Émile Achille Marie Mollard
Émile Achille Marie Mollard, alias « Dubourg » puis « Maurice », est né le 23 août 1895 à Saint-Cloud et mort le 16 octobre 1991 à Paris. Officier puis général français, polytechnicien, il joue un rôle majeur dans la Résistance française en organisant le camouflage du matériel militaire après l’armistice de 1940 et en fondant le réseau Maurice.
Carrière militaire
Ancien élève de l’École polytechnique, Émile Mollard choisit l’artillerie et participe à la Première Guerre mondiale comme officier. Il reçoit plusieurs citations pour sa conduite au combat.
Après 1918, il poursuit sa carrière dans les services techniques et industriels de l’armée française. Spécialiste des questions d’armement et d’organisation militaire, il occupe différentes responsabilités administratives et techniques avant la Seconde Guerre mondiale. Cette expérience lui donne une connaissance approfondie des stocks, des structures logistiques et des capacités industrielles de l’armée française.
Engagement dans la Résistance
Après l’armistice de juin 1940, Émile Mollard refuse l’idée d’une capitulation définitive. Il participe à l’organisation clandestine du Camouflage du Matériel (CDM), structure destinée à soustraire aux commissions de contrôle allemandes des armes, véhicules, munitions et équipements militaires.
Sous le pseudonyme « Dubourg », il met en place un système clandestin de conservation et de dispersion du matériel militaire à travers plusieurs régions françaises.
Le Musée de la Résistance en ligne identifie Émile Mollard comme le principal organisateur du CDM.
Réseau Maurice
À partir des structures du CDM, Émile Mollard fonde le Réseau Maurice, organisation clandestine militaire relevant de la Résistance intérieure française.
Le réseau prend le nom du pseudonyme « Maurice », utilisé par Mollard dans la clandestinité.
Selon le Musée de la Résistance – Historique du réseau Maurice, le réseau est créé par « le général Mollard, Émile, dit Dubourg ».
Missions et actions
Le réseau Maurice remplit plusieurs fonctions :
- camouflage et conservation d’armes et de matériels militaires ;
- préparation d’une future remobilisation militaire française ;
- organisation de liaisons clandestines ;
- constitution de structures de renseignement et d’évasion ;
- passage vers l’Espagne par les Pyrénées ;
- évacuation d’aviateurs alliés, de militaires et de résistants recherchés.
Le réseau s’appuie notamment sur des filières pyrénéennes actives dans le sud-ouest de la France.
Parmi les responsables et collaborateurs associés figurent Henri Cavarrot, Jean-Louis Vigier ainsi que plusieurs responsables régionaux des lignes de passage vers l’Espagne.
Arrestation et déportation
Émile Mollard est arrêté par la Gestapo le 7 septembre 1943.
Il est interné puis déporté dans le système concentrationnaire nazi, notamment au Camp de concentration de Buchenwald.
Il survit à la déportation et revient en France après la Libération.
Après-guerre
Après 1945, Émile Mollard poursuit une activité liée aux anciens combattants et à la mémoire de la Résistance. Son rôle dans l’organisation du CDM et du réseau Maurice est progressivement reconnu par les travaux historiques consacrés à la Résistance militaire française.
Il meurt à Paris le 16 octobre 1991.
Décorations
Les sources biographiques mentionnent notamment :
- Grand-croix de la Légion d’honneur (1961); commandeur du 20 novembre 1948
- Croix de guerre 1914-1918 avec citation à l’ordre de l’Armée du 17 juin 1918
- Croix de guerre 1939-1945 avec citation suivante
- Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du 24 avril 1946) non retrouvée sur le site de l’ordre de la libération.
- Croix de la Vaillance Polonaise
Les références précises des décrets n’ont pas pu être vérifiées dans cette recherche.
