(secteur Arles-Tarascon et moitié sud de la France)
L’existence d’un réseau de Résistance nommé « Nana » est attestée par des sources mémorielles et archivistiques convergentes. Le réseau apparaît comme réseau de renseignements rattaché à l’OSS (Office of Strategic Services) dans une liste de cotes de réseaux FFC mentionnant explicitement « GR 17 P 175. NANA. OSS » au Service historique de la Défense.
Le réseau est également documenté par des notices et documents du Musée de la Résistance en ligne (AERI/Fondation de la Résistance) à propos d’agents identifiés comme « agent P1 du réseau Nana » et décrivant leurs missions. Le nom est utilisé sous la forme « Nana » et « NANA » selon les ressources, sans que cela corresponde à deux structures distinctes ; aucune variante orthographique stabilisée n’a été trouvée au-delà de la casse. Une divergence existe toutefois sur la datation et la filiation du « Nana » du secteur Arles-Tarascon (voir plus bas), ce qui impose de distinguer les informations solidement recoupées de celles rapportées par une seule source.
Création du réseau
Pour l’ensemble du réseau Nana présenté comme réseau de renseignements, une source mémorielle locale spécialisée (BPSGM, travail de Claude LAHARIE) indique une création en juin 1943 par l’OSS américaine, à la suite de l’intervention de Marguerite de Gramont dite Margot, et un fonctionnement de juin 1943 jusqu’à la Libération.
Selon cette même source, le champ d’action couvre « la moitié sud de la France », avec une organisation en huit secteurs autonomes, et une chaîne de transmission des renseignements via Madrid avant Londres.
Pour le secteur Arles-Tarascon, une association mémorielle des Bouches-du-Rhône (Mémoire Vive de la Résistance) attribue la création « à partir de décembre 1942 » au chef de bataillon puis colonel Berrurier, issu de l’Armée d’armistice, et décrit ensuite un passage sous la DGER d’Alger après l’arrestation de ce dernier ; cette chronologie et cette filiation (ORA 9 puis DGER) ne sont pas recoupées, dans l’état des recherches ici, par une notice archivistique ou mémorielle nationale consultée, et doivent donc être considérées comme établies par cette seule source à ce stade.
En revanche, l’entrée en Résistance de Julien CHAVOUTIER à Arles en décembre 1942, son recrutement par le colonel Berrurier via un intermédiaire à Tarascon, et son statut d’agent P1 d’un réseau appelé « Nana » sont décrits dans une ressource du Musée de la Résistance en ligne, ce qui confirme l’usage du nom « Nana » dans le pays d’Arles dès cette période.
Organisation interne
La description la plus structurée de l’architecture générale présente Nana comme un réseau de renseignements divisé en huit secteurs autonomes sur la moitié sud de la France, avec circulation des informations via Madrid avant transmission à Londres, ce qui correspond à un schéma de renseignement interallié.
Dans les Basses-Pyrénées, la même source précise des commandements de secteurs (Bordeaux-Bayonne ; Toulouse-Pau), l’existence d’un PC à Pau et d’une « boîte centrale du courrier », ce qui illustre une organisation par secteurs, relais et boîtes aux lettres clandestines.
Pour le secteur Arles-Tarascon, une notice du Musée de la Résistance en ligne indique que Julien CHAVOUTIER opère sous pseudonyme (« Vincent ») et conserve, par l’intermédiaire du colonel Berrurier, des liens avec des cadres militaires pour le renseignement, ce qui renvoie à une articulation entre couverture professionnelle, collecte et transmission.
Sur le plan archivistique, l’existence d’un dossier de réseau FFC au SHD sous la cote GR 17 P 175 « NANA » rattachée à l’OSS constitue un point d’ancrage pour une vérification en archives des organigrammes, états d’agents (P0, P1, P2) et circuits de correspondance, sans que le contenu du dossier ait été exploité ici.
