Gabrielle MARTINEZ-PICABIA, alias Jeanine, née le 7 décembre 1913 à Paris, France, morte le 22 avril 2002 à Paris, France.
Fille du célèbre peintre Francis Picabia et de Gabrielle Buffet, elle grandit dans un milieu artistique et intellectuel d’avant-garde. Avant la guerre, elle évolue dans les cercles de la haute culture parisienne, développant une solide formation intellectuelle et une indépendance de caractère qui marqueront son engagement.
Dès la fin de l’année 1940, refusant l’Occupation, elle s’engage dans l’action clandestine. Son domicile devient rapidement un foyer de ralliement pour les premiers patriotes. Elle se spécialise dans le recueil et la transmission de renseignements militaires. Elle est la figure centrale du groupe qui deviendra le réseau Gloria SMH (Stella Maris Him).
Appartenance à un réseau ou mouvement
Elle est reconnue comme la fondatrice et la dirigeante principale du réseau Gloria SMH à partir de janvier 1941. Ce réseau, rattaché au service de renseignement britannique (MI6), se consacre exclusivement au renseignement militaire, notamment sur les mouvements de troupes et les installations portuaires allemandes.
Missions et actions
Sous son autorité, le réseau s’étend sur une grande partie de la zone occupée et la zone interdite. Elle coordonne les agents, gère les boîtes aux lettres et assure le passage des courriers vers Londres via la zone libre.
Son réseau est l’un des premiers à fournir des informations précises sur les défenses côtières ennemies. Elle fait preuve d’une grande rigueur dans le compartimentage de ses cellules.
Arrestation / évasion / déportation
Après la trahison de l’agent Robert Christie, le réseau est démantelé par l’Abwehr en août 1942. Gabrielle Martinez-Picabia est arrêtée le 14 août 1942. Internée à la prison de Fresnes, elle est déportée en Allemagne sous le décret Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard). Elle connaît plusieurs camps de concentration, dont Ravensbrück et Mauthausen, où elle survit jusqu’à la libération par la Croix-Rouge en avril 1945.
Camarades de combat
Elle dirige une équipe composée de personnalités fortes comme Jacques Legrand, Alfred Péron et l’écrivain Samuel Beckett. Elle travaille étroitement avec sa mère, Gabrielle Buffet-Picabia, également engagée dans le réseau.
Retour à la vie civile
Après son rapatriement, elle témoigne de l’horreur des camps mais reste discrète sur ses propres mérites. Elle se consacre à la défense de la mémoire de son réseau et participe à la vie associative des anciennes déportées. Elle continue de fréquenter le milieu des arts tout en honorant la mémoire des disparus de Gloria SMH.
Décorations
- Officier de la Légion d’honneur Décret non retrouvé (source Wikipédia)
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme Décret non retrouvé (source Wikipédia)
- Médaille de la Résistance française avec rosette Décret du 3 juillet 1946 JO du 11 juillet 1946
- Médaille de la Liberté (Medal of Freedom) avec palme d’argent (États-Unis) Source Wikipédia
Lieux de mémoire
Son nom figure sur les plaques commémoratives dédiées au réseau Gloria SMH. Aucune autre infrastructure publique n’a été identifiée comme portant son nom au cours de cette recherche.
Références bibliographiques
L’Intelligence Service et la Résistance. Ouvrage général sur les réseaux britanniques mentionnant le rôle pionnier de Gabrielle Picabia dans le renseignement.
Gabrielle Buffet-Picabia : Gabrielle en résistance. Livre retraçant le parcours de la famille Picabia dans la clandestinité et le rôle de sa fille à la tête du réseau.
Références internet
Mémoire des Hommes. Base des déportés et résistants confirmant son identité et son homologation. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Musée de la Résistance en ligne. Notice thématique sur le réseau Gloria SMH détaillant la structure de direction. http://www.museedelaresistanceenligne.org
Dossier d’homologation consulté
Dossier individuel au Service Historique de la Défense, Vincennes : cote GR 16 P 402264.
Observations
La fiche Wikipédia de Gabrielle Martinez-Picabia est extrêmement détaillée et a servi de base pour le développement de cette notice.