La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

de COLOMBEL Ivan Marie Raoul

Ivan Marie Raoul de COLOMBEL, également mentionné sous la forme Yvan de COLOMBEL, né le 25 septembre 1915 à Belbeuf (Seine-Inférieure, aujourd’hui Seine-Maritime), mort en déportation le 8 avril 1945 pendant l’évacuation d’Ellrich, Français, résistant des Forces françaises combattantes, membre du réseau Vélites-Thermopyles ; matricule 77040 à Buchenwald.

Ivan de Colombel naît le 25 septembre 1915 à Belbeuf, dans l’actuelle Seine-Maritime. La documentation de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos le qualifie d’étudiant au moment de son engagement. Les recherches effectuées n’ont pas permis d’établir avec une sécurité suffisante l’établissement dans lequel il poursuivait ses études, la discipline étudiée, ni son parcours scolaire antérieur.

Son dossier d’archives constitue toutefois un élément d’identification particulièrement important : l’inventaire de la sous-série GR 28 P 4 du Service historique de la Défense mentionne un « dossier individuel de Yvan DE COLOMBEL », coté GR 28 P 4 215/10, et renvoie au dossier administratif de résistant GR 16 P 136666.

Engagement dans la Résistance

Ivan de Colombel rejoint la Résistance et sert dans les Forces françaises combattantes (FFC). La source consacrée à son parcours concentrationnaire par l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos le donne comme membre du réseau Vélites-Thermopyles, avec la qualité de chargé de mission de 3e classe.

Son activité résistante est attestée dès 1942 par les archives. Le classement du SHD est particulièrement significatif : son dossier individuel GR 28 P 4 215/10 se trouve dans l’ensemble documentaire consacré au réseau ANTOINE, et l’inventaire associe à son nom le dossier administratif GR 16 P 136666.

Les sources secondaires consacrées au réseau Ali-Tir, également désigné Antoine, signalent en outre Yvan de Colombel parmi les agents frappés par la répression des services de Vichy à partir de l’été 1942. Cette donnée est cohérente avec l’existence de son dossier dans le fonds du réseau Antoine au SHD.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Deux ensembles apparaissent dans la documentation : Ali-Tir/Antoine et Vélites-Thermopyles. Ils ne doivent pas être artificiellement confondus.

Pour la première phase documentée de son activité, les archives du SHD rattachent le dossier individuel de Yvan de Colombel au réseau ANTOINE, correspondant dans la documentation secondaire à Ali-Tir. Le dossier individuel est coté GR 28 P 4 215/10 et le dossier administratif correspondant GR 16 P 136666.

Pour la période ultérieure, l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos le rattache au réseau Vélites-Thermopyles des FFC, comme chargé de mission de 3e classe.

Vélites est un réseau de renseignement dont les activités consistent notamment à recueillir et exploiter des renseignements susceptibles d’intéresser Londres. Une documentation consacrée à Pierre Piganiol indique que le réseau, appelé initialement Vélite, reçut ensuite des Britanniques le nom de Thermopyles. Elle mentionne également l’arrestation en 1944 d’Yvan de Colombel et de Raymond Croland.

L’état actuel des sources accessibles en ligne ne permet pas de fixer avec suffisamment de précision la date et les circonstances exactes du passage d’Ivan de Colombel d’Ali-Tir/Antoine à Vélites-Thermopyles. Cette articulation demanderait la consultation matérielle de ses dossiers du SHD.

Missions et actions

Les fonctions exactes exercées par Ivan de Colombel dans le réseau Ali-Tir/Antoine restent imparfaitement documentées dans les sources accessibles en ligne. Une source consacrée au résistant Jacques Barbey apporte toutefois un éclairage important sur son activité en zone sud en 1942 : Barbey entra en contact à Marseille avec des agents liés à Colombel, dont les frères Guenon et le radio Pierre Jehan. La même documentation indique qu’Ivan de Colombel venait d’être arrêté lorsque Barbey se rendit, en août 1942, au 5 rue Gérando à Marseille, où une souricière avait été installée.

