La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Egalement désignée dans les sources comme AWG-WABEKO. La forme la plus solide à retenir est celle d’une organisation allemande d’achats et de marché noir liée à l’administration militaire allemande en Belgique et dans le Nord de la France occupés ; certaines sources françaises d’archives et de renseignement montrent toutefois que ses activités et ses affaires débordent sur la France occupée au sens large.

Déroulement de l’opération

L’Organisation Schmidt est un dispositif durable de prédation économique. Les sources consultées la situent surtout dans la séquence 1942-1943 comme une agence allemande accréditée pour les achats sur le marché noir.

Un tableau de synthèse historique la définit comme la « General Goods Company », agence d’achats du gouverneur militaire, sous la dénomination Allgemeine Warengesellschaft, avec la précision explicite « AWG-WABEKO, also “Organisation Schmidt” ».

Ce même tableau lui attribue l’achat de « tous types de marchandises » à l’exception de certaines catégories réservées à d’autres bureaux spécialisés.

Les travaux de Paul Sanders montrent que ces achats ne relevaient pas d’un commerce ordinaire mais d’un système d’exploitation économique lié à l’Occupation.

Ils insistent sur le fait que les achats allemands au marché noir constituaient un « pillage par d’autres moyens », en raison des prix arbitrairement élevés payés par l’occupant et de l’effet d’aspiration exercé sur les stocks au détriment de l’économie civile.

Dans cette logique, l’Organisation Schmidt s’insère dans un ensemble plus vaste de bureaux d’achats allemands opérant dans les territoires occupés.

Circonstances

L’essor de cette organisation s’explique par les pénuries, le rationnement, la désorganisation des circuits légaux et la volonté allemande de drainer les ressources des territoires occupés.

Les mêmes travaux montrent que l’implication allemande dans le marché noir devient progressivement un phénomène omniprésent entre occupés et occupants.

Ils indiquent aussi qu’après les premières frictions avec la WIFO, l’administration militaire de Bruxelles met en place une organisation distincte sous sa propre autorité, AWG, qui remplace cette dernière dans ses tâches.

Cette donnée explique pourquoi l’Organisation Schmidt apparaît d’abord comme une structure de l’espace Belgique–Nord de la France, avant d’être repérée dans des dossiers français plus larges sur la collaboration économique et les achats allemands.

Les sources françaises citées par Sanders confirment qu’en 1943 le BCRA suit de près « l’organisation du marché noir » mise en place par les autorités d’occupation. Elles attestent donc que cette structure intéresse directement le renseignement de la France combattante, non comme réseau de Résistance, mais comme instrument économique de l’occupant.

Figures marquantes

Les sources consultées permettent seulement d’identifier un « Schmidt » à l’origine de l’appellation usuelle « Organisation Schmidt », sans que son prénom, sa biographie complète et sa fonction exacte aient été retrouvés avec un degré de certitude suffisant dans les résultats ouverts ici consultés.

Il serait donc imprudent d’aller plus loin sur son identité personnelle. En revanche, les sources établissent bien que l’organisation relevait de la sphère de l’administration militaire allemande et des bureaux d’achats du Reich.

Les sources montrent que ce type d’organisme a contribué à l’aggravation des pénuries, au détournement des stocks et à la désorganisation du ravitaillement civil sous l’Occupation.

Conséquences

La conséquence principale de l’Organisation Schmidt est économique et sociale. Les travaux consultés montrent qu’elle participe à l’aspiration des marchandises, à la concurrence entre services allemands et à l’extension du marché noir dans les territoires occupés. Sanders souligne aussi la continuité entre achat et pillage, en expliquant qu’après la phase de centralisation Veltjens de 1942-1943, des organismes comme l’AWG furent encore mobilisés dans des efforts de réquisition touchant notamment les cloches d’église et le mobilier.

Pour la France, les traces archivistiques disponibles montrent au moins deux indices précis de cette présence. D’une part, un dossier des Archives nationales signalé par FranceArchives porte sur les « Affaires Schmidt et autres : achat de métal au crédit des autorités allemandes », daté d’août 1942.

D’autre part, les références archivistiques citées dans le travail de Sanders mentionnent des états français recensant « les dénominations et les adresses des bureaux d’achats allemands de Paris et de la région parisienne ».

Ces éléments confirment que l’Organisation Schmidt n’est pas seulement un label belge, mais qu’elle entre bien dans les affaires de collaboration économique et d’achats allemands suivies en France occupée.

Références bibliographiques

Paul Sanders, German black market operations in occupied France and Belgium, 1940-44. Cette thèse constitue la référence la plus utile pour identifier l’AWG-WABEKO comme « Organisation Schmidt », pour en préciser la fonction d’agence d’achats allemande et pour la replacer dans le système plus large du marché noir de l’Occupation. On y trouve aussi les références archivistiques françaises et allemandes permettant de rattacher cette organisation aux pratiques d’exploitation économique en France et en Belgique.

Paul Sanders, “Economic draining – German black market operations in occupied France and Belgium, 1940-1944”. Cet article, signalé par la base bibliographique consultée, résume le raisonnement central de l’auteur sur le rôle du marché noir allemand comme instrument de ponction économique dans les territoires occupés. Il est particulièrement utile pour la portée générale du phénomène et pour la place de l’Organisation Schmidt dans ce système.

René Sédillot, Histoire des marchés noirs. Cet ouvrage n’est pas centré exclusivement sur l’Organisation Schmidt, mais il est cité par la bibliographie de Sanders comme référence de contexte sur le marché noir pendant l’Occupation. Il est utile pour replacer le cas Schmidt dans l’histoire générale des trafics et des circuits parallèles sous Vichy et sous contrôle allemand.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance. La vérification préalable montre qu’il n’existe pas, dans les résultats consultés, de fiche MVR sur l’Organisation Schmidt ; la fiche retrouvée concerne Paul SCHMIDT, résistant français. Cette source est donc utile pour lever l’homonymie et éviter toute confusion documentaire. https://mvr.asso.fr/schmidt/

Paul Sanders. Le texte intégral de la thèse fournit l’identification la plus précise de l’AWG-WABEKO comme « Organisation Schmidt », décrit sa fonction d’agence d’achats et la replace dans le marché noir allemand en France et en Belgique occupées. https://paul-sanders.org/wp-content/uploads/2019/07/phdtext_updated-2014.pdf

FranceArchives. La notice archivistique « Affaires Schmidt et autres : achat de métal au crédit des autorités allemandes » apporte un ancrage archivistique français direct pour l’existence d’affaires Schmidt en août 1942. Elle confirme l’intérêt du dossier pour l’histoire de la collaboration économique et des achats allemands en France.   https://francearchives.gouv.fr/facomponent/dffe849277f783a21b7a8c90b3b1be14afdf9e13

Tandfonline. La notice bibliographique de l’article de Paul Sanders confirme la publication scientifique de son analyse sur les opérations allemandes de marché noir dans la France occupée et en Belgique. Elle est utile comme repère de validation académique complémentaire.   https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17440570701862876

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance, FranceArchives, thèse de Paul Sanders, notice bibliographique Tandfonline, recherches complémentaires sur les variantes AWG, WABEKO et Organisation Schmidt.

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