René BOUSQUET, né le 11 mai 1909 à Montauban (Tarn-et-Garonne), mort le 8 juin 1993 à Paris
René Bousquet naît à Montauban en 1909. Il suit des études de droit à Toulouse et entame très tôt une carrière administrative rapide au sein de la haute fonction publique.
Haut fonctionnaire du régime de Vichy, acteur de la politique policière de collaboration.
René Bousquet occupe la fonction de secrétaire général à la Police sous le régime de Vichy (1942-1943), et apparaît comme un organisateur majeur de la collaboration policière, notamment dans le cadre de la Police nationale et de structures comme les Groupes mobiles de réserve (GMR).
Missions et actions
Les documents pédagogiques et muséaux consultés attestent son implication institutionnelle dans la structuration, la doctrine et l’encadrement des GMR, avec des interventions publiques auprès d’écoles ou d’unités.
Une ressource de la Fondation de la Résistance conserve par exemple un discours de Bousquet adressé à des élèves d’une école de GMR (septembre 1942), et le musée en ligne rappelle le cadre de création et d’emploi des GMR.
Les notices biographiques de référence le présentent également comme un acteur central de la politique policière de Vichy et de la collaboration avec l’occupant, notamment sur la période 1942-1943.
En janvier 1943, après la destruction du Vieux-Port, l’armée allemande, épaulée par des gardes mobiles français, a ratissé la ville pendant deux jours. L’Opération Sultan, supervisée par le secrétaire général à la police de Pétain, René Bousquet, constitue une des rafles les plus massives de la Seconde Guerre mondiale en France : 20 000 personnes évacuées de leur logement, plus de 6000 arrestations, 1642 déportés dont 782 personnes juives.
Les sources biographiques consultées indiquent qu’il est assassiné à Paris en 1993.
Analyse du discours de septembre 1942 (GMR)
En septembre 1942, René Bousquet s’adresse aux élèves d’une école de Groupes Mobiles de Réserve (GMR). Ce discours est capital pour comprendre la doctrine de la “Nouvelle Police” de Vichy :
- L’affirmation de la souveraineté par la répression : Bousquet martèle que la police doit être l’instrument unique de l’État français. En réprimant lui-même les “dissidents”, il prétend éviter que les Allemands ne le fassent, justifiant ainsi une collaboration accrue par un prétendu souci d’indépendance.
- La création des GMR : Ces unités, présentées dans le discours comme l’élite de la police, sont conçues pour être mobiles et capables de mener des opérations de type militaire. Bousquet leur assigne pour mission de briser “l’anarchie” (le communisme et la Résistance).
- Le culte de la hiérarchie : Il insiste sur l’obéissance absolue au Maréchal Pétain et au gouvernement. Ce discours marque la transition vers une police qui n’est plus au service de la loi, mais au service exclusif d’un homme et d’une idéologie.
- Le contexte : Ce discours intervient quelques semaines après les rafles de l’été 1942. Bousquet cherche à galvaniser ses troupes pour les préparer à une lutte sans merci contre le “terrorisme” (nom donné à la Résistance armée).
Suivi de recherche au 17 février 2026
- Base Léonore : Consultation du dossier de Légion d’honneur (décoration obtenue avant-guerre).
- Gallica : Recherche dans la presse de l’époque (Le Matin, Le Petit Parisien) sur les comptes rendus de ses visites aux écoles de police en 1942.
Retour à la vie civile
Arrêté à la Libération, il comparaît en 1949 devant la Haute Cour de justice chargée de l’épuration. L’un des derniers à être traduit devant cette juridiction, il bénéficie d’une certaine complaisance et d’une solide défense, et se trouve acquitté.
Il poursuit alors sa carrière à la Banque d’Indochine et à la Dépêche du midi. Il fréquente alors les milieux politiques et économiques et notamment François Mitterrand qui le reçoit à Latche, sa résidence secondaire. Ceci explique le qualificatif « d’ami » employé dans l’interview par Jean-Pierre Elkabbach.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur à titre exceptionnel (mentionné comme lié à un acte de sauvetage lors d’inondations en mars 1930). Information trouvée dans une notice encyclopédique, non confirmée au moment de la recherche dans la base Léonore.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire (rue, établissement, monument public) n’a été identifié dans les bases obligatoires consultées, ce qui est cohérent avec une trajectoire associée à la Collaboration.
Références bibliographiques
La France de Vichy (1940-1944), Robert O. Paxton, Seuil, 1973 (rééditions augmentées). Analyse structurante des mécanismes de l’État français, de ses politiques et de ses relations avec l’occupant. Permet de comprendre la place de l’appareil policier et la logique de collaboration d’État.
Vichy et les Juifs, Michael R. Marrus et Robert O. Paxton, Calmann-Lévy, 1981.
Ouvrage de référence sur la politique antisémite, la déportation et les responsabilités administratives et policières. Utile pour replacer les responsabilités de l’appareil de police dans l’histoire des persécutions.
Polices des temps noirs. France 1939-1945, Jean-Marc Berlière, Perrin, 2018.
Étude approfondie des polices sous l’Occupation, de leurs structures, doctrines et pratiques. Utile pour comprendre les forces comme les GMR et leur insertion dans la répression anti-résistante.
Références internet
Fondation de la Résistance Dossier documentaire incluant un discours de René Bousquet aux élèves d’une école de GMR (septembre 1942) et un cadrage pédagogique sur la répression et les forces engagées contre la Résistance, permettant d’étayer son rôle institutionnel. https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/Doc00147.pdf
Musée de la Résistance en ligne Notice muséale rappelant la création des GMR (décrets) et leur organisation, utile pour caractériser l’outil policier développé sous Vichy et mobilisé contre la Résistance.
https://museedelaresistanceenligne.org/media180-Insignes-des-Groupes-mobiles-de-rserve-GMR
Encyclopædia Universalis Notice biographique synthétique (naissance, formation, carrière, mention d’une Légion d’honneur « à titre exceptionnel »), utile pour les repères factuels et la trajectoire administrative.
https://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-bousquet/
FranceArchives Portail des Archives de France signalant des ensembles d’archives relatifs au secrétariat général à la Police et à des visites/activités associées à René Bousquet, utile pour l’orientation archivistique.
https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/936c542b62b8229c8c72adbebc0654d8d3f17f7a
Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD
Observations
Attention aux homonymes La présente fiche concerne exclusivement René Bousquet (1909-1993), haut fonctionnaire de Vichy.
- Fondation de la Résistance : dossier PDF incluant un document attribué à René Bousquet (discours à une école de GMR) et cadrage sur la répression. https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/Doc00147.pdf
- Encyclopædia Universalis : repères biographiques sur René Bousquet et mention d’une Légion d’honneur « à titre exceptionnel ». https://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-bousquet/
- FranceArchives : instruments de recherche et signalement d’archives relatives au secrétariat général à la Police (Bousquet/Darnand). https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/936c542b62b8229c8c72adbebc0654d8d3f17f7a
- Wikipédia (contrôle croisé, non retenu comme source unique) : vérification rapide des repères de carrière et du décès de René Bousquet ; utilisé seulement en appui d’encyclopédies/archives. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Bousquet