La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le nom « Radio-Patrie » renvoie, selon les sources, à des réalités distinctes pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui impose une vigilance terminologique.

D’une part, « Radio-Patrie » désigne un mouvement de Résistance intérieure associé à Pierre GUILLAIN DE BÉNOUVILLE, mentionné comme « fondateur du mouvement Radio-Patrie » dans une notice mémorielle et dont l’absorption au début de 1943 dans les Mouvements unis de Résistance est explicitement indiquée dans une notice biographique officielle.

 D’autre part, « Radio-Patrie » désigne aussi un « poste noir » (émissions radiophoniques clandestines opérées depuis l’Angleterre) lancé à l’automne 1942, attesté par une ressource institutionnelle du ministère des Armées.

Enfin, « Radio-Patrie » apparaît comme appellation locale ou alias d’un circuit SOE (Section F, « Buckmaster ») dans le Jura, connu aussi sous les noms « Scholar » et « Lucien-Mesnard », attesté dans des notices Maitron et dans des ressources mémorielles en ligne.

L’existence du terme dans les instruments de recherche archivistiques du Service historique de la Défense est confirmée par des notices de fonds explicitement intitulées « Radio Patrie » et « Radio-Patrie (organisation Carte) ».

La fiche ci-dessous emploie donc « Réseau Radio-Patrie » au sens attesté par les sources pour désigner un ensemble d’usages résistants du nom, en distinguant clairement le mouvement, la dimension radiophonique (« poste noir ») et l’alias de circuit SOE afin d’éviter toute confusion.

Création du réseau

Pour le mouvement « Radio-Patrie », l’attribution de la fondation à Pierre GUILLAIN DE BÉNOUVILLE est explicitement mentionnée dans une notice mémorielle, tandis qu’une notice officielle précise qu’au début de 1943, « Radio-Patrie » fusionne avec Combat, Libération et Franc-Tireur au sein des MUR.

Pour la dimension radiophonique, « Radio-Patrie » est décrite comme un « poste noir » lancé en octobre 1942 depuis l’Angleterre. Pour l’usage « réseau/circuit » en Franche-Comté (Jura), les sources convergent sur un noyau antérieur localement appelé « Radio-Patrie » et sur une structuration au printemps 1944 autour du circuit SOE « Scholar », avec l’arrivée d’un agent-organisateur et d’une opératrice radio (noms de guerre indiqués dans les sources).

Organisation interne

Pour le mouvement associé à Pierre GUILLAIN DE BÉNOUVILLE, les sources disponibles consultées ici documentent surtout son existence et sa fusion dans un ensemble plus vaste (MUR), sans détailler de manière homogène une organisation interne nationale unique dans les notices exploitées.

Pour l’alias « Radio-Patrie » du Jura, l’organisation se comprend comme une déclinaison locale d’un circuit SOE (Section F) connu sous plusieurs noms (Scholar, Lucien-Mesnard, Radio-Patrie), avec des responsables et des groupes identifiés par notices individuelles.

L’existence de dossiers dédiés au SHD, dont un ensemble daté 1942-1943 explicitement rattaché à « Radio-Patrie (organisation Carte) », atteste en outre une formalisation administrative et un suivi postérieur par les services français, sans que ces instruments de recherche, à eux seuls, suffisent à décrire la hiérarchie opérationnelle.

Actions menées pendant la Résistance

Pour le secteur jurassien rattaché au circuit SOE connu localement comme « Radio-Patrie », des actions centrées sur la réception et l’organisation de parachutages d’armes sont documentées, notamment l’opération dite « Zebra » à la fin juin 1944, ainsi que les événements du « pavillon/maison des Orphelins » à Dole le 26 juin 1944.

La présence de plaques commémoratives à Dole associant explicitement ce drame au « réseau Buckmaster Radio-Patrie (ou Lucien Mesnard) » constitue un élément matériel de mémoire corroborant l’existence locale de cette appellation et l’ancrage de l’événement dans l’espace public.

