La forme principale retenue est maquis de la Fournache. Les sources consultées emploient aussi camp de la Fournache et maquis FTP de la Fournache. Il s’agit d’un maquis FTPF implanté dans le secteur de Rochebrune et Beauvoisin, Drôme, France, à proximité de Buis-les-Baronnies, Drôme, France.
Le maquis de la Fournache est fondé le 27 mars 1943 à la ferme de la Fournache, sur la montagne du Linceuil, commune de Rochebrune, Drôme, France.
Les sources attribuent la fondation du camp à Gaby Reynier, à un résistant désigné comme M. Marin et à trois jeunes réfractaires. Un témoignage conservé par le Musée de la Résistance en ligne indique en outre que le camp a été organisé par Louis Borel et Gaby Reynier, avec l’aide de Léon Desplan.
Son objectif initial est d’accueillir et de protéger des réfractaires au STO, puis de les transformer en combattants clandestins.
Les sources décrivent un camp clandestin installé dans une ancienne ferme isolée, ravitaillé par la population locale et encadré par un réseau de sédentaires à Buis-les-Baronnies.
Un témoignage évoque l’existence d’un chef de camp appelé Jean et l’organisation quotidienne du groupe autour des gardes, corvées, réparations et ravitaillement.
Gaby Reynier est présenté comme l’un des principaux animateurs du réseau sédentaire qui oriente les jeunes vers le camp, leur procure parfois de faux papiers, participe à leur équipement et à la recherche d’armes.
Actions menées pendant la Résistance
Le maquis de la Fournache sert d’abord de lieu de refuge et de formation pour des réfractaires au STO, puis de base FTPF active dans les Baronnies.
Les sources attestent des activités de ravitaillement, d’armement et de préparation d’opérations. Un groupe issu du maquis est transféré le 17 juillet 1943 à Tastevin, Thines, Ardèche, France, pour préparer un parachutage demandé par la mission OSS-Brown.
Un témoignage mentionne aussi, après l’attaque du camp, la poursuite des actions clandestines et notamment une récupération d’essence au camp d’aviation de Caritat-Orange.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le maquis est explicitement rattaché aux FTPF. Il est soutenu par le réseau sédentaire de Buis-les-Baronnies et se trouve en relation avec des structures de Résistance communiste locales. Les sources montrent aussi un lien opérationnel ponctuel avec la mission OSS-Brown lors de l’opération projetée de parachutage à Tastevin. Après l’attaque d’août 1943, une partie des résistants rejoint d’autres camps FTP, notamment La Lance.
Chefs et figures marquantes
Gaby REYNIER est l’un des principaux organisateurs du maquis et du réseau sédentaire de Buis-les-Baronnies ; il achemine des jeunes au camp, participe à leur équipement et échappe à la répression d’août 1943 avant de rejoindre le maquis de La Lance.
Louis BOREL est cité parmi les organisateurs du camp.
Aimé BUIX apparaît, avec Gaby Reynier, dans la constitution d’un premier noyau FTPF.
Paul VEYRAND, alias Pavel, témoigne de la vie du camp et de sa réorganisation après l’attaque.
Charles BLANC commande le détachement envoyé à Tastevin en juillet 1943 et y est tué.
Victimes et morts
Les pertes les mieux documentées concernent le détachement de Tastevin, anéanti le 4 août 1943 à Thines, Ardèche, France.
Les sources nomment Alphonse Bataille, Mathieu Ferrer, Henri Silhol, Maurice Finck, Georges Bernard et Charles Blanc parmi les six maquisards tués.
Elles mentionnent aussi la mort de trois habitants du hameau. Pour le camp de la Fournache lui-même, les sources consultées décrivent l’attaque des 8 et 9 août 1943 par les Italiens et la Milice, ainsi qu’une répression étendue à la population civile et aux soutiens locaux, mais elles ne livrent pas de bilan nominatif complet des victimes du seul camp.
Survivants identifiés
Fernand ARNAUD est donné comme le seul maquisard ayant réussi à s’échapper du drame de Tastevin, bien que blessé.
Gaby Reynier survit à l’attaque du camp de la Fournache et rejoint ensuite La Lance.
Paul Veyrand survit également et a laissé un témoignage postérieur.
Fin du réseau
Le camp de la Fournache est investi dans la nuit du 8 au 9 août 1943, ou selon une autre source dans la nuit du 9 au 10 août 1943. Les maquisards, prévenus à temps, peuvent se disperser dans les bois, ce qui marque la fin de la première installation du camp.
Une divergence de date doit donc être signalée entre les sources consultées. Le site est toutefois réutilisé plus tard pendant environ quatre mois et demi par le maquis, ce qui montre une continuité partielle de l’activité clandestine malgré la destruction initiale.
Conséquences et mémoire
Le maquis de la Fournache compte parmi les premiers maquis FTPF des Baronnies liés à la lutte contre le STO et à la militarisation progressive de la Résistance locale.
Sa mémoire est matérialisée par les ruines repérées de la ferme, par une plaque signalant le site, par la plaque dédiée aux maquisards drômois du camp de la Fournache à Tastevin et par des commémorations autour du massacre du 4 août 1943.
Références bibliographiques
Les maquis des Baronnies collectif du cinquantenaire, 1994, ouvrage cité par le Musée de la Résistance en ligne pour le contexte du maquis et la biographie de Gaby Reynier.
L’Ardèche martyre A. Demontès, Éditions Mazel, 1946, ouvrage cité dans les sources du Musée de la Résistance en ligne à propos de Tastevin et de la tragédie liée aux hommes venus de la Fournache.
Montagnes ardéchoises dans la guerre Louis-Frédéric Ducros, Bourg-lès-Valence, 1977, ouvrage cité dans les sources du Musée de la Résistance en ligne sur le drame de Tastevin.
La tragédie de Thines Sylvain Villard, Privas, Imprimerie cévenole, 1993, ouvrage cité dans les sources du Musée de la Résistance en ligne sur le détachement parti de la Fournache.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne notice sur la ferme de la Fournache, avec contexte historique de la fondation du camp à Rochebrune. https://museedelaresistanceenligne.org/media1030-La-ferme-de-La-Fournache-Rochebrune
Musée de la Résistance en ligne notice sur Gaby Reynier, précisant le rôle du réseau sédentaire de Buis-les-Baronnies et l’acheminement des réfractaires au camp. https://museedelaresistanceenligne.org/media411-Gaby-Reynier
Musée de la Résistance en ligne notice sur les premiers maquisards à la grotte de Beauvoisin, indiquant que le maquis prend le nom de la Fournache. https://museedelaresistanceenligne.org/media221-Premiers-maquisards-la-grotte-de-Beauvoisin
Musée de la Résistance en ligne notice sur le hameau de Tastevin à Thines, retraçant le transfert du détachement venu de la Fournache et le massacre du 4 août 1943. https://museedelaresistanceenligne.org/media499-Hameau-de-Tastevin-Thines-dans-lArdche
Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon témoignage de Paul Veyrand sur la vie du maquis et l’attaque du camp. https://collections.chrd.lyon.fr/media/collectiveaccess/images/9/5/8/5/85418_ca_attribute_values_value_blob_958591_original.pdf
Sources consultées : Mémoire Vive de la Résistance ; Maitron Résistance ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica ; Service historique de la Défense ; Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon ; sites mémoriels locaux repérés par recherche web. Les sources les plus substantielles retrouvées en accès ouvert pour cette fiche proviennent du Musée de la Résistance en ligne et d’un témoignage conservé par le CHRD ; aucune fiche dédiée n’a été retrouvée sur Mémoire Vive de la Résistance lors de la vérification préalable.