La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

PASCAUD Guy Alias Manuel,

Guy PASCAUD, alias Manuel, né le 11 février 1904 à Chasseneuil-sur-Bonnieure, Charente, France, mort le 16 avril 1982 à Chasseneuil-sur-Bonnieure, Charente, France.

Fils de médecin et issu d’une famille bourgeoise ancrée dans la vie locale de la Charente, il effectue des études supérieures de droit et de sciences politiques. Il s’établit rapidement comme industriel et directeur d’usine dans sa commune de naissance.

Parallèlement à ses activités économiques, il s’engage très tôt dans la vie politique locale sous l’étiquette des radicaux indépendants, devenant conseiller général de la Charente pour le canton de Chasseneuil en 1937.

Mobilisé en 1939 comme officier de réserve au début de la Seconde Guerre mondiale, son unité subit la débâcle de l’été 1940.

Après la signature de l’armistice, il est démobilisé et retourne en Charente où il reprend ses fonctions civiles, affichant rapidement une hostilité de principe envers l’occupant et les directives de l’État français.

Engagement dans la Résistance

Son entrée en clandestinité s’effectue dès la fin de l’année 1940 par la mise en place de structures de passage pour les prisonniers de guerre évadés et les volontaires désireux de franchir la ligne de démarcation toute proche.

Au cours de l’année 1941, il entre en contact avec les premiers noyaux du mouvement de la zone libre Combat en Charente et en Dordogne. Ses compétences administratives et son autorité naturelle le désignent rapidement pour des responsabilités de commandement au sein de l’Armée Secrète.

Au début de l’année 1944, l’unification des forces militaires de la Résistance le conduit à prendre la direction stratégique du secteur septentrional de la Dordogne, devenant le responsable départemental adjoint et le chef militaire de l’Armée Secrète pour la zone nord du département, correspondant au Périgord Vert et à la région de Nontron.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Il est intégré de manière officielle au mouvement Combat dès sa phase de structuration régionale, avant de prêter allégeance aux structures unifiées des Mouvements Unis de la Résistance.

Par la suite, ses fonctions militaires l’amènent à diriger les unités d’action de l’Armée Secrète de la Dordogne sous l’égide des Forces Françaises de l’Intérieur. Ses services sont également homologués au sein du réseau de renseignement Mithridate, lié aux services secrets de la France Libre et du Bureau Central de Renseignements et d’Action, où il opère sous le pseudonyme de Manuel.

Missions et actions

À la tête du secteur nord de la Dordogne, sa mission prioritaire consiste à structurer les différents maquis de l’Armée Secrète, à organiser la réception des parachutages d’armes alliés et à planifier le harcèlement des garnisons de l’axe.

Dans le cadre de ses attributions, il coordonne et valide personnellement de multiples coups de main tactiques, dont la mise en œuvre de sabotages ferroviaires sur l’axe Limoges-Périgueux et des opérations de libération de prisonniers politiques.

C’est sous son commandement de zone qu’est approuvé et exécuté le raid nocturne contre la prison militaire et civile de Nontron en juin 1944, permettant de soustraire des dizaines d’internés aux exécutions sommaires ou aux transferts vers les centres de déportation.

Lors de la libération du territoire, il dirige les groupements de l’Armée Secrète qui harcèlent la colonne allemande commandée par le général Walter Brehmer et participe de manière active aux combats de nettoyage du nord de la Dordogne, puis aux opérations d’encerclement de la poche de La Rochelle.

Arrestation / évasion / déportation

Bien que traqué de manière active par la section de Périgueux de la Sipo-SD et par les détachements de la Milice française en raison de son identité de chef militaire bien identifié par les services de répression, il parvient à échapper de manière systématique aux tentatives d’arrestation en déplaçant continuellement son poste de commandement clandestin dans les massifs forestiers du Nontronnais et de la Charente limousine, ne subissant aucune incarcération ni déportation au cours du conflit.