Les notices nominatives consultées relient plusieurs acteurs à ce cadre (réseau Radio-Patrie, ou réseau Buckmaster Lucien-Mesnard/Radio Patrie) et décrivent leur implication dans des parachutages, l’hébergement d’agents et des fonctions de responsabilité locale.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le mouvement « Radio-Patrie » est donné comme intégré au début de 1943 dans les MUR aux côtés de Combat, Libération et Franc-Tireur, ce qui constitue un lien organisationnel majeur avec d’autres mouvements structurants de la Résistance intérieure.

L’appellation « Radio-Patrie » se retrouve également associée, selon les contextes, au réseau Carte et à des opérations de propagande radiophonique en lien avec les services britanniques, comme l’attestent des ressources historiques et des instruments de recherche archivistiques. Dans le Jura, « Radio-Patrie » est documenté comme alias d’un circuit SOE (Section F, « Buckmaster »), ce qui établit un lien direct avec les services alliés.

Chefs et figures marquantes

Pierre GUILLAIN DE BÉNOUVILLE est identifié comme fondateur du mouvement Radio-Patrie et figure ensuite dans les structures unifiées (MUR) selon une notice officielle ; sa trajectoire est donc une référence centrale pour l’acception « mouvement ». Pour l’acception « circuit SOE Jura »,

Jean NICOLE est présenté comme chef de groupe et rattaché à un ensemble connu sous plusieurs noms, dont Radio-Patrie, avec mention de l’attaque du 26 juin 1944 au pavillon des Orphelins.

Maurice ARBEZ est documenté comme responsable local du réseau Buckmaster Lucien Mesnard (Radio Patrie) et agent de renseignement P2, participant à des parachutages en 1943.

Gonzague de SAINT-GENIÈS est identifié dans une ressource mémorielle comme chef de circuit SOE « Scholar » dans la région de Dole-Jura au printemps 1944.

Yvonne BASEDEN est documentée comme opératrice radio associée à ce cadre dans les sources mémorielles consultées, mais les éléments biographiques détaillés n’ont pas été repris ici au-delà de ce que les notices résistantes et recoupements cités permettent d’affirmer sans ambiguïté.

Victimes / morts

Les sources consultées mentionnent des résistants arrêtés à Dole le 26 juin 1944, ainsi que le suicide au cyanure d’un agent lors de l’assaut dans des récits de synthèse mémoriels ; l’identification nominative de certaines victimes est disponible via notices individuelles, dont celles relatives aux membres du circuit SOE et aux exécutés/morts.

Arthur FRIEDMANN est documenté comme membre d’un réseau Buckmaster et mort suicidé en juin 1944, ce qui l’inscrit dans la thématique des pertes liées aux circuits SOE, sans que la notice consultée n’établisse, dans l’extrait exploitable ici, un rattachement exclusif et univoque à l’appellation « Radio-Patrie » du Jura.

Survivants identifiés

Plusieurs survivants sont identifiés par notices nominatives liées au groupe de Dole et à l’épisode du 26 juin 1944, notamment Frédéric MAYOR, présenté comme ayant échappé à l’arrestation lors de l’encerclement du site, et d’autres membres dont les parcours d’arrestation, de déportation ou de retour sont détaillés dans les ressources mémorielles consultées.

Les notices consultées ne permettent pas, dans le cadre strict de cette fiche, d’établir une liste exhaustive et fermée des survivants du « réseau Radio-Patrie », le terme recouvrant plusieurs réalités et certains rattachements étant localement fluctuants (alias Scholar/Lucien-Mesnard/Radio-Patrie).

Fin du réseau

Pour l’acception « mouvement » associée à Pierre GUILLAIN DE BÉNOUVILLE, la disparition organisationnelle est attestée sous la forme d’une fusion au début de 1943 au sein des MUR.

Pour l’acception « circuit/alias SOE Jura », la fin opérationnelle est liée à la répression allemande et à l’assaut du 26 juin 1944 au site de Dole, épisode documenté par notices nominatives et par mémoire matérielle (plaques).

Conséquences et mémoire

La mémoire du volet jurassien est matérialisée par des plaques commémoratives à Dole, explicitement associées au drame du 26 juin 1944 et au « réseau Buckmaster Radio-Patrie (ou Lucien Mesnard) », ce qui constitue une trace mémorielle localisée et datée.

