Roger Fernand GUION, né le 22 mai 1922 à Embrun (Hautes-Alpes), mort le 29 février 2004 à Briançon (Hautes-Alpes), Français.
Les informations retrouvées sur la jeunesse et la formation de Roger Guion sont limitées. Son état civil postérieur permet toutefois d’identifier Roger Fernand Guion, né à Embrun le 22 mai 1922, ce qui correspond à la génération directement frappée par l’instauration du Service du travail obligatoire en 1943. Aucun élément suffisamment documenté sur sa formation professionnelle avant-guerre n’a été retrouvé lors des présentes recherches.
Engagement dans la Résistance
Roger Guion appartient au noyau fondateur du groupe de réfractaires de Combe-Brézès, dans l’Embrunais. Le 12 mars 1943, il quitte Embrun en train avec René Philip et Abel Fouret : tous trois ont été convoqués pour partir travailler en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire STO. Arrivés à Gap, ils renoncent à poursuivre leur voyage vers Marseille et choisissent de rentrer clandestinement dans l’Embrunais afin de se soustraire au départ. Grâce à l’aide apportée par Albin Joubert, secrétaire de mairie de Saint-Sauveur et agriculteur, ils trouvent refuge dans des bâtiments agricoles de Combe-Brézès.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Le premier groupe de Combe-Brézès est initialement un groupe de réfractaires au STO davantage qu’une unité combattante structurée. Les travaux consacrés à l’Embrunais le rattachent ensuite aux Mouvements unis de la Résistance. Marcel Chevalier est donné comme responsable du groupe dans cette phase d’organisation, tandis que Marcel André exerce des responsabilités sur les maquis du secteur. En 1944, avec l’arrivée du lieutenant René Eymin et l’afflux de nouveaux volontaires, Combe-Brézès devient progressivement le maquis combattant des Orres.
Missions et actions
La documentation exceptionnelle relative à Roger Guion tient au journal collectif du groupe. Avec René Philip, il conserve après-guerre un carnet et trois cahiers couvrant presque seize mois, du 12 mars 1943 au 3 juillet 1944. Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon soulignent le caractère collectif de cette source, qui restitue au jour le jour la vie des réfractaires : ravitaillement, travaux agricoles, déplacements, alertes, relations avec les habitants et organisation matérielle de la clandestinité.
Les activités de Guion sont essentiellement celles d’un réfractaire vivant clandestinement au contact étroit de la population locale. Les jeunes travaillent en échange de nourriture ou d’argent ; Roger Guion est notamment signalé comme faisant du pain dans le four communal. La surveillance, les corvées, le ravitaillement et les déplacements de sécurité rythment cette première période du maquis.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, incarcération ou déportation de Roger Guion n’a été retrouvée dans les sources consultées. Il survit à la clandestinité et à la guerre.
Camarades de combat
Ses compagnons les mieux documentés sont René Philip et Abel Fouret, avec lesquels il refuse le départ pour le STO le 12 mars 1943. Le groupe accueille ensuite d’autres réfractaires, dont Louis Blanc, dit « Marius ». Albin Joubert constitue l’un de leurs principaux soutiens locaux en leur procurant des bâtiments à Combe-Brézès. René Eymin prend ultérieurement le commandement militaire du groupe transformé en maquis des Orres.
Retour à la vie civile
Roger Guion survit à la guerre. Plusieurs décennies plus tard, son rôle dans la transmission de cette histoire devient historiographiquement important. Au début des années 1990, Sylvain Reynaud rencontre Roger Guion et René Philip dans le cadre d’un mémoire universitaire consacré aux maquis de l’Embrunais. Les deux anciens réfractaires lui communiquent d’abord le premier carnet de leur journal ; après avoir constaté l’usage scientifique qui en avait été fait, ils remettent également les trois cahiers suivants. Cette documentation permet à Reynaud et Jean-Marie Guillon de publier en 1994 une étude détaillée de la vie quotidienne des réfractaires de l’Embrunais. Roger Guion meurt à Briançon le 29 février 2004, à l’âge de quatre-vingt-un ans.
