Henri BOURRILLON, figure majeure de la Résistance lozérienne, né le14 mars 1891 à Mende (Lozère) décès : 3 mai 1945 à Blšany (Tchécoslovaquie, aujourd’hui République tchèque), en déportation
Il est issu d’une famille de Mende. Il devient avocat et s’installe dans sa ville natale. Engagé volontaire lors de la Première Guerre mondiale, il sert dans l’artillerie, atteint le grade de capitaine et se distingue par sa bravoure.
Après-guerre, il reprend ses activités professionnelles et politiques, devenant une figure locale respectée.
Engagement politique et Résistance
Élu maire de Mende en 1929, Henri BOURRILLON est destitué par Vichy le 15 février 1941, pour avoir refusé d’obéir à des ordres imposés par le régime : il s’oppose notamment à la suppression du boulevard Soubeyrand (qui devait être renommé « Maréchal Pétain ») et au camp d’internement de Rieucros.
Dès 1941, il rejoint la Résistance. Il diffuse le journal clandestin Combat avec Jean Lyonnet et Adrien Aïn, sous le pseudonyme Limoux. Il devient chef politique départemental de la Résistance en Lozère dès mars 1942. En 1943, il est nommé chef départemental des Mouvements unis de la Résistance (MUR).
Il est désigné préfet de la Lozère par le CFLN (Comité français de libération nationale) pour l’après-libération.
Henri BOURRILLON organise la coordination entre les différents réseaux lozériens. Il se rend régulièrement à Nîmes, Alès et Montpellier pour établir les liaisons avec d’autres chefs résistants et défendre des militants communistes.
Le 25 mars 1944, il est arrêté à Marvejols par la Gestapo avec sa compagne Jeanne Péchadre. D’abord incarcéré à Mende, il est ensuite transféré à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis déporté à Buchenwald.
Il meurt d’épuisement au kommando de Blšany (alors Flöha), le 3 mai 1945, quelques jours avant la fin de la guerre.
Camarades de combat
- Jean Lyonnet – Résistant lozérien, proche collaborateur
- Émile Peytavin – Chef départemental des FFI
- Adrien Aïn – Résistant engagé dans la diffusion du journal Combat
- Jeanne Péchadre – Sa compagne, arrêtée avec lui, survivra à la déportation
Décorations
- Croix de guerre 1914-1918 (pour faits d’armes pendant la Première Guerre mondiale)
- Chevalier de la Légion d’honneur (31 octobre 1917)
- Médaille de la Résistance (à titre posthume)
Rues et lieux de mémoire
- Rue Henri-Bourrillon à Mende
- Stèle commémorative à Marvejols, à l’endroit de son arrestation
- Son nom figure sur plusieurs monuments aux morts en Lozère, dont celui de Mende
Références bibliographiques
- Henri Cordesse, Histoire de la Résistance en Lozère (1940-1944), Éditions du Rouergue, 1985
- Roger Bourrillon, Henri Bourrillon, une figure lozérienne de la Résistance, Éd. Amis du Vieux Mende, 1995
- Claude Mazauric, Itinéraires résistants en Languedoc, Privat, 1992
Références internet
- Maitron – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier
Résumé : Notice complète retraçant la vie, l’engagement et la déportation de Henri BOURRILLON. https://maitron.fr/spip.php?article18323 - Musée de la Résistance en ligne
Résumé : Biographie, documents d’archives, photos et rôle de Henri BOURRILLON dans la Résistance en Lozère. https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?media=11388 - Archives Départementales de la Lozère
Résumé : Fonds Bourrillon consultable, comprenant lettres, tracts, et documents relatifs à la Résistance. https://archives.lozere.fr - Wikipedia (FR)
Résumé : Notice synthétique avec les étapes marquantes de sa vie et de son rôle dans la Résistance. https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bourrillon