Théo MULLIER, dates et lieux de naissance et de décès non retrouvés, belge.
La jeunesse, l’état civil, la formation et la situation familiale de Théo Mullier n’ont pas été retrouvés dans les sources ouvertes consultées.
Il travaillait pendant l’Occupation au journal Le Soir, alors contrôlé par les autorités allemandes et couramment appelé « Le Soir volé ». Sa fonction précise au sein de l’entreprise n’est pas établie avec certitude. Plusieurs sources le présentent comme employé du journal, sans préciser s’il appartenait aux services administratifs, techniques ou de distribution.
Engagement dans la Résistance
Théo Mullier appartenait au Front de l’Indépendance ou collaborait étroitement avec celui-ci. Son emploi au Soir volé le plaçait dans une position particulièrement utile, mais dangereuse, pour obtenir des informations internes indispensables à la réussite du projet du Faux Soir.
Sa participation ne fut pas une simple aide occasionnelle. Il fournit des éléments matériels et logistiques sans lesquels le pastiche n’aurait pu imiter aussi précisément l’original ni être introduit efficacement dans son circuit habituel de vente.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Théo Mullier était lié au Front de l’Indépendance. Les sources institutionnelles le rattachent directement à l’équipe du Faux Soir et à la presse clandestine belge.
Aucune appartenance à une formation armée, à un réseau d’évasion ou à un service de renseignement allié n’a été retrouvée.
La Mémoire Vive de la Résistance le mentionne dans la notice thématique consacrée au Faux Soir.
Missions et actions
Théo Mullier procura à l’équipe clandestine l’empreinte ou le cliché du titre du véritable Soir, élément indispensable pour reproduire fidèlement la manchette du journal. Certaines sources précisent qu’il déroba ou fit sortir un « flan », c’est-à-dire une matrice typographique permettant de reproduire le titre.
Il transmit également la liste des kiosques directement approvisionnés par le quotidien, les heures habituelles de livraison et le nombre d’exemplaires remis à chaque point de vente. Ces renseignements permirent aux résistants de déposer le faux numéro peu avant l’arrivée du véritable journal.
Le CegeSoma attribue toutefois ces informations à « Louis Muller », alias « Jacques », tandis que d’autres sources les attribuent à Théo Mullier. Cette divergence peut correspondre à deux personnes différentes ayant apporté des renseignements complémentaires ou à une confusion de prénom et d’identité dans les récits postérieurs. Elle interdit d’affirmer que toutes les missions attribuées à Louis Muller furent nécessairement accomplies par Théo Mullier.
Les sources consacrées à Théo Mullier lui attribuent avec une concordance suffisante la fourniture de l’empreinte du titre. Son rôle dans la transmission des données de distribution est probable, mais doit être présenté en tenant compte de cette divergence nominative.
Il aurait également été chargé de compliquer ou de retarder l’intervention du personnel lors d’une tentative de sabotage des camionnettes du véritable Soir. Cette information apparaît dans une synthèse secondaire et n’a pas été retrouvée avec le même degré de précision dans la source institutionnelle du CegeSoma.
Arrestation / évasion / déportation
En février 1944, la Sipo-SD identifia la rotative utilisée pour le Faux Soir. Théo Mullier fut arrêté peu après, avec Ferdinand Wellens, Julien Oorlynk et Henri Vandevelde.
Les sources ouvertes ne fournissent pas la date précise de son arrestation, la juridiction qui le condamna, les prisons où il fut détenu ni le camp ou les camps dans lesquels il fut déporté.
Le CegeSoma indique qu’il ne revint pas des « bagnes nazis ». D’autres sources mémorielles confirment qu’il mourut en déportation, sans donner une date ou un lieu vérifiables.
Aucune évasion n’est documentée.
Camarades de combat
Théo Mullier participa à l’opération conçue par Marc Aubrion et coordonnée par René Noël. Fernand Demany, Adrien van den Branden de Reeth et Pierre Ansiaux rédigèrent le numéro.
Ferdinand Wellens en assura l’impression avec Julien Oorlynk et Henri Vandevelde. Tous quatre furent arrêtés après l’identification de la rotative. Ferdinand Wellens mourut lui aussi en captivité.
