Spartaco Mario FONTANOT, alias « Paul », né le 17 janvier 1922 à Monfalcone (Italie), fusillé le 21 février 1944 au Mont-Valérien à Suresnes (France), italien.
Né dans une famille italienne antifasciste, Spartaco Fontanot arrive en France à l’âge de deux ans. Sa famille s’établit d’abord dans le Nord puis à Nanterre. Il obtient un CAP et travaille comme tourneur sur métaux à Courbevoie. Les sources consacrées à son parcours signalent également son militantisme à la CGT. Son environnement familial est fortement marqué par l’antifascisme : plusieurs membres de la famille Fontanot s’engagent dans la Résistance et trois jeunes hommes de la famille meurent dans la lutte contre l’Occupation.
Engagement dans la Résistance
Après l’arrestation de son père et de sa sœur, il entre dans la clandestinité le 1er avril 1943, notamment pour échapper à une réquisition de travail en Italie. Il rejoint la résistance communiste. Sous le pseudonyme « Paul », il est d’abord intégré au 3e détachement italien des FTP-MOI de la région parisienne, puis passe à l’équipe spéciale chargée d’actions armées ciblées.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), région parisienne ; 3e détachement italien puis équipe spéciale. Son matricule FTP-MOI est donné comme 10266 par la Fondation Gabriel Péri. Le Service historique de la Défense conserve un dossier administratif à son nom sous la cote GR 16 P 228000 ; l’index signale une homologation FFI et une homologation RIF.
Missions et actions
Le 10 juin 1943, il participe à l’attaque à la grenade du siège du parti fasciste italien à Paris.
Il prend ensuite part à plusieurs actions armées : attaque de la Feldkommandantur à Choisy-le-Roi le 10 juillet ;
tentative d’attentat contre le général von Schaumburg le 28 juillet ;
action contre un capitaine allemand au Kremlin-Bicêtre le 20 août ;
autres opérations au cours de l’automne.
Les sources du Musée de la Résistance en ligne le placent dans l’équipe spéciale avec Marcel Rajman, Leo Kneler et Raymond Kojitski.
Son portrait sur l’Affiche rouge porte la formule de propagande « communiste italien, 12 attentats ».
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté le 13 novembre 1943 par les Brigades spéciales, boulevard de Belfort à Montreuil-sous-Bois. Les sources indiquent qu’il est torturé, livré aux autorités allemandes et incarcéré à Fresnes. Condamné à mort dans le procès des FTP-MOI de février 1944, il est fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944 à 15 h 22.
Camarades de combat
Au sein du 3e détachement italien et de l’équipe spéciale, son parcours croise notamment Marcel Rajman, Leo Kneler, Raymond Kojitski, Celestino Alfonso, Missak Manouchian et d’autres combattants FTP-MOI. Les sources mémorielles rappellent aussi l’engagement de ses cousins Nérone et Jacques Fontanot, morts eux aussi dans la Résistance.
Retour à la vie civile
Spartaco Fontanot est exécuté à vingt-deux ans pendant l’Occupation.
Décorations
Médaille de la Résistance française — à titre posthume — décret du 31 mars 1947 — publication au Journal officiel des 13 et 26 juillet 1947 selon l’Ordre de la Libération.
Mention « Mort pour la France » : 29 août 1946 selon la Fondation Gabriel Péri.
Aucune autre décoration n’a été confirmée dans les sources institutionnelles consultées.
Lieux de mémoire
D’abord inhumé à Ivry, il repose ensuite à Nanterre. Son nom figure sur l’Affiche rouge et sur les mémoriaux consacrés aux fusillés du Mont-Valérien et aux compagnons de Manouchian.
À Nanterre, la mémoire de la famille Fontanot est particulièrement entretenue ; une plaque commémorative et des initiatives locales rappellent l’engagement de Spartaco et de ses cousins.
Références bibliographiques
Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le Sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. Ouvrage de référence sur la MOI et les FTP-MOI, indispensable pour replacer les actions de Fontanot dans l’organisation clandestine parisienne et dans la répression de 1943-1944.
Annette Wieviorka, Anatomie de l’Affiche rouge, Seuil, 2024. Étude de la construction propagandiste et mémorielle de l’Affiche rouge, utile pour distinguer l’histoire des détachements FTP-MOI de la notion mémorielle de « groupe Manouchian ».
Références internet
Fondation Gabriel Péri. Portrait documenté de Spartaco Fontanot, avec état civil, pseudonyme, profession, date d’arrestation, actions et mention Mort pour la France. https://gabrielperi.fr/ftpmoi/25779/
Musée de la Résistance en ligne. Index du SHD confirmant le dossier GR 16 P 228000 et les homologations portées dans la sous-série GR 16 P.
Ordre de la Libération. Dossier historique sur le groupe Manouchian et la Médaille de la Résistance française ; confirme le décret collectif du 31 mars 1947 et sa publication. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-fevrier-2024
Dossier d’homologation consulté
Dossier identifié : SHD, GR 16 P 228000, Spartaco Mario FONTANOT. L’index a été consulté ; le dossier individuel lui-même n’a pas été dépouillé pièce par pièce.
Observations
Une variante « Fontano » apparaît dans certaines ressources secondaires. L’index SHD donne « Montalcone » pour le lieu de naissance, alors que les sources biographiques concordantes donnent Monfalcone. La notice retient Monfalcone.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — identité, engagement et principaux jalons établis par des sources institutionnelles, archivistiques ou historiographiques concordantes. Les divergences résiduelles sont explicitement signalées.
Chronologie
- 17 janvier 1922 : naissance à Monfalcone.
- Vers 1924 : arrivée en France.
- 1er avril 1943 : entrée dans la clandestinité.
- 10 juin 1943 : attaque du siège du parti fasciste italien.
- 13 novembre 1943 : arrestation.
- 21 février 1944 : exécution au Mont-Valérien.
- 29 août 1946 : mention Mort pour la France.
- 31 mars 1947 : décret de la Médaille de la Résistance française à titre posthume.
Tableau des divergences entre sources
Lieu de naissance : l’index SHD comporte la graphie « Montalcone » ; les sources biographiques et d’autorité donnent Monfalcone. La graphie Monfalcone est retenue.
Sources consultées
Fondation Gabriel Péri. Portrait documenté de Spartaco Fontanot, avec état civil, pseudonyme, profession, date d’arrestation, actions et mention Mort pour la France. https://gabrielperi.fr/ftpmoi/25779/
Musée de la Résistance en ligne. Index du SHD confirmant le dossier GR 16 P 228000 et les homologations portées dans la sous-série GR 16 P.
Ordre de la Libération. Dossier historique sur le groupe Manouchian et la Médaille de la Résistance française ; confirme le décret collectif du 31 mars 1947 et sa publication. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-fevrier-2024