François MARTY, né le 8 novembre 1901 à Beynat (Corrèze), mort le 29 novembre 1944 à Pforzheim (Allemagne), français.
Originaire de Corrèze, François Marty entre dans la Société des prêtres du Prado et est ordonné prêtre. Son ministère est très tôt orienté vers l’accompagnement des plus démunis. Affecté à Lyon, il devient aumônier des prisons, notamment de Saint-Paul et Saint-Joseph, où il acquiert une connaissance approfondie du milieu carcéral.
Engagement dans la Résistance
À partir de 1942, alors que les prisons lyonnaises accueillent un nombre croissant de résistants arrêtés, François Marty accepte de servir d’agent de liaison entre les détenus et les organisations clandestines. Profitant de sa qualité d’aumônier, il fait circuler des renseignements, transmet des messages et participe à l’organisation matérielle de plusieurs opérations de secours. Son engagement s’effectue notamment au profit du mouvement Combat puis des organisations unifiées de la Résistance lyonnaise.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les sources disponibles le rattachent aux réseaux d’assistance mis en place autour du mouvement Combat et des groupes de Résistance lyonnais, sans qu’il apparaisse comme membre d’un réseau clandestin autonome. Son rôle est avant tout celui d’un intermédiaire indispensable entre les prisonniers et les responsables extérieurs.
Missions et actions
Son action la plus connue concerne la préparation de l’évasion de l’hôpital de l’Antiquaille, le 24 mai 1943.
Avec un médecin, plusieurs infirmières, Mme Monod-Laffargue, responsable des visiteuses de prison, et Me Claps, il fait parvenir clandestinement aux détenus les consignes nécessaires à leur future évasion. Les messages sont notamment dissimulés dans des cigarettes remises aux prisonniers lors des visites. Ce dispositif permet d’organiser progressivement le transfert volontaire des résistants vers l’hôpital de l’Antiquaille où le commando des groupes francs pourra intervenir. L’opération aboutit à la libération notamment de Serge Ravanel, Maurice Kriegel-Valrimont et François Morin-Forestier, constituant l’un des succès les plus spectaculaires de la Résistance lyonnaise en 1943.
Arrestation / déportation
L’activité clandestine de François Marty finit par être découverte. Arrêté par la Gestapo à la suite d’une dénonciation, il est emprisonné puis déporté en Allemagne.
Le 29 novembre 1944, il est exécuté sommairement avec plusieurs autres détenus à Pforzheim, en représailles à la progression des armées alliées et à la libération de Strasbourg.
Camarades de combat
Parmi les personnalités avec lesquelles son action est attestée figurent notamment :
- Serge Ravanel ;
- Maurice Kriegel-Valrimont ;
- François Morin-Forestier ;
- Charles Mohler ;
- Lucien Bonnet ;
- Mme Monod-Laffargue ;
- Me Claps ;
- plusieurs médecins et infirmières demeurés anonymes dans les témoignages.
Décorations
Médaille de la Résistance Française avec rosette à titre posthume par décret du 03 juillet 1946 JO du 11 juillet 1946 source ordre de la Libération,Côte du dossier : 1O42326,
Les recherches actuellement accessibles n’ont pas permis de confirmer avec certitude l’ensemble des décorations éventuellement attribuées à François Marty. Des vérifications complémentaires dans les dossiers du SHD et les publications officielles seraient souhaitables avant toute publication définitive.
Lieux de mémoire
Son nom figure notamment :
- sur le monument aux morts de Beynat ;
- sur la plaque commémorative de l’ancienne prison Saint-Paul à Lyon ;
- sur une stèle commémorative à Pforzheim ;
- dans la toponymie lyonnaise (jardin Père-François-Marty).
Références bibliographiques
Albert Massonie, Une belle figure corrézienne de la Résistance : le Père François Marty. Étude biographique fondée sur des témoignages et publiée dans le Bulletin de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze. Elle demeure l’une des principales références consacrées au prêtre résistant.
Lucie Aubrac, Ils partiront dans l’ivresse. Témoignage majeur sur la Résistance lyonnaise permettant de replacer l’opération de l’Antiquaille dans son contexte.
Références internet
Mémoire Vive de la Résistance. Présentation historique de l’opération de l’Antiquaille et identification des principaux acteurs, dont François Marty.
Musée de la Résistance en ligne. Témoignages détaillés de Serge Ravanel sur la préparation de l’évasion et le rôle joué par l’abbé Marty.
Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD). Inventaire d’un fonds d’archives consacré au Père François Marty comprenant témoignages, correspondances et documents originaux.
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote SHD ou dossier d’homologation n’a pu être confirmé dans les sources ouvertes consultées.
Observations
Les sources disponibles sont concordantes sur le rôle essentiel joué par François Marty dans l’organisation de l’évasion de l’Antiquaille. En revanche, plusieurs aspects administratifs de son parcours (homologation, décorations, références archivistiques militaires) nécessiteraient une consultation directe des fonds du Service historique de la Défense.
Indice de fiabilité Niveau A — Identité et activité résistante établies par plusieurs sources institutionnelles, mémorielles et archivistiques concordantes.
Chronologie
| Date | Événement |
| 8 novembre 1901 | Naissance à Beynat (Corrèze) |
| 1942 | Début de son activité clandestine auprès des résistants emprisonnés |
| 24 mai 1943 | Participation décisive à la préparation de l’évasion de l’Antiquaille |
| 1944 | Arrestation et déportation |
| 29 novembre 1944 | Exécution à Pforzheim (Allemagne) |
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, article « Opération de l’hôpital de l’Antiquaille, mai 1943 », utilisé pour le contexte de l’opération et l’identification des participants.
Musée de la Résistance en ligne, témoignages de Serge Ravanel consacrés à la préparation de l’évasion, ayant permis de documenter précisément le rôle de l’abbé Marty dans la transmission clandestine des consignes.
Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD), inventaire du fonds documentaire consacré au Père François Marty, utilisé pour confirmer l’existence d’un corpus archivistique important.
Wikipédia (notice « François Marty (prêtre) »), utilisée uniquement comme source secondaire de repérage et recoupée avec les sources mémorielles.