Louis Muller, alias « Jacques », est présenté par le CegeSoma comme un infiltré du Soir volé ayant fourni l’en-tête du journal et les données de distribution. La relation exacte entre Louis Muller et Théo Mullier n’a pas été résolue ; ils doivent être considérés comme deux identités distinctes tant qu’aucune source primaire ne permet de les confondre.
Retour à la vie civile
Théo Mullier ne revint pas de déportation. Aucune reprise de vie civile ne fut donc possible.
Aucune information relative à ses parents, à son conjoint, à ses enfants ou aux démarches entreprises par ses ayants droit après la guerre n’a été retrouvée.
Décorations
Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que Théo Mullier n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.
Son appartenance au Front de l’Indépendance et sa mort en déportation ont pu donner lieu à une reconnaissance posthume comme résistant ou prisonnier politique, mais aucun arrêté nominatif ni aucune source institutionnelle détaillée n’a été retrouvé.
Lieux de mémoire
Le 35 rue de Ruysbroeck à Bruxelles constitue le principal lieu de mémoire associé à son action. Le faux numéro y fut imprimé sur les machines de Ferdinand Wellens.
La plaque apposée en 1999 sur le bâtiment rappelle que l’opération fut suivie de l’arrestation de plusieurs résistants, dont Ferdinand Wellens et Théo Mullier, morts en déportation.
Le Musée de la Résistance de Belgique, les collections de la Belgian War Press et les Archives de la Ville de Bruxelles conservent la mémoire documentaire et matérielle du Faux Soir.
Aucune sépulture, plaque nominative distincte ou photographie officiellement identifiée de Théo Mullier n’a été retrouvée dans les bases consultées.
Références bibliographiques
Marie Istas, Le « faux » Soir. 9 novembre 1943, Bruxelles, Collet, 1987. Cette monographie est la principale étude consacrée à l’opération. Elle décrit les renseignements obtenus à l’intérieur du véritable Soir, la préparation du pastiche et la répression frappant l’équipe.
Histoire du faux « Soir » du 9 novembre 1943, publiée à l’occasion du cinquantième anniversaire du Faux Soir, Bruxelles, Louis Hamelrijck. Cette publication commémorative réunit des informations sur les participants et permet d’étudier la construction de la mémoire collective de l’opération.
Catherine Wiot, Dossier : L’histoire vraie du faux « Soir », 1981. Cette étude porte sur la logistique, la fabrication et les arrestations consécutives à la découverte de la rotative.
José Gotovitch, Du rouge au tricolore. Les communistes belges de 1939 à 1944, Bruxelles, Labor, 1992. L’ouvrage replace l’opération dans l’histoire du Front de l’Indépendance et de la mouvance communiste belge sous l’Occupation.
Halik Kochanski, Resistance: The Underground War in Europe, 1939-1945, Londres, Allen Lane. Cette synthèse internationale mentionne Théo Mullier comme employé du Soir ayant procuré une matrice du titre et des informations sur les points de distribution.
Références internet
Belgium WWII – CegeSoma / Archives de l’État. L’article « Le faux Soir » confirme l’arrestation de Théo Mullier après la découverte de la rotative et son décès dans la captivité nazie. Il attribue cependant certains renseignements internes à Louis Muller.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/le-faux-soir.html
Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « Le Faux Soir, Bruxelles » mentionne Théo Mullier parmi les participants arrêtés et morts en déportation. Elle ne constitue pas une notice individuelle.
https://mvr.asso.fr/le-faux-soir-bruxelles/
Circuit Marolles-Midi. La page consacrée au Faux Soir mentionne Théo Mullier parmi les résistants morts en déportation et documente la plaque commémorative de la rue de Ruysbroeck.
https://marolles-jewishmemories.net/le-faux-soir/
Fondation Auschwitz – Mémoire d’Auschwitz. Le bulletin pédagogique consacré à la Résistance rappelle que Ferdinand Wellens et Théo Mullier périrent en déportation après les arrestations liées au Faux Soir.
