La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Réseau MUNICH

Les sources établissent l’existence de MUNICH comme structure appartenant au SSM-TR/SSMF-TR. La documentation de l’École nationale supérieure de la Police qualifie explicitement René GILLE de membre du « SSM-TR, réseau Munich ». Cette appartenance est corroborée par une publication de la Société historique et archéologique du Périgord et par le Mémorial des policiers français, qui désigne René GILLE comme membre du « réseau Munich du SSMF-TR ».

Une précaution terminologique est nécessaire. MUNICH appartient à l’univers des services clandestins de contre-espionnage des Travaux ruraux. Il ne doit pas être confondu avec d’autres occurrences archivistiques du nom « Munich », notamment les documents relatifs au « groupe de résistance des Français de Munich ». La qualification retenue ici est donc celle attestée par plusieurs sources : réseau MUNICH du SSM-TR/SSMF-TR.

Création du réseau

Les sources en ligne consultées ne permettent pas de fixer avec certitude une date autonome de création de MUNICH. Son existence doit être replacée dans l’histoire du SSM-TR, organisation clandestine issue du contre-espionnage militaire français maintenu après l’armistice.

Le ministère des Armées confirme que les services spéciaux français poursuivent clandestinement leur activité sous la couverture des « Travaux ruraux ». Ceux-ci sont dirigés par Paul PAILLOLE et ont pour fonction de poursuivre la lutte contre les services spéciaux de l’Axe et de centraliser les renseignements provenant de leurs agents et correspondants.

La documentation actuellement réunie ne permet pas de présenter MUNICH comme une organisation indépendante créée par un fondateur déterminé à une date précise. Cette lacune doit être maintenue plutôt que compensée par une reconstitution hypothétique.

Organisation interne

MUNICH relève du SSM-TR/SSMF-TR. Sa documentation actuellement accessible est surtout régionale et individuelle. Elle permet notamment d’identifier une implantation dans le secteur de Périgueux, Dordogne, France, autour de policiers engagés dans la clandestinité.

René GILLE, commissaire de police à Périgueux, appartient au réseau avec Henri MERLE, officier de paix, Jean DAROUX, secrétaire de René GILLE, et un commissaire PAOLI en poste à Sarlat. La source de l’École nationale supérieure de la Police mentionne également Jean LAVALLÉE et un lieutenant MEYER comme responsables des réseaux dont dépend René GILLE.

L’état actuellement accessible des sources ne permet pas de reconstituer de manière suffisamment sûre la hiérarchie complète, les effectifs ou l’ensemble des subdivisions territoriales de MUNICH.

Actions menées pendant la Résistance

Les activités documentées correspondent principalement au renseignement, au contre-espionnage et à l’assistance clandestine.

René GILLE établit de fausses cartes d’identité destinées à des résistants ainsi qu’à des Juifs recherchés par les autorités allemandes. Il héberge des résistants ou recherche des lieux d’hébergement, fournit des renseignements et procure des armes. La documentation de l’École nationale supérieure de la Police lui attribue également une intervention en faveur de Jean LAVALLÉE et du lieutenant MEYER.

Ces activités sont cohérentes avec la fonction générale des Travaux ruraux. Le ministère des Armées décrit en effet les TR comme une organisation clandestine de contre-espionnage luttant contre les services spéciaux de l’Axe et centralisant les renseignements recueillis par ses agents et correspondants.

Le 18 février 1944, une importante opération de la Sipo-SD frappe la Résistance en Dordogne. René GILLE est arrêté avec Roger AUZI. Le Mémorial des policiers français confirme explicitement à cette occasion l’appartenance de René GILLE au réseau MUNICH du SSMF-TR.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le lien structurel essentiel est celui avec le SSM-TR/SSMF-TR. MUNICH ne doit donc pas être étudié indépendamment de l’organisation clandestine de contre-espionnage militaire dont il dépend.

Le SHD conserve sous la cote GR 28 P 3 125 le dossier d’homologation du « Réseau SSMF-TR (Sécurité militaire en France – Travaux ruraux) et réseau Navarre ». Ce dossier contient notamment les états des agents P2 établis par le liquidateur, le questionnaire d’homologation, des documents relatifs à Jean LAVALLÉE et Jacques CHAIGNEAU et des documents provenant de l’Abwehr.

L’identification précise des agents de MUNICH parmi les agents homologués du SSMF-TR nécessite donc prioritairement l’exploitation de ce dossier.

Chefs et figures marquantes

René GILLE est la personnalité la mieux documentée dans les sources actuellement accessibles. Commissaire de police à Périgueux, il rejoint le SSM-TR, réseau MUNICH, et utilise ses fonctions pour soutenir la Résistance. Arrêté le 18 février 1944, il est emprisonné puis transféré à Compiègne avant d’être déporté à Mauthausen. Il revient en France en mai 1945.

Henri MERLE, officier de paix, appartient au même groupe clandestin selon la documentation de l’École nationale supérieure de la Police.

Jean DAROUX, secrétaire de René GILLE, est également cité comme participant au réseau MUNICH.

