Louis-Henri BOUSSEL, né le 2 janvier 1916 à Smyrne, Turquie, mort le 19 janvier 2014 à Paris, France. Français.
La notice de la Fondation de la Résistance permet ici une fiche développée. Louis-Henri Boussel naît à Smyrne, où son père travaille à la direction des chemins de fer français en Syrie et Turquie.
À partir de 1926, il poursuit sa scolarité en France ; il sort ingénieur des Arts et Métiers en 1937, puis effectue son service militaire comme sous-lieutenant au 8e régiment de Tirailleurs à Bizerte. Maintenu sous les drapeaux après la déclaration de guerre, il combat en métropole en mai-juin 1940.
Engagement dans la Résistance
Après l’armistice, persuadé que la guerre doit continuer, il cherche d’abord à gagner l’Empire français puis Londres. Revenu en métropole à l’automne 1940, il entre en contact à Paris, au début novembre 1940, avec le lieutenant-colonel Michel Brault, l’un des chefs du réseau de renseignement Étoile. Ses compétences acquises lors de stages à la SNCF orientent aussitôt son activité vers le renseignement ferroviaire.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Louis-Henri Boussel est formellement attesté comme membre du réseau de renseignements Étoile par la Fondation de la Résistance. Les Français Libres le rattachent aussi à la Résistance intérieure et donnent une affectation principale ultérieure « Gloria », ce qui signale un parcours clandestin plus large sans contredire sa phase initiale et structurante dans Étoile. La cote SHD mentionnée est GR 16 P 84103.
Missions et actions
À partir de janvier 1941, il se fait embaucher comme attaché de traction au dépôt SNCF de La Chapelle, ce qui lui permet de collecter des renseignements ferroviaires dans le nord de la France.
La notice de la Fondation de la Résistance indique qu’il remplit de nombreuses missions pour Étoile tout en recrutant des agents pour les réseaux F et Gloria.
Une autre source mémorielle précise qu’il crée sur les chemins de fer du Nord et de la zone interdite un réseau de renseignement « Rail », organise des passages en zone interdite d’agents et de parachutistes, renseigne Londres sur les mouvements allemands, les fortifications côtières, le trafic des ports et des bases sous-marines, et contribue à des renseignements ayant permis un bombardement allié contre l’aérodrome allemand de Brombos-Sarcus.
Arrestation / évasion / déportation
Le 26 novembre 1941, il est arrêté à Paris par l’Abwehr lors d’un rendez-vous compromis après la trahison de Mathilde Carré. Il est interné à Fresnes pendant près de quinze mois, puis transféré au fort de Romainville avant d’être déporté NN par le convoi du 25 mars 1943.
Arrivé à Mauthausen le 27 mars 1943, il est affecté à Gusen puis à l’usine d’armement Steyr. Les sources consultées insistent sur son rôle de protection de camarades français plus vulnérables et sur des formes de sabotage de la production allemande. Il est libéré par les Américains le 5 mai 1945.
Camarades de combat
Les sources consultées le placent d’abord auprès de Michel Brault dans le réseau Étoile. En déportation, sa trajectoire est également liée à celle du Père Jacques de Jésus, qu’il aide à Gusen et dont il devient ensuite le secrétaire après la libération du camp.
Retour à la vie civile
Après un passage par les services de l’Hôtel Lutetia, il reprend une activité d’ingénieur à la SNCF, malgré les séquelles de la déportation. Très engagé dans le monde associatif issu de la Résistance et de la Déportation, il adhère notamment à la Fédération nationale des déportés internés résistants, à Résistance-Fer, à l’amicale de Mauthausen et à d’autres associations mémorielles. Passionné de photographie, il devient photographe officiel accrédité auprès du ministre des Anciens combattants et couvre pendant des décennies les grandes cérémonies commémoratives liées à la Résistance, à la Déportation et à la France combattante. Une partie importante de ses archives photographiques a été donnée aux Archives nationales.
Décorations
- Commandeur de la Légion d’honneur, élévation en 1977, mentionnée par la Fondation de la Résistance ; décret exact non retrouvé dans cette recherche.
- Croix de guerre 1939-1945, avec citations : à l’ordre de la division par décret n° 458 du 11 décembre 1945 ; à l’ordre du corps d’armée par décret n° 509 du 20 mars 1946 ; à l’ordre de l’Armée par décret du 14 janvier 1948.
- Médaille de la Résistance française Décret du 31 mars 1947 JO du 26 juillet 1947.
- Médaille de la déportation pour faits de Résistance, mentionnée dans son avis de décès publié au Figaro ; décret non retrouvé dans cette recherche.
Lieux de mémoire
Le principal lieu de mémoire lié à son nom relève aujourd’hui de son fonds d’archives photographiques conservé aux Archives nationales. Sa trajectoire mémorielle est aussi liée à Mauthausen, à Gusen et aux commémorations nationales qu’il a photographiées pendant plusieurs décennies.
Références bibliographiques
Le livre-mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution 1940-1945. Cet ouvrage, explicitement cité dans la notice de la Fondation de la Résistance, sert à documenter son parcours de déporté NN vers Mauthausen et Gusen. Il constitue une base solide pour la chronologie concentrationnaire.
Jean Medrala, Les réseaux de renseignements franco-polonais, 1940-1944. L’ouvrage est utile pour replacer le réseau Étoile dans l’environnement des réseaux franco-polonais, auquel Louis-Henri Boussel est directement lié au début de son engagement clandestin.
Références internet
Fondation de la Résistance. Notice biographique détaillée, source principale de niveau institutionnel, utilisée pour l’état civil, la formation, l’entrée dans Étoile, l’arrestation, la déportation, le retour à la vie civile et les décorations. URL complète : https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/louis-henri-boussel/
Les Français Libres. Fiche mémorielle et contribution biographique détaillée donnant la cote SHD, le décès, et de nombreux éléments de parcours, notamment le réseau ferroviaire « Rail » et son activité après-guerre. URL complète : https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=57646
FranceArchives. Le bilan de collecte des archives privées de la Seconde Guerre mondiale signale explicitement Louis-Henri Boussel comme résistant du réseau Étoile et déporté NN à Mauthausen, confirmant la valeur patrimoniale de ses archives. URL complète : https://francearchives.gouv.fr/file/0439c191ff9e99258d70046c029b85f94f19119e/AN_Bilan_collecte_2GM_2007_2023.pdf
Dossier d’homologation consulté
La cote SHD repérée est GR 16 P 84103. Le dossier lui-même n’a pas été consulté dans cette recherche.
Observations
Une photographie est bien attestée dans les bases institutionnelles consultées. La notice de la Fondation de la Résistance est suffisamment développée pour justifier ici une notice longue. L’affectation principale « Gloria » figurant sur Les Français Libres n’infirme pas son appartenance au réseau Étoile, qui est la structure explicitement documentée pour son entrée en résistance.
Sources consultées le 15 avril 2026
Fondation de la Résistance, notice « Louis-Henri BOUSSEL » : état civil, formation, entrée dans le réseau Étoile, arrestation, déportation, action à Gusen, carrière mémorielle, décorations.
Les Français Libres, fiche et contribution « Louis Henri Boussel » : cote SHD, décès, réseau « Rail », précisions sur la déportation et l’après-guerre.
FranceArchives, bilan de collecte des archives privées de la Seconde Guerre mondiale : mention de Louis-Henri Boussel comme résistant du réseau Étoile et déporté NN à Mauthausen.