Références bibliographiques
Le camouflage du matériel, Général Louis-Alexandre Audibert, Presses de la Cité, 1965. Cet ouvrage majeur consacré au Camouflage du Matériel retrace l’organisation clandestine mise en place après l’armistice de 1940 afin de soustraire des armes et équipements militaires aux autorités allemandes. Le général Émile Mollard y apparaît comme l’un des principaux organisateurs du dispositif clandestin qui donnera naissance au réseau Maurice. L’auteur détaille les structures régionales, les dépôts clandestins et les liens avec la Résistance militaire française.
Histoire de la Résistance en France, Henri Noguères, Robert Laffont, 1967-1981. Cette vaste synthèse historique évoque les formes de Résistance militaire intérieure et les réseaux issus de l’armée d’armistice. Émile Mollard y est mentionné dans le cadre du Camouflage du Matériel et des organisations clandestines préparant une reprise de la lutte contre l’occupant allemand. L’ouvrage replace le réseau Maurice dans le contexte général de la Résistance française.
La Résistance française, Robert Aron, Fayard, 1954. L’auteur retrace les grandes structures de Résistance intérieure, y compris les réseaux militaires clandestins issus de l’armée française. Les activités du Camouflage du Matériel et les initiatives d’officiers comme le général Mollard sont replacées dans l’évolution politique et militaire de la France occupée. L’ouvrage éclaire les rapports entre réseaux clandestins et préparation de la Libération.
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot (dir.), Robert Laffont, 2006. Ce dictionnaire de référence contient des notices consacrées aux principaux responsables, mouvements et réseaux de la Résistance française. Émile Mollard y apparaît dans les entrées relatives au Camouflage du Matériel et à la Résistance militaire. L’ouvrage permet de situer précisément le rôle du réseau Maurice dans l’ensemble des organisations clandestines françaises.
Compagnons de la Libération, Henri Weill, Privat, 1984. Cet ouvrage biographique consacré aux grandes figures de la France combattante évoque les officiers ayant participé à la Résistance militaire et aux réseaux clandestins issus de l’armée française. Les activités d’Émile Mollard dans le domaine du camouflage des armes et de l’organisation clandestine y sont replacées dans le contexte de la lutte intérieure contre l’occupant.
La Résistance dans le Sud-Ouest, Collectif, Éditions Privat, 1992. Cette étude régionale analyse les réseaux clandestins actifs dans le sud-ouest de la France, notamment les filières de passage vers l’Espagne. Le réseau Maurice y est évoqué dans le cadre des structures de liaison et d’évasion organisées à partir des Pyrénées. L’ouvrage met en lumière les ramifications territoriales de l’organisation créée par Émile Mollard.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne – Émile Mollard principal organisateur du CDM Présentation historique consacrée au général Émile Mollard et à son rôle central dans le Camouflage du Matériel après l’armistice de 1940. Le document retrace la constitution des dépôts clandestins d’armes et l’évolution du dispositif vers le réseau Maurice. La notice insiste sur son rôle d’organisateur de la Résistance militaire intérieure.
Musée de la Résistance en ligne – Émile Mollard principal organisateur du CDM
Musée de la Résistance en ligne – Historique du réseau Maurice Ce document historique détaille la création et le fonctionnement du réseau Maurice fondé par le général Mollard sous le pseudonyme « Dubourg ». Il présente les missions du réseau, les filières d’évasion, les liaisons clandestines et les structures implantées dans le sud-ouest de la France et les Pyrénées.
Musée de la Résistance en ligne – Historique du réseau Maurice
Wikipédia – Émile Mollard Cette notice biographique retrace la carrière militaire et résistante du général Émile Achille Marie Mollard. Elle présente son action dans le Camouflage du Matériel, la création du réseau Maurice, son arrestation par la Gestapo et sa déportation à Buchenwald. La page fournit également des éléments de chronologie et plusieurs références historiques complémentaires.
Wikipédia – Émile Mollard
Fondation de la Résistance – Camouflage du Matériel Ce dossier thématique revient sur l’organisation clandestine du Camouflage du Matériel créée après l’armistice de 1940. Le rôle joué par le général Mollard dans la dissimulation des armes et la structuration de réseaux clandestins y est clairement présenté. Le site replace également cette action dans le cadre de la Résistance militaire française.
