La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le réseau Renard se constitue à Poitiers à l’été-automne 1940 autour de Louis RENARD, ancien officier de liaison franco-britannique, avec un objectif initial de propagande anti-vichyste via un journal clandestin, Le Libre Poitou, et de préparation d’une action au moment d’un débarquement allié.

Une liaison est attestée avec l’Armée des Volontaires à Paris en 1941.

Les adjoints de Renard identifiés par les sources sont notamment Louis TOUSSAINT, Gaston CHAPRON et Noël SORIN.

Pour Le Libre Poitou, les dates du premier numéro divergent selon les fonds consultés : 14 octobre 1940 (certaines notices et synthèses), ou 11 novembre 1940 (dossiers pédagogiques Fondation de la Résistance).

Le réseau fonctionne en noyaux poitevins fédérés par RENARD, avec une hiérarchie légère et des relais par professions et établissements (Université, lycées, clergé, monde judiciaire).

Il s’appuie sur une imprimerie et des dactylographies de fortune pour la presse clandestine, tient des listes de sympathisants à « mobiliser » le moment venu, et entretient des liaisons avec d’autres groupes régionaux.

Les sources mentionnent la tâche confiée au physicien Louis CARTAN de coder et dissimuler une liste d’une centaine de noms dans son laboratoire.

Les connexions extérieures identifiées par les dossiers et témoignages concernent l’Armée des Volontaires et, pour certains membres après 1942, des réseaux comme Vengeance et Alliance.

La principale action est la publication et la diffusion de la feuille clandestine Le Libre Poitou, active de 1940 jusqu’à l’été 1942.

Des numéros sont conservés à Gallica et dans des fonds spécialisés. Le réseau collecte et transmet aussi des renseignements locaux, aide des évadés et prépare des terrains d’accueil.

Une opération emblématique est la compilation de listes de cadres « modérés » en vue d’une action coordonnée au débarquement ; elle jouera un rôle dans l’enquête policière qui aboutit aux arrestations de 1942.

Les sources mentionnent des liaisons avec l’Armée des Volontaires et, pour divers membres après la chute du groupe en 1942, des réaffiliations temporaires vers Turma Vengeance ou Alliance. Ces trajectoires individuelles sont documentées dans les dossiers personnels et les notices biographiques.

Chefs et figures marquantes

  • Louis RENARD, chef du réseau, est arrêté en 1942, déporté, puis exécuté à Wolfenbüttel le 3 décembre 1943.
  • Louis TOUSSAINT, adjoint, est décapité le même jour.
  • Louis CARTAN, physicien, est également décapité à Wolfenbüttel le 3 décembre 1943.
  • Théodore LEFEBVRE, géographe et professeur, figure parmi les condamnés.
  • Aimé LAMBERT (Dom Lambert), moine bénédictin, est exécuté le 3 décembre 1943.
  • Jacques MOREAU,
  • Jacques LEVRAULT,
  • Clément PÉRUCHON
  • Paul PRÉAUX font partie des jeunes exécutés le 3 décembre 1943.

D’autres membres notables incluent

  • Charles BICHAT, commissaire de police, rattaché au réseau jusqu’à sa chute,
  • Daniel BONNIN, prêtre, arrêté dans le cadre du démantèlement et mort en déportation,
  • Gaston PRÉAUX,
  • Norbert PORTEJOIE,
  • Francis TEXIER
  • Henri AUROUX, dont plusieurs figurent parmi les survivants.

La répression frappe durement le réseau après son démantèlement en 1942. Le 3 décembre 1943, dix membres du réseau sont exécutés par décapitation à la prison de Wolfenbüttel (Allemagne) : Louis RENARD, Louis TOUSSAINT, Louis CARTAN, Théodore LEFEBVRE, Aimé LAMBERT, Jacques MOREAU, Jacques LEVRAULT, Clément PÉRUCHON, Paul PRÉAUX et Georges TURPIN. D’autres membres meurent en déportation, parmi lesquels Daniel BONNIN (prêtre, mort à Dachau en 1945), ainsi que plusieurs jeunes militants transférés vers les camps de Gross-Rosen, Dora ou Hinzert.

Survivants identifiés

Quelques résistants du réseau survivent à la déportation et aux prisons allemandes. Parmi eux figurent Henri AUROUX, Charles-Maurice GRILLAS, Pierre KÉDINGER, Norbert PORTEJOIE et Francis TEXIER, transférés de Wolfenbüttel vers d’autres prisons (notamment Brandenburg-Görden) et libérés en 1945.

Ces survivants ont contribué à la mémoire du groupe après-guerre par leurs témoignages et engagements.

Le réseau est démantelé entre août et octobre 1942 après l’interception à la Poste de Niort d’instructions clandestines. Les premières arrestations frappent Poitiers puis s’étendent ; des dossiers « NN » mènent au convoi du 18 février 1943. L’explosion répressive et les déportations entraînent la disparition opérationnelle du réseau à la fin de 1942.

