Jean Georges Maurice NALLIT est né le 14 septembre 1923 dans le 6ᵉ arrondissement de Lyon, s’est éteint le 12 novembre 2024 à Anse (près de Lyon) issu d’une famille modeste ; son père, grand invalide de la Première Guerre mondiale, était réparateur de machines à écrire, sa mère Antoinette travaillait comme secrétaire dans la Résistance.
Il obtient son certificat d’études puis entre à l’École des métiers des industries métallurgiques du Rhône, où il devient tourneur-ajusteur avant que l’école ne ferme en 1939. En 1940, il est recruté par la Compagnie du Gaz de Lyon, travaillant à la centrale thermique de La Mouche .
En 1941, influencé par les militants syndicaux CGT/CFDT et poussé par sa sensibilité face à la montée du nazisme, il commence la distribution de tracts et journaux clandestins. À l’appel du père refusant son engagement militaire, il rejoint quand même la clandestinité après son enrôlement aux Chantiers de jeunesse début 1943, où il s’évade .
Il intègre en juin 1943 le réseau Charette (également appelé Darius), sous le pseudonyme “Gratien“, aux côtés de sa mère et de sa sœur Renée.
Nommé adjoint de Pierre Frey au service identité et impression, il organise la fabrication et diffusion de faux papiers—cartes d’identité, extraits de naissance, fiches de démobilisation, laissez-passer—réalisant environ 30 000 faux documents dont près de 300 pour des Juifs . Il participe également au renseignement : repérage de péniches transportant des pièces de sous-marins sur la Saône, et contribue à l’organisation de maquis dans l’ouest lyonnais.
Arrestation / déportation
Le 31 mars 1944, lors d’une mission de livraison, il est arrêté avec Georges Tassani à proximité du domicile de Bernard Grossman, piégé par la Gestapo . Soumis à d’atroces tortures au siège de la Gestapo, il est ensuite incarcéré à la prison Montluc . Le 1er mai 1944, il est transféré au camp de Royallieu à Compiègne, puis déporté à Buchenwald le 12 ou 15 mai (matricule 49839), affecté d’abord à la carrière, ensuite au kommando de Schönebeck, usine de pièces d’avions où il participe même à un sabotage. Le 11 avril 1945, à l’approche alliée, il est contraint à une marche de la mort vers la Baltique. Il est libéré le 8 mai 1945 aux environs de Schwerin par les Américains .
Camarades de combat
Parmi ses compagnons de réseau, on trouve Pierre Frey (responsable identité), Georges Tassani (arrêté en même temps), Bernard Grossman (liaison avec Armée juive) .
Retour à la vie civile
De retour en France le 15 mai 1945, affaibli, il met trois ans à se rétablir. Reprend ensuite sa carrière au sein d’EDF-GDF . Il s’engage dans des associations de la mémoire, devenant coprésident du Mouvement d’Union et d’Action des Déportés et Internés de la Résistance, et président du Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés Résistants . Accompagné par son épouse Gilberte Florin ( résistante), il témoigne devant plus de 100 000 élèves .
Décorations
- Médaille de la Résistance Française par décret du 31 Mars 1947 JO 13 juillet 1947 source Ordre de la Libération.
- Côte du dossier : 1O46521
- Croix du Combattant
- Commandeur de la Légion d’honneur (1983)
- Grand officier de l’Ordre national du Mérite (2007)
- Commandeur des Palmes académiques
- Juste parmi les Nations (16 avril 1992) par Yad Vashem.
- Grand‑Croix de la Légion d’honneur, remise par Emmanuel Macron (9 octobre 2019)
Lieux de mémoire
- Square Nallit à Lyon & rond‑point des Justes à Caluire-et-Cuire
Références bibliographiques
Renseignements et faux papiers : mon parcours de Résistant de Lyon à Buchenwald, Jean Nallit (autobiographie), éditeur non précisé. Ce livre retrace son engagement, ses missions clandestines, et son expérience déportation, incluant un récit du sabotage dans l’usine d’avions.
Références internet
- CHRD Lyon : Portrait de Jean Nallit – page retraçant sa biographie, photographies et contexte de son action fr.wikipedia.org+14chrd.lyon.fr+14chrd.lyon.fr+14
- Comité Français pour Yad Vashem – dossier détaillé (Juste parmi les Nations) avec noms des personnes sauvées, lieux commémoratifs yadvashem-france.org
- UNADIF‑FNDIR – nécrologie détaillée, décorations, funérailles unadif.fr