https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-resistance-en-action
- VRID Mémorial – Le réseau Résistance-Fer : Témoignage de Jacques Rigaud, ancien membre du réseau, sur les actions de sabotage ferroviaire. vrid-memorial.com