La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

PHILIP René

René PHILIP, né vraisemblablement dans l’Embrunais au début des années 1920 ; état civil complet et date de décès non établis avec une certitude suffisante lors des présentes recherches, Français.

René Philip est un jeune travailleur de l’Embrunais au moment de l’instauration du Service du travail obligatoire. Les travaux mémoriels indiquent qu’il travaille aux Ponts-et-Chaussées avec le fils de Marcel Chevalier. Cette situation professionnelle facilite les contacts avec des fonctionnaires et des milieux résistants locaux, notamment les réseaux socialistes qui soutiennent les jeunes réfractaires.

Plusieurs personnes nommées René Philip, nées dans les Hautes-Alpes à des dates compatibles, apparaissent dans les fichiers d’état civil disponibles. Les recherches effectuées n’ont pas permis de déterminer lequel correspond avec certitude au réfractaire de Combe-Brézès. Aucun de ces états civils possibles n’est donc intégré comme certain à la présente notice.

Engagement dans la Résistance

Le 12 mars 1943, René Philip quitte la gare d’Embrun avec Roger Guion et Abel Fouret pour répondre à une convocation au Service du travail obligatoire. Arrivés à Gap, les trois jeunes décident de ne pas poursuivre le voyage vers Marseille et l’Allemagne. Ils regagnent clandestinement l’Embrunais et deviennent réfractaires. Albin Joubert leur procure un refuge dans ses bâtiments agricoles de Combe-Brézès.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Le noyau de Combe-Brézès se constitue d’abord comme groupe de réfractaires STO. René Philip bénéficie de l’aide de fonctionnaires des Ponts-et-Chaussées et de réseaux socialistes. Le groupe est ensuite rattaché aux Mouvements unis de la Résistance MUR; Marcel Chevalier est présenté comme son responsable et Marcel André comme responsable des maquis du secteur. Avec l’arrivée ultérieure de René Eymin, Combe-Brézès se transforme en maquis des Orres, véritable formation combattante.

Missions et actions

René Philip est l’un des acteurs et chroniqueurs de la vie du groupe. Avec Roger Guion, il conserve un journal collectif commencé le 12 mars 1943 et poursuivi jusqu’au 3 juillet 1944. Cette source décrit les déplacements, les problèmes de sécurité, le ravitaillement et les travaux effectués par les réfractaires. Philip effectue notamment des travaux d’électricité rémunérés, participant ainsi à la subsistance du groupe.

L’intérêt historique de son parcours réside autant dans son expérience de réfractaire que dans la documentation qu’il a contribué à préserver. Le journal constitue une source rare sur la transition entre refus individuel du STO, clandestinité rurale collective et constitution progressive d’un maquis organisé.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, incarcération ou déportation de René Philip n’est mentionnée dans les sources consultées. Il survit à la guerre.

Camarades de combat

Ses premiers compagnons sont Roger Guion et Abel Fouret. Albin Joubert leur fournit le refuge de Combe-Brézès. Louis Blanc, dit « Marius », et d’autres jeunes réfractaires les rejoignent ultérieurement. Marcel Chevalier et Marcel André apparaissent dans l’encadrement résistant du groupe, puis René Eymin dans la phase de militarisation.

Retour à la vie civile

René Philip survit à la guerre. Au début des années 1990, il rencontre Roger Guion par Sylvain Reynaud. Tous deux ont conservé le « journal de bord » de leur maquis. Ils communiquent d’abord au chercheur le carnet couvrant la période du 12 mars au 8 août 1943 puis, après lecture du mémoire, mettent également à sa disposition les trois cahiers suivants. Leur contribution directe permet la conservation et l’exploitation scientifique d’une source exceptionnelle sur les réfractaires de l’Embrunais.

Décorations

Aucune décoration attribuée individuellement à René Philip n’a pu être confirmée dans les bases consultées. Cette absence de résultat ne signifie pas qu’il n’ait reçu aucune distinction.

Lieux de mémoire

Le principal lieu associé à René Philip est Combe-Brézès, où les bâtiments d’Albin Joubert servent de refuge aux premiers réfractaires. Les collections mémorielles locales reproduisent également un ordre d’affectation au STO établi à son nom, document qui matérialise l’origine de son passage à la clandestinité.

Références bibliographiques

Les maquis de l’Embrunais, secteur « G » de la Résistance des Hautes-Alpes. Sylvain Reynaud, mémoire de maîtrise, Aix-en-Provence, 1993, sous la direction de Jean-Marie Guillon. L’étude repose directement sur les entretiens avec René Philip et Roger Guion et sur leur journal.

« La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais ». Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon, Provence historique, tome 44, fascicule 178, 1994, p. 513-522. Publication scientifique exploitant le journal du groupe et explicitant les conditions dans lesquelles René Philip et Roger Guion l’ont confié aux chercheurs.

Références internet

Persée. La version numérisée de l’article de Reynaud et Guillon établit de manière directe le témoignage de René Philip et la conservation du journal. La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais

Embrun en 1939-1945. La page sur Combe-Brézès établit le départ du 12 mars 1943, son emploi aux Ponts-et-Chaussées, l’installation chez Joubert et plusieurs activités de la vie clandestine. Le maquis de Combe-Brézès

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote SHD GR 16 P correspondant avec certitude au René Philip de Combe-Brézès n’a été retrouvée lors des présentes recherches.

Observations

Une homonymie demeure non résolue pour l’état civil. Les bases de décès recensent plusieurs René Philip originaires d’Embrun ou des Hautes-Alpes. Aucun document directement relié au journal de Combe-Brézès n’a permis de rattacher avec certitude l’un de ces états civils au réfractaire interrogé par Sylvain Reynaud. Les informations biographiques non liées directement à son engagement clandestin ont donc été volontairement écartées.

Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’existence de René Philip, son refus du STO, son appartenance au noyau initial de Combe-Brézès et son témoignage postérieur sont établis par une publication scientifique fondée sur son témoignage et sur une source primaire qu’il avait lui-même conservée. L’état civil complet demeure toutefois non résolu.

Chronologie

DateÉvénement
12 mars 1943Quitte Embrun avec Roger Guion et Abel Fouret pour le STO, puis décide à Gap de devenir réfractaire.
mars 1943Installation à Combe-Brézès avec l’aide d’Albin Joubert.
1943Travaux d’électricité et vie clandestine au sein du groupe.
12 mars 1943-3 juillet 1944Période couverte par le journal collectif.
1944Transformation progressive de Combe-Brézès en maquis des Orres.
vers 1993Témoigne auprès de Sylvain Reynaud avec Roger Guion et communique le journal.
1994Publication de l’étude de Reynaud et Guillon.

Sources consultées

Persée. Reynaud et Guillon, « La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais ». Source déterminante pour le témoignage direct de René Philip et la conservation du journal de Combe-Brézès. Article sur Persée

Embrun en 1939-1945. « Le maquis de Combe-Brézès ». Cette source a fourni le départ du 12 mars 1943, l’emploi de René Philip, l’organisation du refuge et ses activités quotidiennes. Le maquis de Combe-Brézès

Embrun en 1939-1945. « Le Service du travail obligatoire ». La page reproduit et décrit l’ordre d’affectation au STO de René Philip et confirme son refus de partir. Le Service du Travail Obligatoire

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