Université de Liège – ORBi. Une étude consacrée à L’Élastique identifie Théo Mullier comme employé du Soir ayant procuré l’empreinte du titre et le replace dans l’équipe technique de l’opération.
https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/224179/1/SSimon_Elastique.pdf
Wikipédia. La page « Faux Soir » a été consultée comme source secondaire développée. Elle attribue à Théo Mullier la fourniture des plaques du titre et des informations de distribution, mais cette attribution a été nuancée à partir de la source institutionnelle du CegeSoma.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_Soir
Dossier d’homologation consulté
Aucune référence précise de dossier individuel belge de résistant par la presse clandestine, de prisonnier politique ou de déporté n’a été retrouvée pour Théo Mullier.
Aucune cote française du Service historique de la Défense de type GR 16 P n’a été identifiée.
Les archives du Service des victimes de la guerre, du CegeSoma et des institutions chargées des statuts de reconnaissance pourraient permettre de préciser son état civil, son itinéraire carcéral et son lieu de décès, mais aucun dossier matériel n’a été directement consulté.
Observations
Une confusion documentaire existe entre Théo Mullier et Louis Muller, alias « Jacques ». Le CegeSoma attribue à Louis Muller l’en-tête du journal, la liste des kiosques et les horaires de livraison ; plusieurs sources secondaires attribuent ces mêmes actions à Théo Mullier.
La différence d’orthographe entre « Muller » et « Mullier », ainsi que l’usage de prénoms différents, impose de ne pas fusionner leurs parcours. La présente notice ne retient avec certitude pour Théo Mullier que les éléments expressément concordants : emploi au Soir, participation à l’opération, fourniture d’un élément permettant d’imiter le titre, arrestation en 1944 et mort en déportation.
La date et le lieu de son décès demeurent inconnus.
Aucune notice individuelle consacrée à Théo Mullier n’a été identifiée sur le site de la Mémoire Vive de la Résistance.
Indice de fiabilité Niveau B — L’existence de Théo Mullier, son emploi au Soir, sa participation au Faux Soir, son arrestation et sa mort en déportation sont établis par une source institutionnelle et plusieurs sources concordantes. L’absence d’état civil, de dossier individuel accessible et la confusion partielle avec Louis Muller limitent fortement la précision biographique.
Chronologie
| Date | Événement |
| Avant 1943 | Emploi au journal Le Soir contrôlé par l’occupant. |
| Automne 1943 | Transmission à l’équipe clandestine d’un élément permettant de reproduire le titre du journal. |
| 6-7 novembre 1943 | Impression du Faux Soir chez Ferdinand Wellens. |
| 9 novembre 1943 | Diffusion du faux numéro. |
| Février 1944 | Identification de la rotative par la Sipo-SD. |
| Peu après février 1944 | Arrestation de Théo Mullier avec plusieurs membres de l’équipe technique. |
| Entre 1944 et 1945 | Déportation et décès dans la captivité nazie, date et lieu non retrouvés. |
| 27 mars 1999 | Apposition d’une plaque collective rue de Ruysbroeck. |
Sources consultées
Belgium WWII – CegeSoma / Archives de l’État. L’article « Le faux Soir » a confirmé l’arrestation de Théo Mullier après l’identification de la rotative et son absence de retour de la captivité nazie. Il a également permis d’identifier la divergence avec Louis Muller.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/le-faux-soir.html
Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « Le Faux Soir, Bruxelles » a mentionné Théo Mullier parmi les participants arrêtés et morts en déportation. La page n’étant pas une notice individuelle, les recherches ont été poursuivies.
https://mvr.asso.fr/le-faux-soir-bruxelles/
Fondation Auschwitz – Mémoire d’Auschwitz. Le bulletin pédagogique consacré à la Résistance a confirmé que Ferdinand Wellens et Théo Mullier périrent en déportation à la suite de la répression visant l’équipe.
Université de Liège – ORBi. L’étude consacrée au journal clandestin L’Élastique a présenté Théo Mullier comme employé du Soir ayant fourni l’empreinte du titre et l’a replacé parmi la trentaine de participants à l’opération.
https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/224179/1/SSimon_Elastique.pdf
Circuit Marolles-Midi. La page « Le faux Soir » a confirmé sa mort en déportation et documenté le lieu d’impression et la plaque commémorative collective de la rue de Ruysbroeck.
https://marolles-jewishmemories.net/le-faux-soir/
Wikipédia. La page « Faux Soir » a été consultée comme source secondaire développée ; ses attributions concernant les informations internes du Soir ont été confrontées à la source institutionnelle du CegeSoma.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_Soir