Cette première arrestation est confirmée indépendamment par l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos : arrêté en 1942, Colombel fut condamné à un an de prison pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État et incarcéré à Aix-en-Provence. Il fut libéré le 6 janvier 1944.

Après sa libération, il reprit manifestement une activité clandestine. Dans Vélites-Thermopyles, il est homologué comme chargé de mission de 3e classe des Forces françaises combattantes. Cette reprise de l’engagement fut de courte durée : il fut de nouveau arrêté le 25 février 1944.

Arrestation / évasion / déportation

Le parcours répressif d’Ivan de Colombel comporte donc deux arrestations distinctes.

La première intervient en 1942. Il est poursuivi pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État, condamné à un an d’emprisonnement et détenu à Aix-en-Provence. Les éléments disponibles sur Jacques Barbey permettent de situer l’arrestation de Colombel à Marseille peu avant les 12-13 août 1942. Il est finalement libéré le 6 janvier 1944.

Il est arrêté une seconde fois le 25 février 1944. Après plusieurs mois d’incarcération, il est intégré au convoi parti le 15 août 1944 du quai aux bestiaux de la gare de Pantin en direction de Buchenwald. Le convoi atteint le camp le 20 août 1944. Ivan de Colombel reçoit le matricule 77040.

À Buchenwald, il passe par le Petit Camp, où il effectue sa quarantaine. Le 3 septembre 1944, il est transféré à Dora, puis, le 7 septembre, au Kommando d’Ellrich-Juliushütte, dépendant du complexe concentrationnaire de Dora et lié aux chantiers du Mittelwerk.

Les conditions de détention à Ellrich sont particulièrement meurtrières. La documentation de l’Association Buchenwald-Dora cite Ivan de Colombel, matricule 77040, parmi les déportés disparus passés par ce Kommando.

À l’approche des armées alliées, Ellrich est évacué le 5 avril 1945 en direction de Sachsenhausen. Ivan de Colombel ne survit pas à cette évacuation. Il meurt le 8 avril 1945, à quelques semaines seulement de la capitulation allemande. La base du Livre-Mémorial des déportés de France confirme le matricule 77040, la naissance à Belbeuf le 25 septembre 1915, les passages par Dora et Ellrich et le décès le 8 avril 1945.

Camarades de combat

Plusieurs noms apparaissent autour d’Ivan de Colombel dans la documentation.

Dans le contexte du réseau Ali-Tir/Antoine, les archives et témoignages permettent notamment de relever Jacques Barbey, les frères André et Maurice Guenon et le radio Pierre Jehan. Le dossier individuel de Colombel est d’ailleurs conservé dans la même série du réseau Antoine que ceux d’André Guenon, Jacques Barbey, Maurice Guenon et plusieurs autres agents.

Dans le réseau Vélites-Thermopyles, son parcours est notamment associé à celui de Raymond Croland. Une documentation sur l’histoire du réseau indique que les Allemands arrêtèrent Yvan de Colombel et Raymond Croland en 1944 et que tous deux moururent avant la capitulation allemande.

Pierre Piganiol appartient également à l’histoire de Vélites-Thermopyles : avec Raymond Croland, il participa à l’organisation du renseignement du réseau, à la recherche et au traitement des informations destinées à Londres.

Retour à la vie civile

Ivan de Colombel n’a pas connu de retour à la vie civile. Mort pendant l’évacuation du système concentrationnaire de Dora-Ellrich le 8 avril 1945, il fait partie des résistants français morts en déportation dans les derniers jours de la guerre en Europe.

Décorations

Médaille de la Résistance française à titre posthume par décret du 14 juin 1946 JO du 11 juillet 1946. Source ordre de la Libération.Côte du dossier : 1O14631. Cette attribution apparaît notamment dans une synthèse consacrée au convoi des « 57 000 ».

Aucune autre décoration n’a pu être attribuée avec un degré suffisant de certitude lors des présentes recherches. Cela ne permet pas de conclure qu’Ivan de Colombel n’en ait reçu aucune autre.