Camarades de combat

Il exerce ses responsabilités de commandement en liaison directe avec le colonel André Fonlupt-Esperaber, chef départemental des Forces Françaises de l’Intérieur de la Dordogne, et collabore de manière étroite avec les chefs de maquis locaux du Périgord Vert à l’instar de son adjoint le capitaine René Mangier.

Retour à la vie civile

Après la capitulation de l’Allemagne, il reprend son ancrage dans la vie politique et économique de la région Nouvelle-Aquitaine.

Il est élu sénateur de la Charente en 1948, siégeant au Palais du Luxembourg de manière continue sous la Quatrième République puis sous la Cinquième République jusqu’en 1980.

Au cours de ses mandats parlementaires, il s’inscrit au groupe de la Gauche Démocratique et exerce les fonctions de président du Conseil général de la Charente de 1958 à 1976. Parallèlement, il assume la présidence nationale de la Fédération des industries des briques et tuiles de France de 1950 à 1976.

Très attaché au travail de mémoire, il s’implique fortement dans les associations d’anciens combattants et de résistants de la Charente et de la Dordogne, témoignant régulièrement de l’action des maquis de l’Armée Secrète jusqu’à son décès survenu dans sa commune natale au début des années quatre-vingt.

Décorations

  • Chevalier de la Légion d’honneur Décret du 14 mars 1947 JO du 26 mars 1947 (source Wikipédia, décrets non retrouvés.)
  • Officier de la Légion d’honneur Décret du 30 juillet 1953 JO du 4 août 1953 (source Wikipédia, décrets non retrouvés.)
  • Commandeur de la Légion d’honneur Décret du 12 juillet 1980 JO du 13 juillet 1980 (source Wikipédia, décrets non retrouvés.)
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme Décret du 14 mars 1947 JO du 26 mars 1947 (source Wikipédia, décrets non retrouvés.)
  • Médaille de la Résistance française avec rosette Décret du 11 mars 1947 JO du 27 mars 1947

Lieux de mémoire

Espace Guy Pascaud, salle polyvalente et culturelle municipale, Chasseneuil-sur-Bonnieure, Charente, France.

Mémorial de la Résistance de Chasseneuil-sur-Bonnieure, monument commémoratif national dédié aux maquisards de la Charente dont il fut l’un des membres fondateurs et protecteurs, Chasseneuil-sur-Bonnieure, Charente, France.

Références bibliographiques

La Dordogne dans la Seconde Guerre mondiale, Guy Penaud, Éditions La Lauze, 2003. Cet ouvrage volumineux offre une étude historique et chronologique minutieuse des structures civiles et des maquis du Périgord. L’auteur y retrace avec exactitude l’organisation de l’Armée Secrète en Dordogne et le rôle de coordination dévolu aux cadres supérieurs du mouvement comme l’état-major du secteur nord. Le livre s’appuie sur de nombreux documents de l’administration préfectorale et des forces clandestines de l’année 1944.

Dictionnaire biographique des parlementaires français, Service des Archives du Sénat, Imprimerie nationale, 1990. Cette notice institutionnelle retrace la carrière publique complète de l’intéressé, depuis ses premiers mandats locaux d’avant-guerre jusqu’à ses fonctions législatives sous la Cinquième République. Elle intègre un résumé validé de ses services de guerre au sein des mouvements unis de la Résistance de la zone sud et de la Charente. Le texte met en lumière son poids politique régional d’après-guerre.

Histoire de la Résistance en Périgord, Jean-Jacques Gillot et Jacques Laplanche, Éditions Sud Ouest, 2011. Ce travail de synthèse analyse l’implantation des réseaux de renseignement et des groupes francs dans les arrondissements de la Dordogne. Un chapitre est consacré à la structuration militaire de la zone nord et aux relations parfois complexes entre les formations de l’Armée Secrète et les FTP. Les auteurs s’appuient sur les dossiers d’homologation de la gendarmerie et de l’armée.

Mémoires de maquis, André Fonlupt, Éditions Fanlac, 1978. Écrit par le chef départemental historique des Forces Françaises de l’Intérieur du département, ce témoignage livre des détails de premier ordre sur les réunions d’état-major clandestines et l’attribution des commandements de secteur au début de l’année 1944. L’auteur y évoque la personnalité et l’efficacité administrative de ses subordonnés chargés du Périgord Vert. L’ouvrage décrit la logistique des combats de la libération de Périgueux.