La documentation nominative (notices de personnes) maintient la mémoire par l’identification des acteurs, de leurs fonctions et de leurs destins (arrestation, déportation, responsabilités).

Pour la dimension radiophonique, les ressources institutionnelles replacent « Radio-Patrie » dans l’histoire de la guerre des ondes et des émissions clandestines, avec des changements d’appellation et de contrôle évoqués dans la documentation consultée.

Un risque de confusion doit être signalé avec une station de propagande collaborationniste de 1945 également nommée « Radio Patrie », attestée dans des travaux historiques, qui n’a pas de continuité organisationnelle avec les réalités résistantes décrites ci-dessus et ne doit pas être mêlée aux réseaux de Résistance portant ce nom.

Références bibliographiques

Dictionnaire historique de la Résistance : résistance intérieure et France libre François MARCOT (dir.), Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006. Ouvrage de référence rassemblant des entrées thématiques et organisationnelles ; le plan de l’ouvrage atteste l’existence d’une entrée « Radio-Patrie » et permet d’inscrire le terme dans une typologie stabilisée des notions de la Résistance et de la France libre, utile pour départager les acceptions et éviter les contresens terminologiques.

Ici Londres : les voix de la liberté, 1940-1944 Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, La Documentation française, 1975. Ensemble documentaire et historique sur la radiodiffusion de guerre et la propagande vers la France ; utile pour contextualiser « Radio-Patrie » dans la guerre des ondes et comprendre la place des émissions clandestines dans la chronologie 1942-1944, sans confondre émission et réseau local.

Des Anglais dans la Résistance : le service secret britannique d’action (SOE) en France, 1940-1944 Michael R. D. FOOT, avant-propos et notes de Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, Tallandier, 2008. Synthèse fondée sur archives sur l’action du SOE en France ; apporte un cadre général sur les circuits de la Section F (« Buckmaster »), indispensable pour replacer des appellations locales telles que Scholar/Lucien-Mesnard/Radio-Patrie dans l’organisation alliée, et pour distinguer ce qui relève d’un circuit SOE de ce qui relève d’un mouvement intérieur français.

Le réseau Carte : histoire d’un réseau de la Résistance antiallemand, antigaulliste, anticommuniste et anti collaborationniste Thomas RABINO, Perrin, 2008. Étude d’ensemble sur le réseau Carte et ses rapports avec les Britanniques ; utile pour documenter l’arrière-plan des liens entre « réseau Carte » et l’affaire « Radio-Patrie » (au sens d’outils/initiatives britanniques et de terminologie associée), et pour comprendre pourquoi certaines sources emploient l’un ou l’autre terme dans des contextes proches.

Références internet

Ordre de la Libération. Notice biographique officielle de Pierre de BÉNOUVILLE, comprenant la mention de la fusion de Radio-Patrie au début de 1943 au sein des MUR. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-benouville-de

Musée de la Résistance en ligne. Notice « Pierre GUILLAIN DE BENOUVILLE » mentionnant explicitement la fondation du mouvement Radio-Patrie et des éléments de parcours résistants. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=40025

Chemins de mémoire (ministère des Armées). Article de synthèse sur Radio Londres mentionnant le « poste noir » Radio Patrie lancé en octobre 1942, utile pour distinguer la radio clandestine du réseau/circuit. https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/revue/radio-londres-une-arme-de-guerre

Service historique de la Défense. Instrument de recherche « Radio Patrie : bulletins d’informations, rapports d’activités, notes… », confirmant l’existence d’un ensemble archivistique dédié. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/36012

Service historique de la Défense. Instrument de recherche « Radio-Patrie (organisation Carte) : rapport, comptes rendus d’interrogatoires, notes, compte rendu d’écoutes radiophoniques (1942-1943) », utile pour documenter l’usage du terme dans le contexte Carte. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35889

Maitron (Le Maitron / Maitron Résistance). Notice « NICOLE Jean » indiquant que le réseau SOE du Jura est connu sous plusieurs noms, dont Scholar, Louis-Mesnard et Radio-Patrie, et mentionnant l’épisode de Dole le 26 juin 1944. https://maitron.fr/nicole-jean/