Lieux de mémoire

Les principaux lieux de mémoire directement liés à son parcours sont Buchenwald, Dora-Mittelbau et surtout Ellrich-Juliushütte, où il fut détenu avant l’évacuation d’avril 1945. Son matricule concentrationnaire 77040 permet de conserver son identité dans les bases mémorielles consacrées aux déportés de Buchenwald et Dora.

Les recherches effectuées n’ont pas permis d’identifier avec certitude une rue, une plaque, une stèle ou un établissement portant individuellement son nom en France.

Références bibliographiques

Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution, 1940-1945, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Éditions Tirésias, Paris, 2004. Ouvrage de référence pour l’identification des convois et des parcours concentrationnaires des déportés partis de France. La base numérique issue de ce travail identifie Yvan de Colombel sous le matricule 77040 et documente ses passages par Dora et Ellrich ainsi que son décès en avril 1945.

Le Serment – Buchenwald-Dora et Kommandos, publication de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos. Cette publication mémorielle contient des travaux consacrés aux détenus français de Buchenwald, Dora et Ellrich et mentionne Ivan de Colombel, matricule 77040, parmi les déportés disparus liés à Ellrich.

Références internet

Dossier d’homologation consulté

Association française Buchenwald-Dora et Kommandos — « DE COLOMBEL Ivan KLB 77040 ».
Notice particulièrement utile pour l’état civil, l’engagement dans Vélites-Thermopyles, les deux arrestations, la condamnation, la déportation, le matricule et le parcours Buchenwald-Dora-Ellrich.
URL : https://asso-buchenwald-dora.com/de-colombel-ivan-klb-77040/

Fondation pour la Mémoire de la Déportation — Livre-Mémorial des déportés de France.
La base identifie le déporté sous la forme Yvan de Colombel, matricule 77040, né le 25 septembre 1915 à Belbeuf, passé par Dora et Ellrich et décédé le 8 avril 1945.
URL : https://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.264.

Musée de la Résistance en ligne — inventaire de la sous-série GR 28 P 4 du Service historique de la Défense. L’inventaire identifie le dossier individuel de Yvan de Colombel dans le fonds du réseau Antoine sous la cote GR 28 P 4 215/10 et renvoie à GR 16 P 136666.
URL : https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/243.pdf

Havrais en Résistance — documentation consacrée à Jacques Barbey. Cette source apporte des renseignements complémentaires sur les activités de Colombel à Marseille, ses relations avec les agents du réseau et son arrestation en août 1942. URL : https://www.havrais-en-resistance.fr/view/admin/entry/31703/

Dossier d’homologation consulté

L’inventaire du Service historique de la Défense permet d’identifier deux références essentielles : GR 28 P 4 215/10, dossier individuel de Yvan DE COLOMBEL, dans les archives du réseau ANTOINE, et GR 16 P 136666, dossier administratif de résistant.

L’existence et les cotes de ces dossiers ont donc été vérifiées dans l’inventaire, mais leur contenu archivistique intégral n’a pas été directement consulté lors des présentes recherches. Il convient de distinguer cette identification archivistique de la consultation effective des pièces originales.

Observations

La principale difficulté documentaire concerne la coexistence des formes Ivan et Yvan. L’Association française Buchenwald-Dora emploie « Ivan », tandis que l’inventaire du SHD et la base du Livre-Mémorial emploient « Yvan ». Le matricule 77040, la date et le lieu de naissance, ainsi que le parcours concentrationnaire permettent d’établir qu’il s’agit bien de la même personne.

Une seconde question concerne ses appartenances résistantes. Son dossier est classé par le SHD dans les archives du réseau Antoine, tandis que la documentation de Buchenwald-Dora le donne comme membre de Vélites-Thermopyles. Ces indications ne sont pas nécessairement contradictoires : elles peuvent correspondre à des phases successives de son engagement. En l’absence de consultation directe du dossier GR 16 P 136666, il serait toutefois imprudent de reconstituer précisément cette transition.