Le commissaire PAOLI, en poste à Sarlat, est cité dans la même source. Son identité complète et son parcours nécessitent une recherche nominative distincte avant tout développement supplémentaire.

Jean LAVALLÉE est directement documenté dans les archives générales du SSMF-TR conservées par le SHD. Son lien précis avec MUNICH mérite cependant d’être distingué de son appartenance générale au SSMF-TR.

Victimes et morts

Roger AUZI, gardien de la paix à Périgueux, est arrêté le 18 février 1944 avec René GILLE lors de l’opération de la Sipo-SD. Le Mémorial des policiers français établit son engagement en faveur de la Résistance et son arrestation aux côtés d’un membre de MUNICH. Il est ensuite exécuté. Cette source ne permet cependant pas de conclure qu’il possédait lui-même la qualité d’agent homologué MUNICH.

Aucune liste exhaustive des agents de MUNICH morts pendant la guerre n’a été retrouvée dans les ressources en ligne consultées.

Survivants identifiés

René GILLE survit à la déportation et rentre en France en mai 1945.

L’état actuel des recherches ne permet pas d’établir une liste exhaustive des survivants du réseau MUNICH.

Fin du réseau

Aucune date autonome et certaine de dissolution du réseau MUNICH n’a été établie dans les sources consultées. Son évolution doit être replacée dans les transformations successives du SSM-TR au cours de 1943 et 1944 et dans les arrestations qui frappent ses agents.

Il serait donc historiquement imprudent de donner une date de disparition propre à MUNICH sans consultation plus approfondie des dossiers d’homologation.

Conséquences et mémoire

MUNICH illustre l’activité de contre-espionnage menée clandestinement par des agents des services spéciaux français et leurs correspondants. Son histoire connue est particulièrement liée à l’engagement de policiers de Dordogne utilisant leurs fonctions professionnelles au bénéfice de la Résistance.

Sa mémoire institutionnelle apparaît notamment dans les publications consacrées aux policiers résistants et dans le Mémorial des policiers français. L’intégration de ses agents dans le dispositif plus vaste du SSMF-TR explique que sa documentation archivistique doive également être recherchée dans les dossiers généraux de cette organisation.

Références bibliographiques

Services spéciaux (1935-1945) Paul PAILLOLE, Robert Laffont, Paris, 1975. Témoignage du principal responsable du contre-espionnage clandestin français permettant de replacer les structures TR et leurs agents dans l’histoire générale des services spéciaux français.

Le Service de renseignements 1871-1944 Henri NAVARRE, Plon, Paris, 1978. Ouvrage consacré à l’histoire du renseignement militaire français. L’AASSDN le donne comme référence pour comprendre l’organisation et les transformations des Travaux ruraux pendant l’Occupation.

La guerre secrète des services spéciaux français, 1935-1945 Michel GARDER, 1967. Étude générale permettant de replacer MUNICH dans l’environnement institutionnel du renseignement et du contre-espionnage militaires français.

Références internet

Service historique de la Défense — SSMF-TR et Navarre. Notice archivistique fondamentale du dossier GR 28 P 3 125. Elle identifie les états d’agents P2, les documents d’homologation et différentes pièces relatives aux activités du SSMF-TR.  https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35855

École nationale supérieure de la Police — Commissaires résistants. La documentation institutionnelle consacrée à René GILLE le désigne explicitement comme membre du « SSM-TR, réseau Munich » avec Henri MERLE, Jean DAROUX et le commissaire PAOLI.   Document consacré aux commissaires résistants

Mémorial des policiers français — Roger AUZI. La notice confirme l’arrestation du 18 février 1944 et désigne explicitement René GILLE comme membre du réseau MUNICH du SSMF-TR.   https://www.police-actionsolidaire.fr/memorial/roger-auzi-19440326/

Fiabilité A pour l’existence de MUNICH et son rattachement au SSM-TR/SSMF-TR, établis par plusieurs sources institutionnelles et historiques concordantes. Fiabilité B pour la reconstitution de son organisation propre, qui reste insuffisamment documentée en ligne et nécessite l’exploitation directe des dossiers d’homologation.

Sources consultées

Service historique de la Défense, GR 28 P 3 125 : SHD — SSMF-TR et Navarre

Mémoire Vive de la Résistance : aucune notice autonome MUNICH retrouvée.

Fondation de la Résistance : aucune notice autonome MUNICH retrouvée.

Musée de la Résistance en ligne : recherche MUNICH et SSMF-TR effectuée.

Mémoire des Hommes : aucune notice générale MUNICH retrouvée.

Ordre de la Libération : aucune notice générale MUNICH retrouvée.

Gallica-BnF : recherche MUNICH/SSM-TR effectuée.

Maitron Résistance : aucune notice autonome MUNICH retrouvée.

AASSDN : documentation générale sur les Travaux ruraux consultée.

École nationale supérieure de la Police : Commissaires résistants — René GILLE

Mémorial des policiers français : Roger AUZI

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