Conséquences et mémoire

L’impact principal du réseau tient à l’animation de la presse clandestine régionale dès 1940 et à la structuration d’un vivier gaulliste en Poitou ; la répression est sévère, avec décapitations, morts en camps et transferts NN.

La mémoire du groupe est entretenue localement par le VRID, par des expositions et plaques, et par un monument dédié aux « 52 agents » au cimetière Chilvert à Poitiers ; l’exécution de Wolfenbüttel a fait l’objet d’un travail mémoriel spécifique.

La conservation des numéros du Libre Poitou à la BnF et les publications scientifiques récentes ont consolidé cette mémoire.

Références bibliographiques

  • La Chute du réseau Renard. Poitiers 1942 : le S.S., le préfet et le résistant – Jean-Henri Calmon, Geste éditions, 2013. Cet ouvrage est l’étude la plus documentée consacrée au démantèlement du réseau Renard à l’été 1942. L’auteur s’appuie sur des archives françaises et allemandes pour reconstituer la genèse du réseau dans le Poitou, l’enquête policière, les arrestations massives et le procès « Nacht und Nebel » qui aboutit à l’exécution de dix membres à Wolfenbüttel. Il présente également des annexes nominatives (listes des membres, itinéraires de déportation).
  • Jusqu’au bout de la Résistance – Bernard Filaire, Stock, 1997. Plus large dans son ambition, ce livre rassemble des témoignages et des analyses sur la Résistance non communiste et la déportation en France. Il comporte des sections utiles pour contextualiser les réseaux de Résistance du Centre-Ouest, évoque le statut « NN » (Nacht und Nebel) et cite l’affaire Renard dans le cadre de la répression allemande et vichyste.
  • Pour la France : Poitiers, cellule 29 – Marc Texier, Imprimerie Marc Texier, 1946. Témoignage d’un des membres du réseau Renard (cellule “29”), ce livre relate les arrestations, l’internement et les conditions de détention, jusqu’à la prison de Wolfenbüttel. Cet ouvrage présente un éclairage de première main, précieux pour la reconstitution du vécu des résistants du réseau.
  • Souvenirs de déportation (1943-1945) – Raymond Marot, manuscrit conservé aux Archives départementales de la Vienne (cote 1 J 1530). Marot, membre du réseau Renard, relate ses souvenirs personnels de la déportation — de l’arrestation avec le convoi du 18 février 1943, en passant par le transit par Hinzert, jusqu’à sa libération en 1945. Ce manuscrit constitue un témoignage direct essentiel.
  • Mort d’un collabo – 13 mai 1943 – Gilles Antonowicz, Nicolas Eybalin Éditions, 2013. Bien que centré sur un autre épisode, l’ouvrage inclut des chapitres sur l’affaire Renard, en s’appuyant sur des archives de la Vienne et des Archives nationales. Il met en perspective les rôles complexes de policiers, collaborateurs ou résistants dans la région.

Références internet

  • FranceArchives – « Louis Renard (1893-1943) ». Notice d’inventaire issue des Archives départementales de la Vienne. Elle détaille la carrière de Louis Renard, les activités de son réseau, ainsi que les arrestations de 1942. Le document fournit également des informations sur le procès et le sort des 29 résistants déportés.

https://francearchives.gouv.fr/findingaid/06309ed4fd99e1d0945a7166dffdd806c6c0e215

  • VRID – « Le réseau Louis Renard : historique ». Article rédigé par le VRID retraçant la création et l’évolution du réseau Renard dès août 1940. Il décrit la parution clandestine du Libre Poitou, les actions menées, l’ampleur de la répression et les arrestations de 1942 qui déciment le groupe.: https://www.vrid-memorial.com/le-reseau-louis-renard-historique/
  • MVR – Groupe des « vingt-neuf déportés de Poitiers ». Page consacrée aux 29 résistants arrêtés dans le cadre du réseau Renard. Elle présente leurs parcours, les conditions de leur arrestation, leur déportation sous statut « Nacht und Nebel », ainsi que le souvenir entretenu par leurs familles et associations mémorielles. https://mvr.asso.fr/groupe-des-vingt-neuf-deportes-de-poitiers/
  • Fusillés-Maitron – Wolfenbüttel, 3 décembre 1943. Notice du Dictionnaire des fusillés, guillotinés, exécutés et massacrés 1940–1944. Elle relate l’exécution de dix résistants du réseau Renard à Wolfenbüttel (Basse-Saxe, Allemagne) après leur condamnation en tant que « NN » (Nacht und Nebel). Une ressource essentielle pour comprendre la répression nazie.: https://fusilles-40-44.maitron.fr/wolfenbuttel-basse-saxe-allemagne-3-decembre-1943-execution-de-10-resistants-du-reseau-renard/
  • Wikipédia – Louis Renard (réseau). Article de synthèse consacré au réseau Renard. Il présente l’organisation du groupe, son rôle dans la Résistance à Poitiers et dans le Poitou, les circonstances de son démantèlement et le destin tragique de ses membres. Utile comme base, à compléter par les ressources spécialisées.: https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Renard_%28r%C3%A9seau%29

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024