Fondation de la Résistance – Camouflage du Matériel
Ordre de la Libération – La Résistance militaire Cette page institutionnelle expose les différentes formes de Résistance militaire intérieure pendant l’Occupation. Elle évoque les réseaux issus de l’armée d’armistice, le camouflage des armes et les structures clandestines préparant la reprise des combats. Les activités du CDM et des organisations proches du réseau Maurice y trouvent leur contexte historique.
Ordre de la Libération – La Résistance militaire
Musée de la Résistance en ligne – Le Camouflage du matériel Ce dossier pédagogique présente les objectifs et les méthodes du Camouflage du Matériel. Il décrit la récupération, la dispersion et la conservation clandestine des équipements militaires français après 1940. Le général Mollard y apparaît comme l’un des principaux responsables du dispositif clandestin.
Musée de la Résistance en ligne – Le Camouflage du matériel
Mémoire des hommes – Base des déportés de la Seconde Guerre mondiale Cette base documentaire du ministère des Armées permet de retrouver des informations sur les résistants arrêtés et déportés durant l’Occupation. Les données relatives à la déportation du général Mollard complètent les informations historiques concernant son arrestation et son internement dans le système concentrationnaire nazi.
Mémoire des hommes – Base des déportés de la Seconde Guerre mondiale
Fondation de la France Libre – Résistance intérieure et armée secrète Ce dossier historique analyse les rapports entre les réseaux militaires clandestins, l’armée secrète et les organisations de Résistance intérieure. Il permet de replacer le réseau Maurice dans l’ensemble des structures militaires clandestines françaises ayant préparé la Libération.
Fondation de la France Libre – Résistance intérieure et armée secrète
Chemins de mémoire – La Résistance intérieure française Ce site du ministère des Armées présente une synthèse historique sur les mouvements et réseaux de Résistance intérieure. Les organisations militaires clandestines issues de l’armée d’armistice y sont étudiées dans leur évolution politique et opérationnelle. Le contexte historique du réseau Maurice et du CDM y est clairement exposé.
Chemins de mémoire – La Résistance intérieure française
Association des anciens combattants et amis de la Résistance – Réseaux militaires clandestins Cette ressource revient sur les organisations clandestines créées par des officiers français après 1940 afin de préparer la reprise des combats. Le Camouflage du Matériel et les réseaux associés, dont le réseau Maurice, y sont évoqués dans le cadre général de la Résistance militaire.
Association des anciens combattants et amis de la Résistance – Réseaux militaires clandestins
Observations
Les éléments relatifs au réseau Maurice, au pseudonyme « Dubourg » et au CDM concernent exclusivement le général Émile Achille Marie Mollard (1895-1991).Il faut distinguer au minimum trois personnes :
| Nom | Naissance | Décès | Identité |
| Émile Mollard | 20 avril 1881, Gap | 17 février 1944, Paris | Homonyme, non identifié comme fondateur du réseau Maurice |
| Émile Achille Marie Mollard | 23 août 1895, Saint-Cloud | 16 octobre 1991, Paris | Général français, CDM, réseau Maurice, alias « Dubourg » |
| Émile Mollard | 6 août 1907, Saint-Martin-de-Crau | non précisé ici | Titulaire d’une médaille par décret de 1947, autre homonyme |
Indice A : plusieurs sources institutionnelles, mémorielles et historiques concordantes concernant le CDM, le réseau Maurice et la carrière résistante du général Mollard.
Sites consultés,
- Wikipédia – Émile Mollard
- Musée de la Résistance en ligne – Émile Mollard principal organisateur du CDM
- Musée de la Résistance en ligne – Historique du réseau Maurice
- Musée de la Résistance en ligne – Le Camouflage du matériel
- Fondation de la Résistance – Camouflage du Matériel
- Ordre de la Libération – La Résistance militaire
- Mémoire des hommes – Ministère des Armées
- Chemins de mémoire – La Résistance intérieure française
- Fondation de la France Libre – Résistance intérieure
- Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR)