François MARTIN est né le 3 août 1916 à Hardricourt (Yvelines). Il a été exécuté sommairement le 12 juillet 1944 à Kerihuel, hameau de Plumelec (Morbihan), par des troupes allemandes et des miliciens français.
Issu d’une famille d’industriels, François MARTIN manifesta très tôt un tempérament artistique. Il intégra l’École des Beaux-Arts, où ses maîtres voyaient en lui un futur Prix de Rome de peinture. Cependant, il devança son appel pour effectuer son service militaire au 6e Bataillon de chasseurs alpins à Grenoble.
Engagement dans la Résistance ou dans la France libre
Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, sergent au sein de la Brigade de haute montagne, il participa à la campagne de Norvège en avril-mai 1940.
Évacué en Angleterre avec le corps expéditionnaire français en juin 1940, il choisit de rester en Grande-Bretagne et de s’engager dans les Forces françaises libres.
Affecté comme instructeur au Bataillon de chasseurs à Camberley, il fut promu aspirant en août 1941. Le 1er octobre suivant, il embarqua pour le Moyen-Orient, débarquant à Suez à la mi-décembre 1941.
Affecté au Bataillon de marche n°7 (BM 7) à Beyrouth comme chef de la section antichars, il rejoignit ensuite les parachutistes du French Squadron à Kabret en Égypte en mai 1942.
Intégré à la Special Air Service Brigade (SAS Brigade) britannique, il participa à des opérations de sabotage derrière les lignes ennemies.
Le 27 juillet 1942, lors d’une attaque sur l’aérodrome de Sidi Haneish, il prit le commandement de son groupe après la mort de l’aspirant André Zirnheld. Il continua à mener des opérations en Libye jusqu’en février 1943, puis participa à la campagne de Tunisie.
En avril 1943, lors d’une inspection à Camberley, le général de Gaulle lui remit la Croix de la Libération.
Promu lieutenant, il s’entraîna en Écosse au sein du 4e Bataillon d’infanterie de l’Air en vue des parachutages qui accompagneraient le débarquement de juin 1944.
Parachuté avec son stick dans la nuit du 9 au 10 juin 1944 près de Duault dans les Côtes-du-Nord, il mena des missions d’arrière-garde pour protéger le repli de son bataillon sur le Morbihan.
Le 12 juillet 1944 à l’aube, alors qu’il était caché dans une ferme du hameau de Kerihuel à Plumelec avec le capitaine Pierre Marienne, d’autres parachutistes et des FFI, ils furent surpris dans leur sommeil par des troupes allemandes accompagnées de miliciens. François MARTIN, Pierre MARIENNE, cinq autres parachutistes, huit FFI et trois civils furent exécutés sommairement.
Camarades de combat
Parmi ses compagnons d’armes figuraient :
- Le capitaine Pierre MARIENNE, exécuté à ses côtés à Kerihuel.
- L’aspirant André ZIRNHELD, tué lors d’une opération en Libye.
- Le commandant Pierre-Louis BOURGOIN, chef du 4e Bataillon d’infanterie de l’Air.
Ces hommes partagèrent avec lui les combats en Afrique du Nord et en Bretagne.
Décorations
- Chevalier de la Légion d’honneur.
- Compagnon de la Libération (décret du 26 mars 1943).
- Croix de guerre 1939-1945.
- Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume par décret du 03 août 1946 JO 13 octobre 1946
- Côte du dossier : 1O42027
- Médaille coloniale avec agrafes “Libye”, “Tripolitaine”, “Fezzan”, “Tunisie”.
- Croix de guerre norvégienne.
Rues ou lieux de mémoire
Plusieurs lieux rendent hommage à François MARTIN :
- Une place porte son nom à Hardricourt, sa ville natale.
- Son nom figure sur le monument commémoratif du massacre de Kerihuel.
- Il est inscrit sur le monument aux parachutistes SAS de la France libre à Plumelec.
- La promotion 1982 de l’école militaire des aspirants de Coëtquidan a été baptisée en son honneur.
Références bibliographiques
- Le Morbihan en guerre, Roger Leroux, Éditions Régionales de l’Ouest, 2000.
Cet ouvrage retrace l’histoire du Morbihan pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant en lumière les actions de la Résistance et le rôle de figures comme François MARTIN. - 1939-1945 : Rage, action, tourmente au pays de Lanvaux, Joseph Jégo, Imprimerie La Limitrophe, 1991.Ce livre offre une perspective détaillée sur la Résistance dans la région de Lanvaux, incluant des témoignages et des récits sur les opérations des SAS.
Références internet
- Ordre de la Libération :Le site officiel présente une biographie détaillée de François MARTIN, ses actions dans la Résistance et les distinctions reçues.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/francois-martin - Wikipédia offre un aperçu de sa vie, de son engagement dans la Résistance et de ses contributions à la libération de la Bretagne.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Martin_(r%C3%A9sistant) - Fondation de la France Libre :Un hommage posthume à François MARTIN, soulignant son rôle central dans la Résistance bretonne.
https://www.france-libre.net/lieutenant-francois-martin/
Note : Une photographie d’époque identifiée de François MARTIN est disponible sur le site de l’Ordre de la Libération.