Véra Apollonovna OBOLENSKY, née Makarova (ou Makaroff), alias « Vicky », née le 21 juin 1911 à Moscou (Empire russe), guillotinée le 4 août 1944 à Berlin-Plötzensee (Allemagne), réfugiée russe en France.
Issue d’une famille russe de haut rang, Véra Makarova est la fille d’Apollon Makarov, ancien vice-gouverneur de Bakou. Sa famille quitte la Russie après la révolution et s’installe en France en 1920. Réfugiée munie d’un passeport Nansen, (Un passeport Nansen est un document de voyage créé en 1922 pour les personnes apatrides, c’est-à-dire celles qui n’avaient plus de nationalité reconnue ni de passeport national) elle grandit à Paris.
Après ses études, elle travaille comme mannequin dans des maisons de couture russes, puis comme secrétaire. Elle devient la secrétaire de Jacques Arthuys, industriel et futur fondateur de l’Organisation civile et militaire. En 1937, elle épouse le prince Nicolas Alexandrovitch Obolensky, lui aussi issu de l’émigration russe.
Engagement dans la Résistance
Dès 1940, Véra Obolensky participe au groupe constitué autour de Jacques Arthuys. Le ministère des Armées la rattache à l’« Équipe française d’organisation du redressement » (EFOR), ou groupe de la rue de Logelbach, l’un des noyaux qui fusionnent pour former l’Organisation civile et militaire. Sous le pseudonyme « Vicky », elle devient l’une des chevilles ouvrières du secrétariat clandestin. Après l’arrestation d’Arthuys en décembre 1941, elle contribue à maintenir les liaisons et la continuité de l’organisation.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Organisation civile et militaire (OCM), dont elle assure le secrétariat central et est couramment présentée comme secrétaire générale. Des sources secondaires développées signalent également des liaisons avec le réseau Centurie et la Confrérie Notre-Dame ainsi qu’une activité en faveur de prisonniers soviétiques en 1943. Le livret officiel du ministère des Armées donne les cotes SHD GR 16 P 386012 et AC 21 P 521269.
Missions et actions
Au sein de l’OCM, Véra Obolensky assure des fonctions de coordination, de transmission et de secrétariat clandestin, qui lui donnent une connaissance étendue des structures et des responsables du mouvement. Les sources gouvernementales et les travaux biographiques lui attribuent aussi une participation à l’organisation de filières d’évasion de prisonniers, notamment britanniques et russes. Après l’arrestation de Jacques Arthuys, elle aide à rétablir les contacts internes de l’OCM. Son activité est celle d’une organisatrice clandestine de premier plan plutôt que celle d’une combattante armée.
Arrestation / évasion / déportation
Véra Obolensky est arrêtée par la police allemande le 17 décembre 1943. Les sources concordent sur sa détention, ses interrogatoires et sa condamnation à mort, mais divergent sur certains détails de procédure et sur la question de la torture. Transférée en Allemagne, elle est détenue notamment à Berlin-Moabit puis dans une prison de femmes. Elle est guillotinée le 4 août 1944 à la prison de Plötzensee, à Berlin. Son corps n’a pas été restitué à sa famille.
Camarades de combat
Retour à la vie civile
Véra Obolensky est exécutée à Berlin avant la Libération complète de la France.
Décorations
- Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source ordre de la Libération.Côte du dossier : 1O47375 .
- Chevalier de la Légion d’honneur — attribution posthume, remise symboliquement en 1958 à Rueil-la-Gadelière selon les sources biographiques.
- Croix de guerre 1939-1945 — attribution posthume, également associée à la cérémonie de 1958.
- Ordre soviétique de la Guerre patriotique, 1re classe — décret soviétique du 18 novembre 1965 selon les sources secondaires consultées ; source primaire soviétique non retrouvée lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
Son corps n’ayant pas été retrouvé, sa mémoire est notamment matérialisée au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, où une stèle symbolique lui rend hommage. Une plaque commémorative existe à Rueil-la-Gadelière, commune où elle séjourna avec son mari pendant l’Occupation. Le musée de l’Ordre de la Libération conserve sa Médaille de la Résistance avec rosette.