Enfin, le décès du 8 avril 1945 est solidement établi, mais la formulation « mort à Dora » serait trop imprécise. Ivan de Colombel avait été transféré de Dora à Ellrich-Juliushütte dès septembre 1944 et mourut pendant l’évacuation d’avril 1945.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — L’identité, la naissance, le matricule concentrationnaire, le parcours Buchenwald-Dora-Ellrich, la date de décès et l’existence des dossiers SHD sont établis par plusieurs sources documentaires concordantes. Les cotes GR 28 P 4 215/10 et GR 16 P 136666 renforcent particulièrement l’identification. Quelques éléments restent néanmoins à approfondir par consultation directe des dossiers, notamment la succession exacte des appartenances Ali-Tir/Antoine et Vélites-Thermopyles ainsi que la confirmation primaire de la Médaille de la Résistance.

Chronologie

  • 25 septembre 1915 — naissance à Belbeuf, en Seine-Inférieure.
  • 1942 — activité résistante documentée ; dossier dans les archives du réseau Antoine/Ali-Tir.
  • Août 1942 — première arrestation à Marseille ; condamnation ultérieure à un an de prison pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État.
  • 6 janvier 1944 — libération.
  • 1944 — activité au sein de Vélites-Thermopyles, comme chargé de mission de 3e classe des FFC.
  • 25 février 1944 — seconde arrestation.
  • 15 août 1944 — départ de Pantin pour Buchenwald.
  • 20 août 1944 — arrivée à Buchenwald ; matricule 77040.
  • 3 septembre 1944 — transfert à Dora.
  • 7 septembre 1944 — transfert à Ellrich-Juliushütte.
  • 5 avril 1945 — évacuation d’Ellrich.
  • 8 avril 1945 — mort pendant l’évacuation.

Tableau des divergences entre sources

PointSourcesÉvaluation
Prénom : Ivan / YvanAssociation Buchenwald-Dora : « Ivan » ; SHD et Livre-Mémorial : « Yvan »Même personne établie par le matricule 77040, la naissance à Belbeuf et le parcours concentrationnaire.
RéseauSHD : dossier classé dans le réseau Antoine ; Association Buchenwald-Dora : Vélites-ThermopylesProbables engagements successifs ; chronologie exacte à confirmer par consultation du GR 16 P 136666.
Lieu du décèsLes sources établissent une mort le 8 avril 1945 pendant l’évacuation ; certains résumés peuvent le rattacher globalement à DoraRetenir prudemment : mort pendant l’évacuation d’Ellrich le 8 avril 1945, sans attribuer un lieu géographique précis non établi.

Sources consultées le 4 septembre 2026

Association française Buchenwald-Dora et Kommandos, notice « DE COLOMBEL Ivan KLB 77040 » : identité, réseau Vélites-Thermopyles, arrestations, condamnation, convoi, Buchenwald, Dora, Ellrich et décès. https://asso-buchenwald-dora.com/de-colombel-ivan-klb-77040/

Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Livre-Mémorial des déportés de France : matricule 77040, état civil, Dora, Ellrich et décès. https://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.264.

Musée de la Résistance en ligne / inventaire du Service historique de la Défense, sous-série GR 28 P 4 : dossier de Yvan de Colombel GR 28 P 4 215/10, dossier administratif GR 16 P 136666.
Inventaire SHD — sous-série GR 28 P 4

Havrais en Résistance, documentation relative à Jacques Barbey : activité de Colombel à Marseille, agents associés et première arrestation de 1942. Havrais en Résistance

Association française Buchenwald-Dora et Kommandos, Le Serment, documentation sur Ellrich et les déportés disparus, mention d’Ivan de Colombel, matricule 77040.
Le Serment — Buchenwald-Dora et Kommandos

Wikipédia, « Convoi des 57 000 », consulté comme source secondaire et utilisé avec prudence pour le signalement de la Médaille de la Résistance française à titre posthume ; attribution primaire restant à confirmer.

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