Suzanne Esther Jeanne Marie GUYOTAT, alias « Suzon », née le 14 juillet 1912 à Bourg-Argental (Loire), morte le 14 février 2011 à Lyon (Rhône), française. Bibliothécaire, résistante et déportée, elle dirige Défense de la France en zone Sud.
Fille du médecin Alphonse Alfred Alexandre Guyotat et de Marthe Marguerite Anthelma Jamet, Suzanne Guyotat obtient une licence en droit. Elle commence sa carrière en 1938 comme bibliothécaire auxiliaire à la bibliothèque universitaire de Lille. En 1940, elle gagne Lyon et travaille à la bibliothèque universitaire.
Engagement dans la Résistance
Par ses liens familiaux, elle est proche de Philippe Viannay et rejoint rapidement Défense de la France. Dès le début de 1942, Viannay lui confie la responsabilité du mouvement en zone Sud.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Suzanne Guyotat appartient à Défense de la France et en devient la principale responsable en zone Sud. Son activité la conduit à nouer des relations avec Combat et Témoignage chrétien, deux organisations majeures de la Résistance méridionale.
Missions et actions
Elle constitue des chaînes de diffusion pour les exemplaires de Défense de la France expédiés depuis Paris, puis organise l’impression locale du journal à Lyon et Grenoble. Elle assure parallèlement les contacts avec les autres mouvements. Elle travaille notamment avec André Bollier de Combat. Hélène Roederer, qu’elle recrute, l’assiste dans l’impression, la fabrication de fausses cartes d’identité, les liaisons et diverses missions.
En mai 1943, elle gagne Paris et entre au comité directeur de Défense de la France. Elle assure alors les relations entre les structures de zone Nord et de zone Sud et entre Défense de la France et Combat.
Arrestation / évasion / déportation
Suzanne Guyotat est arrêtée par les Allemands, torturée puis internée plusieurs mois à Fresnes et au fort de Romainville. Elle est ensuite déportée à Ravensbrück dans le convoi dit des « 57 000 », puis transférée à Torgau et enfin au kommando de Königsberg en Neumark. Avec d’autres Françaises déportées pour faits de Résistance, elle est soumise au travail forcé.
Elle survit à la déportation et laissera ultérieurement un témoignage publié sur la libération du camp de Königsberg en Neumark.
Camarades de combat
Philippe et Hélène Viannay, Hélène Roederer, André Bollier et les équipes de Défense de la France, Combat et Témoignage chrétien constituent son principal environnement clandestin.
Retour à la vie civile
Après son retour de déportation, Suzanne Guyotat reprend une vie professionnelle et associative. Elle participe aux activités de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance et témoigne à de nombreuses reprises, notamment auprès des élèves préparant le Concours national de la Résistance et de la Déportation.
Décorations
- Légion d’honneur
- Croix de guerre 1939-1945
- Médaille de la Résistance française avec rosette, attribuée par décret du 29 novembre 1946 JO du 5 décembre 1946. Source ordre de la libération Côte du dossier : 1O29772
Légion d’honneur et Croix de guerre 1939-1945mentionnés par la notice Wikipédia, décrets non rtrouvés
Lieux de mémoire
Sa mémoire est associée à Bourg-Argental, sa commune natale, ainsi qu’aux lieux de son activité résistante — Lyon, Grenoble et Paris — et de sa déportation : Ravensbrück, Torgau et Königsberg en Neumark.
Références bibliographiques
Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la Résistance. Défense de la France (1940-1949), Seuil. Étude de référence permettant de replacer Suzanne Guyotat dans l’organisation nationale de Défense de la France.
Marie Granet, Défense de la France. Histoire d’un mouvement de Résistance (1940-1944), Presses universitaires de France, 1960. Ouvrage historique fondamental sur le mouvement.
Anne-Marie Pavillard, « Des bibliothécaires, résistantes et déportées », dans Philippe Mezzasalma (dir.), Femmes en déportation : les déportées de répression dans les camps nazis 1940-1945, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2021. Étude particulièrement utile pour articuler son métier de bibliothécaire, son engagement et sa déportation.
Références internet
Persée. Les collections de Matériaux pour l’histoire de notre temps permettent d’identifier les publications testimoniales de Suzanne Guyotat sur la déportation et la mémoire de la Résistance. Persée — Matériaux pour l’histoire de notre temps
Bibliothèque nationale de France. Le catalogue général confirme sa participation à l’ouvrage collectif consacré à Hélène Roederer, résistante déportée avec laquelle elle avait travaillé clandestinement. BnF — Hélène Roederer, étudiante et résistante
Dossier d’homologation consulté
Les résultats issus de Mémoire des Hommes indexés dans les bases généalogiques confirment une entrée nominative « Esther Suzanne Guyotat » et « Suzanne Guyotat ». La cote SHD GR 16 P n’a pas pu être confirmée dans les résultats accessibles.
Observations
Les éléments d’état civil sont particulièrement bien établis : Suzanne Guyotat est née le 14 juillet 1912 à Bourg-Argental et morte le 14 février 2011 à Lyon.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A —Son identité, ses responsabilités dans Défense de la France, son arrestation, sa déportation et sa Médaille de la Résistance sont documentées par plusieurs sources concordantes, dont des références institutionnelles.
Chronologie
| Date | Événement |
| 14 juillet 1912 | Naissance à Bourg-Argental |
| 1938 | Bibliothécaire auxiliaire à Lille |
| 1940 | Installation à Lyon |
| début 1942 | Responsable de Défense de la France en zone Sud |
| mai 1943 | Installation à Paris et entrée au comité directeur |
| Occupation | Arrestation, Fresnes et Romainville |
| 1944-1945 | Déportation à Ravensbrück, Torgau et Königsberg |
| 29 novembre 1946 | Médaille de la Résistance française avec rosette |
| 14 février 2011 | Décès à Lyon |
Sources consultées
Mémoire des Hommes / données nominatives indexées. Les résultats confirment l’identité de Suzanne Esther Jeanne Marie Guyotat, née en 1912 à Bourg-Argental.
Persée. La documentation bibliographique confirme l’activité testimoniale de Suzanne Guyotat sur l’histoire de la déportation et de la Résistance. Persée
Bibliothèque nationale de France. La notice bibliographique de Hélène Roederer, étudiante et résistante, 1921-1945 confirme la participation de Suzanne Guyotat à cet ouvrage mémoriel. BnF Catalogue général