Actions menées pendant la Résistance
Dans le pays d’Arles, la notice consacrée à Julien CHAVOUTIER décrit des missions de sabotage et de ralentissement de la production dans le cadre de travaux de défense côtière, ainsi que la collecte et la transmission de renseignements militaires (plans d’ouvrages, emplacements, effectifs, armement, postes de commandement et centraux téléphoniques) sur le secteur allant de Port-Saint-Louis-du-Rhône à Port-de-Bouc.
La même ressource relie son activité clandestine aux combats de la libération d’Arles, en indiquant qu’il est nommé chef militaire FFI le 6 février 1944 et qu’il dirige les combats des 22, 23 et 24 août 1944.
Une source mémorielle associative (Mémoire Vive de la Résistance) attribue au réseau du secteur Arles-Tarascon, à partir de mai 1944, des sabotages ciblés (réseaux électriques, usine, tentative sur un pont) et mentionne des préparatifs de maquis et un parachutage en décembre 1943 ; ces éléments, riches en détails, n’ont pas été retrouvés tels quels dans les bases nationales ou notices consultées ici, et doivent donc être considérés comme rapportés par cette source unique à ce stade.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le rattachement à l’OSS est explicitement posé à la fois par une ressource de synthèse sur Nana et par l’identification archivistique « NANA. OSS » dans l’outillage de côtes. Dans les Basses-Pyrénées, la structuration en secteurs et l’acheminement via Madrid s’inscrivent dans une logique interalliée de renseignement. Dans le pays d’Arles, la notice sur Julien CHAVOUTIER souligne l’articulation avec les FFI (nomination au commandement FFI local) et l’inscription de l’action dans la phase insurrectionnelle de la Libération.
Chefs et figures marquantes
Julien CHAVOUTIER est identifié comme agent P1 du réseau Nana sous le pseudonyme « Vincent » et comme chef militaire FFI à partir du 6 février 1944, impliqué au premier plan dans la libération d’Arles (22-24 août 1944).
Georges BACQUERISSE est donné comme commandant du secteur Bordeaux-Bayonne, assisté du Dr Edmond SPERABER, dans le cadre du réseau Nana dans les Basses-Pyrénées.
Jean HAURIE est donné comme commandant du secteur Toulouse-Pau, assisté de Jean CHAUBET.
Gaston BERDANCE est signalé comme point d’appui à Pau, la « boîte centrale du courrier » étant installée à son domicile, et son arrestation (janvier 1944) suivie d’une déportation à Neuengamme est mentionnée.
Jean CHAUBET apparaît aussi dans une notice du Maitron comme agent P2 du réseau Nana, ce qui confirme son appartenance au réseau au-delà de la seule source locale.
Victimes / morts
Gaston BERDANCE est explicitement mentionné comme arrêté en janvier 1944 et déporté à Neuengamme dans une synthèse dédiée au réseau Nana dans les Basses-Pyrénées.
Pour le secteur Arles-Tarascon, l’arrestation du colonel Berrurier et son décès en déportation sont rapportés par une source associative locale, mais n’ont pas été recoupés ici par une notice officielle consultée ; en conséquence, ces éléments ne peuvent être considérés comme pleinement vérifiés dans cette fiche sans confrontation à une base nominative (Mémoire des Hommes, SHD nominatif, etc.) ou au dossier GR 17 P 175.
Survivants identifiés
Julien CHAVOUTIER est présenté comme survivant, décoré (médaille militaire, croix de guerre, Légion d’honneur) et acteur reconnu de la mémoire locale, la ressource indiquant également qu’une caserne a porté son nom.
Des agents du réseau cités pour les Basses-Pyrénées (par exemple Joseph ABEBERRY, François BALARD, Dominique DARRICAU, Georges DELORD, Jean-Paul GELOS, Raymonde GELOS, Adrien LAHOURCADE, Paul LAZARI, Estafana OYARZABAL) sont nommés comme « principaux agents » sans que leur sort individuel soit précisé dans la source consultée ; leur statut de survivant ne peut donc pas être déduit ni affirmé ici.