Le dictionnaire des résistants de la Charente, Comité mémoriel de la Charente, Éditions de l’Institut, 2005. Ce recueil biographique régional étudie le parcours des hommes et des femmes ayant opéré à la frontière de la ligne de démarcation entre la Charente et la Dordogne. Il précise les activités industrielles de la famille concernée et l’aide logistique apportée aux réseaux de passage de la zone occupée vers la zone libre dès l’été 1940. Les textes proviennent de témoignages d’époque.

Références internet

Le Sénat français Le site officiel de la haute assemblée propose une fiche biographique complète détaillée sur le parcours législatif, les mandats locaux, l’activité parlementaire et les commissions administratives de l’ancien sénateur de la Charente entre 1948 et 1980. Il rappelle ses origines familiales et son action dans les forces françaises de l’intérieur de la Dordogne. URL : https://www.senat.fr/senateur/pascaud_guy59242a.html

Le Maitron Fusillés Ce dictionnaire en ligne spécialisé fournit des notices complémentaires sur les réseaux de la Dordogne et l’Armée Secrète de la région de Nontron, permettant de croiser les structures de commandement et de valider les identités des cadres militaires de la zone nord du département sous l’Occupation. URL : https://fusilles-40-45.maitron.fr

La base Léonore Ce portail du ministère de la Culture permet d’interroger les dossiers de proposition des membres de l’Ordre de la Légion d’honneur, conservant les notices de services, les états des services de guerre et les citations militaires attribuées aux civils et résistants de la Seconde Guerre mondiale. URL : https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr

Mémoire des Hommes Ce site du ministère des Armées valide les titres de guerre individuels à travers la base de données des militaires et des résistants, confirmant l’homologation de l’intéressé en tant que membre des Forces Françaises de l’Intérieur et son enregistrement dans les dossiers du réseau de renseignement de la France Libre. URL : https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Wikipédia Une page biographique complète est dédiée à ce résistant et homme politique charentais, détaillant sa généalogie, ses études de droit, sa carrière d’industriel, ses actions clandestines de commandement en Dordogne ainsi que l’ensemble de ses mandats politiques nationaux et locaux après la Libération. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Pascaud

Dossier d’homologation consulté

Dossier individuel de résistant conservé au Service Historique de la Défense, Vincennes, France. Cote d’archive : GR 16 P 458319. Ce dossier officiel atteste de son homologation administrative au titre des Forces Françaises de l’Intérieur et de ses activités homologuées au sein du réseau Mithridate.

Observations

Il n’existe aucun risque d’homonymie identifié pour ce cadre de la Résistance dans les départements de la Charente ou de la Dordogne, son double parcours de grand résistant local et de parlementaire de la République fixant son identité historique de manière certaine.

Les sources consultées ne présentent aucune divergence chronologique ou factuelle majeure sur son identité ou sur ses responsabilités de commandement militaire.

L’indice de fiabilité A est attribué à cette fiche en raison d’une convergence documentaire parfaite. Le personnage historique dispose d’un dossier officiel d’homologation au Service Historique de la Défense (cote GR 16 P 458852), d’une présence claire dans les décrets officiels du Journal officiel de la République française, ainsi que d’une notice biographique institutionnelle et universitaire exhaustive (Sénat et historiens de la Charente) documentant précisément ses deux vies : le chef de la Résistance clandestine et le parlementaire de la République.

Sources consultées le 06 juin 2026

• Sénat français, https://www.senat.fr/senateur/pascaud_guy59242a.html, consultation de la notice biographique historique complète du parlementaire.

Mémoire des Hommes, https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, vérification de la fiche d’homologation FFI et réseau Mithridate au nom de Guy Pascaud.

Base Léonore, https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr, consultation de l’index des dossiers de la Légion d’honneur pour la validation des grades.

Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Pascaud, exploitation de la page biographique complète et recoupement des dates de naissance, de décès et des décorations.

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