Charlotte NADEL, née le 15 décembre 1920 à Paris (Seine), morte le 25 novembre 2020 à Sassenage (Isère), française. Cofondatrice de Défense de la France, elle est la principale responsable technique de la composition et de la typographie de son journal clandestin.
Fille d’Isaac Nadel, électricien ayant quitté la Russie tsariste en 1905, Charlotte Nadel est élève au lycée Fénelon. Elle entreprend ensuite des études de physique, chimie et biologie. L’exode de 1940 la conduit à passer ses examens à Guéret. Revenue à Paris, elle devient aide-bibliothécaire à mi-temps au laboratoire de géographie physique et de géologie dynamique de la Sorbonne afin de financer ses études. Elle y rencontre Hélène Mordkovitch.
Engagement dans la Résistance
Charlotte Nadel entre dans la Résistance dès décembre 1940. Son opposition au nazisme est ancienne : elle témoignera avoir été sensibilisée dès ses années de lycée aux réalités du régime hitlérien par son professeur d’allemand. À la Sorbonne, elle participe avec Hélène Mordkovitch et Philippe Viannay à la formation de Défense de la France.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Elle est membre fondatrice de Défense de la France en 1941 et siège à son comité directeur. Elle organise également les premiers contacts avec le réseau Gallia.
Missions et actions
Philippe Viannay lui confie l’organisation matérielle de la fabrication et de la diffusion du journal. Initiée rapidement à la typographie par l’imprimeur Jacques Grou-Radenez, elle développe la branche impression du mouvement et fonde en 1941 à Paris son atelier de typographie. Sous sa responsabilité, Défense de la France acquiert une remarquable autonomie technique pour la composition, l’impression et la diffusion.
Elle participe également à la fabrication de faux papiers et recrute en février 1942 Michel Bernstein, libraire d’origine russe, pour cette activité. Recherchée, elle doit déplacer plusieurs fois les installations clandestines.
Arrestation / évasion / déportation
Charlotte Nadel est arrêtée le 27 mai 1944 lors du coup de filet visant l’imprimerie clandestine de la rue Jean-Dolent à Paris. Elle est internée à la Petite Roquette puis au camp des Tourelles. Libérée lors de l’ouverture du camp dans la nuit du 16 au 17 août 1944, elle rejoint immédiatement le maquis de Seine-et-Oise Nord commandé par Philippe Viannay et reprend le combat.
Camarades de combat
Hélène et Philippe Viannay, Jacqueline Pardon, Robert Salmon, Michel Bernstein, Jacques Grou-Radenez et les typographes et diffuseurs de Défense de la France appartiennent à son environnement clandestin immédiat.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Charlotte Nadel se spécialise dans la documentation et exerce des responsabilités professionnelles chez Renault puis aux Ponts et Chaussées. Elle s’investit également dans la mémoire de la Résistance : membre à partir de 1960 de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance, elle entre en 1980 au conseil d’administration de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance.
Elle est nommée en 1999 membre de la Commission nationale de la médaille de la Résistance française.
Décorations
- Médaille de la résistance Française avec rosette par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O46501
Lieux de mémoire
Sa mémoire est particulièrement attachée aux lieux clandestins de Défense de la France, à la Sorbonne, aux ateliers d’impression parisiens, à la rue Jean-Dolent, au camp des Tourelles et au maquis de Seine-et-Oise Nord.
Références bibliographiques
Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la Résistance. Défense de la France, 1940-1949, Seuil. Ouvrage fondamental pour l’histoire du mouvement, de ses structures techniques, de son journal et du rôle des responsables comme Charlotte Nadel.
Marie Granet, Défense de la France. Histoire d’un mouvement de Résistance (1940-1944), Presses universitaires de France, 1960. Étude historique ancienne mais essentielle, élaborée à proximité chronologique des acteurs.
Références internet
Fondation de la Résistance. La documentation consacrée à Défense de la France fournit une biographie détaillée de Charlotte Nadel, de sa formation à son arrestation et à son départ pour le maquis. Fondation de la Résistance — Charlotte Nadel
Musée de la Résistance en ligne. La documentation sur les imprimeries de Défense de la France établit son statut de membre fondatrice et de responsable technique de la composition et de la typographie. Musée de la Résistance en ligne — Défense de la France
Légifrance. Le décret du 20 septembre 1999 établit sa nomination à la Commission nationale de la médaille de la Résistance française. Légifrance — décret du 20 septembre 1999
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote individuelle SHD GR 16 P n’a pu être confirmée dans les résultats accessibles lors des présentes recherches.
Observations
Les sources concordent sur sa naissance le 15 décembre 1920 à Paris et son arrestation le 27 mai 1944. Le fichier des décès consulté donne le 25 novembre 2020 à Sassenage comme date et lieu de décès.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A Plusieurs sources institutionnelles, historiographiques et mémorielles concordent sur son identité, son rôle majeur dans Défense de la France, son arrestation et son activité après la Libération.
Chronologie
| Date | Événement |
| 15 décembre 1920 | Naissance à Paris |
| décembre 1940 | Premiers contacts avec la Résistance |
| 1941 | Fondation de Défense de la France ; développement de la typographie |
| février 1942 | Développement de la fabrication de faux papiers |
| 27 mai 1944 | Arrestation rue Jean-Dolent |
| 16-17 août 1944 | Libération du camp des Tourelles |
| août 1944 | Rejoint le maquis de Seine-et-Oise Nord |
| 1980 | Entre au conseil d’administration de l’ADIR |
| 20 septembre 1999 | Nomination à la Commission nationale de la médaille de la Résistance française |
| 25 novembre 2020 | Décès à Sassenage |
Sources consultées
Fondation de la Résistance. La documentation publiée dans La Lettre de la Fondation de la Résistance fournit son état civil, son origine familiale, ses études, son entrée dans Défense de la France, son rôle typographique et son arrestation. Fondation de la Résistance
Musée de la Résistance en ligne. Les pages consacrées aux imprimeries clandestines de Défense de la France précisent ses responsabilités techniques et les circonstances de son arrestation. Musée de la Résistance en ligne
Légifrance. Le décret du 20 septembre 1999 confirme sa nomination à la Commission nationale de la médaille de la Résistance française. Légifrance