Fin du réseau
La synthèse BPSGM indique un fonctionnement « de juin 1943 à la Libération », ce qui situe la fin opérationnelle dans la phase de Libération du territoire, sans préciser de date de dissolution ni de modalités administratives (absorption, démobilisation, homologation).
L’existence d’un dossier de réseau FFC au SHD (GR 17 P 175) implique une procédure d’enregistrement/homologation et ouvre la possibilité d’identifier, en archives, les circonstances de clôture administrative du réseau après 1944-1945, sans que cela soit documenté ici.
Conséquences et mémoire
Dans le pays d’Arles, la mémoire du réseau Nana est liée à la figure de Julien CHAVOUTIER et à son rôle dans les combats de libération d’août 1944, mis en avant par une ressource du Musée de la Résistance en ligne et par une publication d’association patrimoniale arlésienne qui cite explicitement l’existence d’un « réseau NANA » dont il est donné comme responsable.
Dans les Basses-Pyrénées, la mémoire du réseau est structurée par une documentation associative (BPSGM) qui établit secteurs, cadres, boîtes aux lettres et liste d’agents, et signale au moins un cas de répression aboutissant à la déportation (Gaston BERDANCE).
Le socle mémoriel et archivistique le plus solide pour une consolidation de l’histoire du réseau reste la consultation directe des dossiers de réseaux FFC du SHD (GR 17 P), explicitement repérés pour « NANA. OSS », et des notices nominatives (AERI/Musée de la Résistance en ligne, Maitron) permettant de recouper statuts P1/P2, secteurs et parcours.
Références bibliographiques
Les réseaux de résistance dans les Basses-Pyrénées Claude LAHARIE, dans La Résistance dans le Sud-Ouest au regard d’autres espaces européens (1940 à nos jours), Éditions Cairn, Pau, 2016. Référence signalée comme apportant une analyse détaillée de la création, de l’architecture, des actions et des acteurs du réseau Nana, utile pour replacer l’organisation en secteurs et les circuits de renseignement dans le Sud-Ouest.
Aide-mémoire des années sombres Jean CROUZET, Atlantica, Biarritz, 2006. Ouvrage cité dans une bibliographie dédiée au réseau Nana dans les Basses-Pyrénées ; il est présenté comme ressource de mémoire locale sur la période, susceptible d’apporter des éléments contextuels et des repères sur les réseaux et acteurs du département.
Regards sur la deuxième guerre mondiale en Pays Basque Mixel ESTEBAN, Elkar, Bayonne, 2007. Ouvrage cité dans la bibliographie associée au réseau Nana dans les Basses-Pyrénées ; il est présenté comme ressource sur la Seconde Guerre mondiale en Pays basque pouvant éclairer les environnements de réseau, de passage et de renseignement dans l’espace frontalier.
La Résistance à Arles, 1940-1944 Nicolas KOUKAS, mémoire de maîtrise, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, 1997. Référence associée à une ressource du Musée de la Résistance en ligne sur Julien CHAVOUTIER ; ce travail universitaire est signalé comme support pour l’histoire locale de la Résistance à Arles, incluant la période d’activité du réseau Nana sur le secteur.
Rues d’Arles qui êtes-vous ? Annie TULOUP-SMITH, éditions Les Amis du Vieil Arles, 2001. Référence associée à la même ressource ; l’ouvrage est présenté comme participant à la mémoire locale et aux biographies/repères arlésiens, utile pour contextualiser des figures de la Résistance à Arles dont Julien CHAVOUTIER.