Décorations
Aucune décoration attribuée individuellement à Roger Guion n’a pu être confirmée lors des présentes recherches dans les bases accessibles. Cela ne permet pas de conclure qu’il n’a reçu aucune distinction.
Lieux de mémoire
Combe-Brézès, sur le territoire de Saint-Sauveur, constitue le principal lieu de mémoire associé à son engagement. Les bâtiments mis à disposition des réfractaires par Albin Joubert sont toujours présentés dans les travaux mémoriels locaux comme le premier camp du groupe qui devint ensuite le maquis des Orres. Une plaque commémorative y rappelle cet épisode.
Références bibliographiques
Les maquis de l’Embrunais, secteur « G » de la Résistance des Hautes-Alpes. Sylvain Reynaud, mémoire de maîtrise, Aix-en-Provence, 1993, sous la direction de Jean-Marie Guillon. Ce travail repose notamment sur les témoignages de Roger Guion et René Philip et sur le journal collectif qu’ils avaient conservé.
« La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais ». Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon, Provence historique, tome 44, fascicule 178, 1994, p. 513-522. Étude scientifique directement fondée sur le journal collectif de Combe-Brézès et les entretiens avec Roger Guion et René Philip.
Références internet
Persée. La version numérisée de l’article de Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon établit l’existence du journal collectif, son amplitude chronologique et le rôle de Roger Guion et René Philip dans sa conservation et sa transmission aux chercheurs. La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais — Persée
Embrun en 1939-1945. La page consacrée à Combe-Brézès documente le départ du 12 mars 1943, le refus du STO, l’installation chez Albin Joubert, la vie quotidienne du groupe et les activités de Roger Guion. Le maquis de Combe-Brézès
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote du Service historique de la Défense, sous-série GR 16 P, n’a pu être attribuée avec certitude à Roger Fernand Guion lors des présentes recherches.
Observations
L’identification de Roger Guion comme Roger Fernand Guion, né à Embrun en 1922 et mort à Briançon en 2004, est très vraisemblable en raison de la concordance géographique et générationnelle, mais aucun dossier primaire de Résistance consultable en ligne n’a été retrouvé permettant un recoupement administratif définitif. Le parcours clandestin lui-même est exceptionnellement bien documenté par une source primaire collective conservée par l’intéressé.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’engagement et la vie clandestine sont établis par une source primaire contemporaine, le journal collectif du groupe, et par les témoignages directs de Roger Guion et René Philip exploités dans un travail universitaire puis dans une publication historique. L’état civil est corroboré par les données de décès accessibles.
Chronologie
| Date | Événement |
| 22 mai 1922 | Naissance à Embrun. |
| 12 mars 1943 | Départ d’Embrun pour le STO avec René Philip et Abel Fouret ; décision à Gap de devenir réfractaire. |
| mars 1943 | Installation clandestine à Combe-Brézès grâce à Albin Joubert. |
| 12 mars 1943-3 juillet 1944 | Période couverte par le journal collectif du groupe. |
| 1943-1944 | Vie clandestine et développement du groupe de Combe-Brézès. |
| 1993 | Témoignage auprès de Sylvain Reynaud et mise à disposition du journal. |
| 1994 | Publication avec Jean-Marie Guillon de l’étude fondée sur cette documentation. |
| 29 février 2004 | Décès à Briançon. |
Sources consultées
Persée. Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon, « La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais ». Cette étude a fourni la nature du journal collectif, sa chronologie, les conditions de sa conservation et le rôle de Roger Guion comme témoin direct de l’histoire de Combe-Brézès. Persée — article intégral
Embrun en 1939-1945. « Le maquis de Combe-Brézès ». Cette page a fourni la chronologie du 12 mars 1943, l’identité des trois premiers réfractaires, l’aide d’Albin Joubert et plusieurs éléments sur la vie quotidienne. Le maquis de Combe-Brézès
Données d’état civil indexées. Les données relatives aux décès ont fourni les prénoms complets Roger Fernand, la naissance le 22 mai 1922 à Embrun et le décès le 29 février 2004 à Briançon. Décès à Briançon en 2004