Paul Henri RAVEL, alias Bernard,né le 2 février 1904 à Archail (Basses-Alpes, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence), date et lieu de décès non établis lors des présentes recherches, Français.
Paul Ravel est pupille de la Nation, son père étant mort pendant la Première Guerre mondiale. Enseignant, il devient adjoint d’enseignement au collège mixte d’Embrun, où il exerce également des fonctions assimilées à celles de surveillant général. Marié en 1930 à une institutrice de Saint-Martin-de-Queyrières, il a deux enfants. Les sources le décrivent avant-guerre comme pacifiste et socialiste.
Le répertoire du Service historique de la Défense permet d’identifier Paul Henri Ravel, né le 2 février 1904 à Archail, sous la cote GR 16 P 501065. Le dossier comporte des homologations au titre de la Résistance.
Engagement dans la Résistance
Paul Ravel devient l’un des responsables majeurs de la Résistance dans les Hautes-Alpes. Les sources locales et le Maitron, cité par celles-ci, le présentent comme chef de l’Armée secrète des Hautes-Alpes et comme responsable civil départemental des maquis. Son emploi au collège d’Embrun constitue sa couverture légale. Il participe notamment au ravitaillement de l’école de cadres de la Résistance de Freissinières.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Ravel appartient à l’Armée secrète et exerce une responsabilité départementale. Son rôle doit être distingué de celui de Marcel Imbert : les sources établissent que Ravel contribue au rattachement du groupe de Boscodon à la Résistance organisée, mais elles ne permettent pas de le qualifier de chef direct de ce maquis.
En avril 1943, Marcel Imbert, confronté à l’arrivée croissante de réfractaires, prend contact avec lui. Une réunion est organisée le 15 avril à Boscodon et aboutit à la nomination d’Imbert comme chef civil et militaire du maquis. Cette séquence établit une relation hiérarchique ou de coordination avec l’organisation départementale sans remettre en cause l’autonomie opérationnelle d’Imbert à Boscodon.
Missions et actions
Ravel assure des responsabilités de coordination, d’organisation et de ravitaillement. Le 14 mai 1944, il participe avec des membres de l’état-major résistant à une réunion au restaurant Raso, à La Montagne de Crottes, où Marcel Imbert reçoit la consigne de reconstituer rapidement son maquis en prévision des opérations de Libération.
Après la rafle de Boscodon et la dispersion du groupe, Ravel demeure associé aux décisions concernant les maquisards encore disponibles : certains rejoignent la compagnie FTPF d’Embrun avec l’accord de Marcel Imbert et de Paul Ravel.
Arrestation / évasion / déportation
Paul Ravel est arrêté le 16 mai 1944, jour de la rafle de Boscodon, sur son lieu de travail au collège d’Embrun. Georges Mallet, arrêté avec lui, est relâché. Ravel est transféré à Gap, interrogé et torturé à la villa Mayoli, siège de la Gestapo, puis emprisonné à la caserne Desmichels. Les témoignages rapportent qu’il ne livre aucune information. Menacé d’exécution, il échappe au peloton grâce à la libération de Gap et est délivré par les FFI le 20 août 1944.
Camarades de combat
Son activité le met notamment en relation avec Marcel Imbert, Georges Mallet, Henri Vidoux et les responsables départementaux de la Résistance haut-alpine. Sa relation avec Imbert est particulièrement bien documentée en raison du rôle joué dans la reconnaissance et l’organisation du maquis de Boscodon.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Paul Ravel poursuit son engagement civique et politique. Membre du Comité départemental de Libération des Hautes-Alpes, il adhère au Parti communiste et est élu conseiller général d’Embrun en septembre 1945 pour un mandat. Sa carrière professionnelle le conduit ensuite à Bougie (Algérie), puis en Ardèche et à Lyon. Il se retire finalement dans les Basses-Alpes et est inhumé à Digne.
Décorations
Médaille de la Résistance Française par décret du 25 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 Source Ordre de la Libération. Côte du dossier : 1O53056
Aucune liste complète de décorations accompagnée des actes attributifs correspondants n’a pu être établie dans les sources accessibles lors des présentes recherches. Aucune autre décoration n’est donc affirmée ici.
Lieux de mémoire
Le collège d’Embrun, où il est arrêté le 16 mai 1944, la villa Mayoli et la caserne Desmichels à Gap sont les principaux lieux associés à son arrestation. Boscodon constitue également un lieu majeur de son action en raison de son rôle dans le rattachement du maquis à l’organisation résistante départementale.
Références bibliographiques
Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français — Le Maitron. La notice consacrée à Paul Ravel, signalée et exploitée par les travaux mémoriels locaux, constitue une source biographique essentielle sur sa profession, son engagement, son arrestation et son parcours politique.
Maquisards et Gestapo. Richard Duchamblo. L’ouvrage documente notamment le rôle de Ravel dans la Résistance haut-alpine et son arrestation.
Résistance en Embrunais. Le Maquis du Boscodon 1943-1945. Marcel Imbert, 1995. Témoignage direct sur les relations entre Imbert et Ravel et sur l’intégration du maquis dans la Résistance organisée.
Références internet
Embrun en 1939-1945. La notice Paul Ravel fournit une synthèse de son rôle dans l’Armée secrète, de son arrestation, de sa détention et de son parcours après-guerre. Paul Ravel
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Le répertoire GR 16 P identifie Paul Henri Ravel, né le 2 février 1904 à Archail, sous la cote GR 16 P 501065.
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense : GR 16 P 501065 — RAVEL, Paul Henri, né le 2 février 1904 à Archail (Basses-Alpes). Le répertoire indique des homologations résistantes.
Observations
La distinction entre responsable départemental et chef du maquis de Boscodon est importante : Ravel est attesté comme responsable de l’Armée secrète des Hautes-Alpes et comme interlocuteur d’Imbert, tandis que Marcel Imbert est explicitement désigné chef civil et militaire de Boscodon lors de la réunion du 15 avril 1943.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité est confirmée par le répertoire administratif du SHD et le parcours résistant par plusieurs sources concordantes, dont des travaux biographiques fondés sur le Maitron et les témoignages des acteurs de Boscodon.
Chronologie
| Date | Événement |
| 2 février 1904 | Naissance à Archail. |
| Avant 1943 | Adjoint d’enseignement au collège d’Embrun. |
| avril 1943 | Contact avec Marcel Imbert ; rattachement du groupe de Boscodon à la Résistance organisée. |
| 15 avril 1943 | Réunion de Boscodon et désignation d’Imbert comme chef civil et militaire du maquis. |
| 14 mai 1944 | Réunion avec Imbert et l’état-major résistant à La Montagne de Crottes. |
| 16 mai 1944 | Arrestation au collège d’Embrun. |
| mai-août 1944 | Tortures et détention à Gap. |
| 20 août 1944 | Libération de la caserne Desmichels par les FFI. |
| septembre 1945 | Élection comme conseiller général d’Embrun. |
Sources consultées
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Répertoire GR 16 P, cote 501065. Cette source a fourni l’identité Paul Henri Ravel, sa date et son lieu de naissance et l’existence d’un dossier administratif de résistant. Répertoire GR 16 P — lettre R
Embrun en 1939-1945. La notice Paul Ravel a fourni les informations relatives à sa profession, sa responsabilité départementale dans l’Armée secrète, son arrestation, sa détention et son activité après-guerre. Notice Paul Ravel
Embrun en 1939-1945. Le dossier consacré à la création du maquis a fourni le témoignage de Marcel Imbert sur le contact avec Ravel et la réunion du 15 avril 1943. Création du maquis de Boscodon