Références internet
BPSGM Page de synthèse sur Nana comme réseau de renseignements, précisant création (juin 1943), rattachement OSS, champ d’action (moitié sud), division en huit secteurs, transit via Madrid, et donnant des responsables de secteurs et une liste d’agents pour les Basses-Pyrénées (dont Gaston BERDANCE et sa déportation). https://www.bpsgm.fr/reseaux-renseignements-et-ou-evasion-ayant-opere-dans-les-basses-pyrenees-nana/
Musée de la Résistance en ligne (AERI/Fondation de la Résistance) Ressource biographique et mémorielle associée à un document (carte) situant Julien CHAVOUTIER comme agent P1 du réseau Nana (« Vincent »), décrivant ses missions de sabotage/renseignement et son rôle de chef militaire FFI dans les combats de la libération d’Arles (22-24 août 1944). https://museedelaresistanceenligne.org/media7272-Julien-Chavoutier
Maitron (Résistance) Notice biographique mentionnant explicitement Jean CHAUBET comme agent P2 du réseau Nana, permettant de recouper l’appartenance au réseau au-delà des seules synthèses locales, et d’identifier des parcours individuels liés au réseau. https://maitron.fr/chaubet-jean-juste-frederic-gaudens-alias-jean-costes-dans-la-resistance/
Mémoire Vive de la Résistance Article associatif consacré au « réseau Nana » du secteur Arles-Tarascon (ORA 9 puis DGER), fournissant une chronologie locale, des noms d’acteurs et une liste d’actions attribuées au réseau à partir de mai 1944 ; plusieurs éléments ne sont pas recoupés par une notice nationale consultée dans cette fiche et doivent être vérifiés en archives ou par recoupements supplémentaires. https://mvr.asso.fr/le-reseau-nana-ora-9-puis-dger-region-arles-tarascon-par-francis-agostini/
Les Amis du Vieil Arles Bulletin patrimonial (PDF) mentionnant, pour Arles, l’existence de réseaux de résistance dont « le réseau NANA » et indiquant Julien CHAVOUTIER comme responsable, ce qui contribue à l’ancrage local de la mémoire du réseau. https://www.amisduvieilarles.com/assets/files/bulletins/pdf/148p.pdf
Service historique de la Défense / Ressource de cotes (via Musée de la Résistance en ligne) Document PDF de repérage de sources listant les cotes des réseaux FFC, où figure « GR 17 P 175. NANA. OSS », utile pour orienter une vérification archivistique directe. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/191.pdf
Sources consultées : Date de vérification : 23 février 2026
Maitron Résistance : consultation de notices nominatives liées au réseau Nana (ex. Jean CHAUBET) ; recoupement utile pour confirmer l’appartenance d’individus, mais ne fournit pas à lui seul une monographie complète du réseau. Musée de la Résistance en ligne (AERI/Fondation de la Résistance) : consultation de ressources documentaires et biographiques, dont une fiche détaillée sur Julien CHAVOUTIER confirmant l’existence du réseau Nana à Arles et ses missions ; ressource de référence mémorielle nationale. SHD (Service historique de la Défense) : repérage archivistique indirect par documents de cotes et guides ; identification de la cote GR 17 P 175 « NANA. OSS » sans consultation du contenu du dossier, et impossibilité d’ouvrir un inventaire SHD en ligne (erreur de chargement) ; vérification à poursuivre en salle de lecture ou via inventaires accessibles. Fondation de la Résistance : le site institutionnel a été consulté comme portail, mais aucune page dédiée au réseau Nana n’a été retrouvée dans les résultats exploités ici. FranceArchives : tentative d’accès à une notice d’instrument de recherche SHD sur la sous-série GR 17 P ; la page requiert JavaScript/cookies dans l’outil utilisé, mais la recherche confirme l’existence de l’ensemble documentaire. Gallica (BnF) : recherche par mots-clés « réseau Nana », « NANA OSS » et « Arles réseau Nana » ; aucune source directement exploitable n’a été identifiée dans le cadre de cette fiche. Wikipédia : consultée uniquement comme appoint pour repérage (présence du réseau Nana dans une liste), sans emploi comme source principale et sans reprise d’informations non recoupées. Ordre de la Libération : recherche par mots-clés « Nana » et figures liées ; aucune notice directement mobilisable pour caractériser le réseau n’a été identifiée dans le cadre de cette fiche. Mémoire des Hommes : recherche non concluante à l’échelle du réseau (base surtout nominative) ; aucune entrée réseau « Nana » n’y est attendue, l’usage pertinent étant le recoupement de parcours individuels, non réalisé exhaustivement ici.