Références bibliographiques
Arthur Calmette, L’OCM. Histoire d’un mouvement de Résistance de 1940 à 1946, PUF, 1961. Étude historique classique de l’Organisation civile et militaire, utile pour replacer Véra Obolensky dans la formation, les structures et la répression du mouvement.
Nicolas Ross, Entre Hitler et Staline. Russes blancs et Soviétiques en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, Éditions des Syrtes, 2021. Ouvrage récent utile pour replacer son parcours dans l’histoire de l’émigration russe et de ses engagements pendant la guerre.
Gilles Perrault, Dictionnaire amoureux de la Résistance, Fayard, 2014. Contient un développement consacré à Véra Obolensky et contribue à sa postérité biographique.
Références internet
Chemins de mémoire – ministère des Armées. Livret officiel « Aux combattantes, la France reconnaissante » : état civil, grade, OCM, arrestation, exécution et cotes SHD.
Ordre de la Libération. Documentation du musée confirmant la conservation de la Médaille de la Résistance avec rosette de Véra Obolensky ; la notice de Jacques Arthuys confirme aussi son rôle auprès du fondateur de l’OCM. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/jacques-marie-arthuys
Portraits de France – République française. Portrait biographique retraçant l’émigration, l’engagement dans l’OCM, l’arrestation, l’exécution et les lieux de mémoire.
Wikipédia. Notice développée consultée conformément au protocole ; utilisée pour des compléments signalés et recoupés autant que possible. https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9ra_Obolensky
Dossier d’homologation consulté
Dossiers signalés par le ministère des Armées : SHD GR 16 P 386012 et AC 21 P 521269. Les cotes ont été identifiées ; les dossiers originaux n’ont pas été dépouillés pièce par pièce.
Observations
La date de naissance fait l’objet d’une divergence notable. Plusieurs sources secondaires donnent le 11 juin 1911, tandis que le livret officiel du ministère des Armées donne le 24 juin 1911 à Moscou. L’ordre de la Libération donne le 21 juin 1911 à Moscou.
Cette dernière date est retenue ici en raison du niveau institutionnel de la source, mais la consultation du dossier d’état civil ou du dossier SHD demeure souhaitable.
Les sources divergent également sur les conditions exactes des interrogatoires : certaines évoquent la torture, d’autres indiquent qu’elle n’aurait pas été torturée. La notice se limite donc à constater interrogatoires et détention sans trancher ce point.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — identité, engagement OCM, arrestation et exécution sont établis par des sources institutionnelles et historiographiques concordantes ; les divergences sur la date de naissance et les conditions d’interrogatoire sont explicitement signalées.
Chronologie
- 24 juin 1911 : naissance à Moscou selon le ministère des Armées.
- 1920 : installation de la famille en France.
- 1937 : mariage avec Nicolas Alexandrovitch Obolensky.
- 1940 : entrée dans le groupe de Jacques Arthuys, futur noyau de l’OCM.
- 21 décembre 1941 : arrestation de Jacques Arthuys ; Véra Obolensky contribue à maintenir les liaisons de l’OCM.
- 17 décembre 1943 : arrestation.
- 1944 : condamnation à mort et transfert en Allemagne.
- 4 août 1944 : exécution à Plötzensee.
- 24 avril 1946 : décret de la Médaille de la Résistance française avec rosette.
- 1958 : hommage officiel à Rueil-la-Gadelière et remise posthume de distinctions selon les sources biographiques.
Sources consultées
Chemins de mémoire – ministère des Armées. Identité, OCM, arrestation, exécution, cotes SHD et distinctions.
Ordre de la Libération. Rôle auprès de Jacques Arthuys et objet muséal lié à la Médaille de la Résistance. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/jacques-marie-arthuys
Portraits de France. Parcours biographique et lieux de mémoire.
Wikipédia. Compléments biographiques et divergences, recoupés autant que possible. https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9ra_Obolensky