Maitron (Le Maitron / Maitron Résistance). Notice « NOAT Julien, Louis » indiquant une appartenance au réseau Radio-Patrie, utile pour attester l’usage du terme dans des parcours individuels. https://maitron.fr/noat-julien-louis/

Musée de la Résistance en ligne. Ressource « Plaques du réseau Buckmaster. “Les Orphelins”, Dole (Jura) », décrivant l’objet mémoriel et l’associant explicitement au « réseau Buckmaster Radio-Patrie (ou Lucien Mesnard) » et au drame du 26 juin 1944. https://museedelaresistanceenligne.org/media10562-Plaques-du-rseau-Buckmaster-Les-Orphelins-Dole-Jura

Mémoire Vive de la Résistance (site mémoriel). Page « Réseau Scholar » expliquant la mise en place dans le Jura au printemps 1944 sur un noyau antérieur connu localement comme « Radio-Patrie » et « Lucien-Mesnard ». https://mvr.asso.fr/reseau-scholar/

Mémoire Vive de la Résistance (site mémoriel). Page « Maison des Orphelins » contextualisant l’opération Zebra et le regroupement de l’état-major à Dole, utile pour la chronologie locale fin juin 1944. https://mvr.asso.fr/maison-des-orphelins/

Sources consultées Date de vérification : 24 février 2026. Maitron Résistance : notices nominatives consultées (exemples relevés : Jean NICOLE, Julien NOAT, Paul GENIET) confirmant l’usage du terme « Radio-Patrie » dans des parcours individuels et, pour le Jura, la pluralité d’appellations Scholar/Lucien-Mesnard/Radio-Patrie ; limites constatées : absence d’une notice unique et synthétique « Réseau Radio-Patrie » couvrant toutes les acceptions. Musée de la Résistance en ligne : notices et objets mémoriels consultés (personne Pierre GUILLAIN DE BENOUVILLE ; plaques de Dole) apportant une attestation mémorielle explicite de la fondation du mouvement et une preuve matérielle de la mémoire locale du réseau Buckmaster Radio-Patrie ; limites : documentation variable selon les personnes et les lieux. Fondation de la Résistance : documents PDF consultés mentionnant Radio-Patrie dans le cadre de la propagande radiophonique et renvoyant au Dictionnaire historique de la Résistance ; limites : documents pédagogiques de contextualisation, non des dossiers monographiques sur un réseau précis. Mémoire des Hommes : base prévue dans le protocole, mais aucune page de résultat nominatif directement exploitable n’a été isolée ici uniquement par interrogation web ; la base est cependant citée comme point de vérification croisée dans des ressources mémorielles consultées, ce qui ne remplace pas une consultation ciblée nominative au cas par cas. Ordre de la Libération : notice officielle consultée pour la fusion de Radio-Patrie dans les MUR au début de 1943, élément structurant pour l’acception « mouvement ». Gallica (BnF) : recherches par requêtes effectuées sur l’appellation « Radio-Patrie » ; aucun document de Gallica n’a été retenu ici comme source directe et spécifique au réseau en raison de résultats non suffisamment discriminants au regard des homonymies. Service historique de la Défense (SHD) : instruments de recherche consultés attestant des ensembles archivistiques intitulés « Radio Patrie » et « Radio-Patrie (organisation Carte) » ; observation : ces notices confirment l’existence de dossiers mais nécessitent une consultation en salle ou un examen détaillé des cotes pour établir une synthèse opérationnelle exhaustive. Chemins de mémoire (ministère des Armées) : ressource consultée pour l’identification de « Radio Patrie » comme « poste noir » dès octobre 1942 ; observation : utile pour la distinction radio/réseau. Wikipédia : consultée uniquement en appoint (exemples : Yvonne BASEDEN, Gonzague de SAINT-GENIÈS) ; observation : informations non reprises comme faits structurants sans recoupement explicite avec des bases mémorielles/archivistiques citées, compte tenu des exigences de vérification. Sources associatives locales : consultées à titre de contexte (ex. sites mémoriels Jura/Ain) ; observation : utilisées ici principalement pour orienter les recoupements et signaler des chronologies locales, mais les faits centraux ont été appuyés en priorité sur Maitron,

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