La « nuit de Vénissieux », survenue du 28 au 29 août 1942, constitue l’une des plus remarquables opérations de sauvetage d’enfants juifs en France durant la Seconde Guerre mondiale.
Le 26 août 1942, à la demande des autorités allemandes, le régime de Vichy organise une rafle massive dans la région lyonnaise. Au total, 1 016 Juifs étrangers, dont 108 enfants, sont arrêtés et internés au camp de Vénissieux, situé dans la banlieue sud de Lyon. Ce camp, initialement destiné aux travailleurs étrangers, est alors utilisé comme centre de transit avant la déportation vers Drancy, puis Auschwitz.
Une mobilisation interconfessionnelle
Face à cette situation, une coalition d’organisations humanitaires et religieuses se mobilise rapidement. Parmi elles figurent :
- L’Œuvre de secours aux enfants (OSE)
- Les Éclaireurs israélites de France (EIF)
- L’Amitié chrétienne, dirigée par l’abbé Alexandre Glasberg
- La Cimade
- Le cardinal Gerlier, archevêque de Lyon
- Le pasteur Marc Boegner, président de la Fédération protestante de France
Ces acteurs mettent en place une commission de criblage visant à identifier les personnes pouvant être exemptées de déportation. Grâce à des documents falsifiés et à des pressions exercées sur les autorités, ils parviennent à soustraire 471 personnes, dont les 108 enfants, à la déportation.
La nuit du sauvetage
Dans la nuit du 28 au 29 août 1942, les 108 enfants sont exfiltrés du camp de Vénissieux. Cette opération, menée dans la clandestinité, repose sur la collaboration de nombreux bénévoles et résistants. Les enfants sont ensuite dispersés dans des familles d’accueil, des institutions religieuses ou des foyers, principalement en zone sud. Parmi les figures clés de cette opération figurent
- Germaine Ribière, membre de l’Amitié chrétienne
- Jean-Marie Soutou, résistant et membre de l’Amitié chrétienne
- Claude Gutmann, commissaire régional des Éclaireurs israélites de France
- Elisabeth Hirsch, assistante sociale
- Hélène Lévy, assistante sociale
Malheureusement, quatre enfants seront repris et déportés, tandis que neuf retrouveront leurs parents après la guerre.
Références bibliographiques
- Valérie Portheret, Vous n’aurez pas les enfants, XO Éditions, 2020
- Valérie Perthuis, Le sauvetage des enfants juifs du camp de Vénissieux : août 1942, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire, 1997
- Georges Garel, Le sauvetage des enfants juifs, Éditions Le Manuscrit, 2012.
- Vivette Samuel, Sauver les enfants, Liana Levi, 1995.
Références internet
- Le Monde – Le douloureux sauvetage des enfants juifs du camp de Vénissieux
Récit détaillé de la rafle et du sauvetage des enfants, avec témoignages et analyses historiques.
Lien : https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/08/27/le-douloureux-sauvetage-des-enfants-juifs-du-camp-de-venissieux_6050084_4500055.html - Times of Israel – L’incroyable sauvetage des enfants juifs du camp de Vénissieux
Présentation de l’ouvrage de Valérie Portheret et résumé de l’opération de sauvetage.
Lien : https://fr.timesofisrael.com/lincroyable-sauvetage-des-enfants-juifs-du-camp-de-venissieux/ - Expressions Vénissieux – Il y a 75 ans, le sauvetage des enfants juifs du camp de Vénissieux
Article commémoratif retraçant les événements et les acteurs impliqués dans le sauvetage.
Lien : https://www.expressions-venissieux.fr/2017-08-24-il-y-a-70-ans-le-sauvetage-de-tous-les-enfants-juifs-du-camp-de-venissieux/