René Jean Marie EYMIN, né le 12 novembre 1917 à Embrun (Hautes-Alpes), mort en 2004, Français.
René Eymin est un officier de carrière originaire d’Embrun. Les sources du Service historique de la Défense l’identifient comme René Jean Marie Eymin, né le 12 novembre 1917 à Embrun. Officier au moment de la défaite, il est renvoyé dans ses foyers après la dissolution de l’armée d’armistice. Il trouve ensuite une couverture professionnelle dans l’Embrunais, les sources locales mentionnant notamment les Ponts-et-Chaussées ou les Eaux et Forêts.
Engagement dans la Résistance
Le Service historique de la Défense atteste sa participation à la Résistance à partir de juin 1943 dans le sous-secteur FFI d’Embrun. Les sources mémorielles précisent qu’il est chargé par l’Organisation de résistance de l’armée de recruter des militaires et qu’après un passage dans les maquis du Champsaur il prend la direction d’un groupe de réfractaires installé à Combe-Brézès, qu’il transforme en formation combattante.
Appartenance à un réseau ou mouvement
René Eymin appartient à l’Organisation de résistance de l’armée ORA et aux Forces françaises de l’intérieur FFI. Il commande le maquis des Orres, dans le secteur d’Embrun. Le groupe de Combe-Brézès, initialement refuge de réfractaires au STO, devient sous son commandement un véritable maquis combattant ; il rassemble environ cent cinquante hommes en août 1944.
Missions et actions
Eymin conduit plusieurs opérations de sabotage, de harcèlement et d’embuscade dans l’Embrunais. Le 22 juillet 1944, son groupe participe à un dispositif d’embuscade sur la route nationale 94 entre Embrun et Saint-Clément. Le maquis se déplace régulièrement pour éviter les recherches allemandes, notamment entre Combe-Brézès, la cascade de la Pisse, les sources de Jérusalem et les hauteurs de Châteauroux.
Son action déborde ponctuellement l’Embrunais. Lors de la progression allemande vers le col de Vars en juin 1944, les groupes du Guil ne peuvent intervenir efficacement, notamment faute d’armes. René Eymin est alors le seul chef de maquis du secteur signalé comme ayant tenté une action de harcèlement contre la colonne allemande ; il arrive toutefois trop tard, les Allemands ayant déjà franchi le col.
Le 21 août 1944, son groupe participe aux opérations de la Libération de l’Embrunais. Après celle-ci, les résistants du maquis des Orres et d’autres volontaires constituent une compagnie du bataillon FFI des Hautes-Alpes.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation ou déportation de René Eymin n’est signalée dans les sources consultées. La clandestinité l’oblige cependant à de fréquents changements de position. Un épisode rapporté par ses souvenirs le montre même utilisant involontairement un véhicule allemand pour rejoindre une réunion clandestine à Gap sans être identifié comme résistant.
Camarades de combat
René Eymin entretient des liens avec les responsables ORA et FFI de l’Embrunais. À la fin du mois d’août 1944, une partie des anciens maquisards de Boscodon doit se mettre à sa disposition. Il reste après-guerre en relation avec Marcel Imbert ; une photographie de Roger Cézanne les montre ensemble lors d’une commémoration à Crots.
Retour à la vie civile
La Libération ne marque pas la fin de sa carrière militaire. Promu lieutenant, Eymin commande la 2e compagnie du 11e bataillon de chasseurs alpins et participe à la campagne de 1944-1945, notamment aux combats du Queyras. Il devient capitaine en 1949, sert en Indochine de 1950 à 1952, en Tunisie de 1954 à 1957 et en Algérie en 1957 puis de 1960 à 1962. Chef de bataillon en 1960, lieutenant-colonel en 1963 puis colonel en 1967, il devient en 1970 adjoint au général commandant la 65e division militaire et est placé en deuxième section en 1974 avec le grade de général de brigade.
Retiré à Besançon, il contribue lui aussi à la mémoire de la Résistance et publie en 1994 Souviens-toi, à l’occasion du cinquantenaire de la Libération. Il meurt en 2004.
Décorations
Une photographie documente une décoration remise à René Eymin par le commandant Terrasson-Duvernon devant la caserne Surian d’Embrun en septembre 1944.
Les recherches présentes n’ont toutefois pas permis d’identifier avec certitude la nature de cette décoration ni d’établir la liste exhaustive de ses distinctions à partir des actes attributifs officiels ; aucune attribution précise n’est donc affirmée sans réserve.
Lieux de mémoire
Combe-Brézès, les Orres, la cascade de la Pisse, les sources de Jérusalem, Châteauroux-les-Alpes et Embrun sont associés aux déplacements et combats de son maquis. Ses archives personnelles sont conservées au Service historique de la Défense sous la cote GR 1 K 959.
Références bibliographiques
Souviens-toi. René Eymin, 1994. Recueil mémoriel publié pour le cinquantenaire de la Libération et consacré notamment à son activité résistante.
Le Maquis de l’Embrunais, secteur « G » de la Résistance des Hautes-Alpes. Sylvain Reynaud. Étude utilisée par les travaux mémoriels pour reconstituer la formation et les opérations du maquis des Orres.
Résistance en Embrunais. Le Maquis du Boscodon 1943-1945. Marcel Imbert, 1995. L’ouvrage apporte des informations complémentaires sur Eymin et sur les relations entre les formations résistantes de l’Embrunais.
Références internet
Service historique de la Défense. Notice « Général René Eymin », cote GR 1 K 959. Source institutionnelle essentielle pour l’état civil, la Résistance, la campagne de Libération et la carrière militaire d’après-guerre. Fonds du général René Eymin — GR 1 K 959
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Le répertoire GR 16 P identifie René Jean Marie Eymin, né le 12 novembre 1917 à Embrun, sous la cote GR 16 P 213409, avec homologation.
Mémoire Vive de la Résistance. L’étude sur l’ORA dans les Basses-Alpes documente sa tentative de harcèlement contre la colonne allemande ayant franchi le col de Vars en juin 1944. L’ORA dans les Basses-Alpes
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense : GR 16 P 213409 — EYMIN, René Jean Marie, né le 12 novembre 1917 à Embrun (Hautes-Alpes). Le répertoire mentionne une homologation.
Un important fonds personnel et militaire est en outre conservé sous la cote GR 1 K 959 — Général René Eymin, comprenant notamment études, carnets, messages et correspondances relatifs au maquis de l’Embrunais.
Observations
Les sources locales divergent légèrement sur la couverture professionnelle d’Eymin pendant la clandestinité, certaines mentionnant les Ponts-et-Chaussées, d’autres les Eaux et Forêts. Cette différence ne remet pas en cause son identification, solidement établie par les fonds du Service historique de la Défense.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, l’homologation, l’activité résistante et la carrière militaire sont documentées par deux références archivistiques du Service historique de la Défense, complétées par plusieurs sources historiques concordantes.
Chronologie
| Date | Événement |
| 12 novembre 1917 | Naissance à Embrun. |
| 1940-1942 | Officier ; retour à la vie civile après la dissolution de l’armée d’armistice. |
| juin 1943 | Participation attestée à la Résistance dans le sous-secteur FFI d’Embrun. |
| 1944 | Prend le commandement du maquis des Orres. |
| juin 1944 | Tente de harceler la colonne allemande franchissant le col de Vars. |
| 22 juillet 1944 | Embuscades sur la RN 94. |
| 21 août 1944 | Libération de l’Embrunais. |
| septembre 1944 | Commandement dans les forces issues des FFI. |
| 1944-1945 | Campagne de la Libération au 11e BCA. |
| 1950-1952 | Guerre d’Indochine. |
| 1954-1957 | Service en Tunisie. |
| 1957 et 1960-1962 | Service en Algérie. |
| 1974 | Général de brigade en deuxième section. |
| 1994 | Publication de Souviens-toi. |
| 2004 | Décès. |
Sources consultées
Service historique de la Défense. Fonds Général René Eymin, GR 1 K 959. La notice archivistique a fourni l’état civil, la date d’entrée attestée dans la Résistance, la campagne de Libération et la carrière militaire complète d’après-guerre. Notice archivistique René Eymin
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Répertoire GR 16 P, cote 213409. Cette source confirme l’identité complète, la naissance à Embrun et l’existence d’un dossier homologué. Répertoire GR 16 P — René Eymin
Mémoire Vive de la Résistance. « L’ORA dans les Basses-Alpes », par Boris de Gueyer. Cette étude a fourni l’information précise relative à la tentative de harcèlement menée par Eymin contre la colonne allemande au col de Vars. L’ORA dans les Basses-Alpes
Embrun en 1939-1945. Les pages consacrées à René Eymin et aux combats du maquis des Orres ont apporté les informations complémentaires sur la formation du maquis, ses déplacements, ses embuscades et la mémoire d’après-guerre. René Eymin
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. L’inventaire des fonds de résistants confirme également l’existence et le contenu général du fonds GR 1 K 959.