La forme principale retenue est « maquis de Combe-Brézès ». La variante « Combe-Brézet » est également attestée par les sources locales. Il s’agit d’un groupe de réfractaires au STO formé dans l’Embrunais en 1943 et qui devient, à la fin de mai 1944, le maquis combattant des Orres sous le commandement de René EYMIN.
Il ne convient donc ni de fusionner entièrement les deux appellations ni de présenter deux organisations indépendantes : « Combe-Brézès » désigne la phase de refuge et de vie clandestine des réfractaires ; « maquis des Orres » désigne la phase militaire qui lui succède.
Création du Maquis
L’histoire du groupe est exceptionnellement bien documentée grâce au journal collectif conservé par Roger GUION et René PHILIP. Le document couvre près de seize mois, du 12 mars 1943 au 3 juillet 1944. Il constitue une source contemporaine directe sur la vie quotidienne des réfractaires.
Le 12 mars 1943, René PHILIP, Roger GUION et Abel FOURET prennent le train depuis Embrun alors qu’ils sont convoqués pour partir en Allemagne au titre du STO. Leur refus conduit progressivement à la constitution d’un groupe clandestin.
Le groupe trouve notamment refuge dans des bâtiments appartenant à Albin JOUBERT, secrétaire de mairie et agriculteur, qui aide les jeunes réfractaires. Le maquis se développe ensuite en fonction des arrivées de nouveaux hommes et de la nécessité de changer régulièrement de lieu.
Organisation interne
Durant sa première phase, Combe-Brézès n’est pas encore une unité de combat structurée. Il s’agit d’un groupe de jeunes hommes refusant le STO, soutenus par un réseau local d’habitants qui leur procure logement, ravitaillement et protection. Cette caractéristique est cohérente avec le fonctionnement de nombreux premiers maquis provençaux et alpins de 1943 décrit par Jean-Marie Guillon.
Le journal de bord collectif constitue une particularité documentaire remarquable : les réfractaires y consignent leurs activités quotidiennes, les déplacements et les conditions de vie presque sans interruption pendant seize mois.
En mai 1944, la situation change. Des volontaires désireux de combattre rejoignent les réfractaires et le lieutenant René EYMIN, membre de l’ORA, est désigné pour assurer leur encadrement militaire. La transformation marque la naissance du maquis des Orres.
Actions menées pendant la Résistance
La mission première du maquis de Combe-Brézès est la soustraction au STO. L’activité attestée porte essentiellement sur la clandestinité, l’organisation de refuges, le ravitaillement, les déplacements et la protection des jeunes recherchés.
Il serait anachronique d’attribuer à cette première phase l’ensemble des embuscades, sabotages et opérations militaires du maquis des Orres. Ces dernières appartiennent principalement à la période commençant à la fin du mois de mai et surtout après le 6 juin 1944.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Combe-Brézès est initialement un groupe de réfractaires bénéficiant d’un soutien local. Sa militarisation intervient avec l’arrivée de René EYMIN et son intégration dans l’environnement de l’ORA des Hautes-Alpes.
La transformation vers le maquis des Orres conduit ensuite à son intégration aux structures combattantes qui seront réunies dans les FFI.
Roger GUION est l’un des principaux membres du groupe initial. Il conserve avec René PHILIP le journal collectif utilisé ultérieurement par Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon. Il survit à la guerre.
René PHILIP appartient au noyau initial des réfractaires partis le 12 mars 1943. Il conserve lui aussi le journal de bord et témoigne après-guerre auprès des chercheurs.
Abel FOURET appartient au groupe initial parti pour échapper au STO.
Albin JOUBERT, secrétaire de mairie et agriculteur, apporte une aide matérielle directe aux réfractaires en mettant des bâtiments à leur disposition. Les sources consultées établissent cette fonction de soutien mais ne permettent pas de le qualifier de chef du maquis.
René EYMIN intervient dans la dernière phase de Combe-Brézès. Lieutenant de l’ORA, il reçoit à la fin de mai 1944 la responsabilité d’encadrer et militariser le groupe, qui devient alors le maquis des Orres. Il survit à la guerre et devient général.
Victimes et morts
Aucune victime mortelle n’a pu être attribuée avec certitude à la période où le groupe porte spécifiquement l’appellation Combe-Brézès. Les pertes et arrestations survenues après la transformation militaire doivent être étudiées dans le cadre du maquis des Orres et non rétroactivement attribuées au groupe de réfractaires.
Survivants identifiés
Roger GUION et René PHILIP sont des survivants formellement identifiés puisqu’ils sont interrogés après-guerre et permettent l’exploitation de leurs archives privées. René EYMIN survit également au conflit.
Fin du Maquis
La fin de Combe-Brézès est une transformation plutôt qu’un démantèlement. À la fin du mois de mai 1944, le groupe de réfractaires est militarisé par René EYMIN et devient le maquis des Orres. Ses membres qui choisissent le combat sont incorporés dans la nouvelle formation.
Le journal collectif se poursuit jusqu’au 3 juillet 1944, ce qui permet de suivre directement cette période de transition entre clandestinité de réfractaires et engagement armé.
Conséquences et mémoire
Combe-Brézès constitue un cas particulièrement bien documenté de transformation d’un maquis-refuge en maquis combattant. Son intérêt historique tient aussi à la conservation exceptionnelle d’un journal collectif rédigé au jour le jour pendant près de seize mois, ce qui permet d’étudier la vie matérielle, les relations internes et les préoccupations quotidiennes de jeunes réfractaires.
La publication universitaire de Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon assure aujourd’hui la conservation scientifique de cette mémoire au-delà des seuls témoignages locaux.
Divergences et précautions
Les variantes « Combe-Brézès » et « Combe-Brézet » désignent le même groupe dans les sources locales.
La distinction chronologique avec le maquis des Orres est essentielle. Les opérations militaires de juin-août 1944 ne doivent pas être attribuées directement à Combe-Brézès sans préciser que le groupe avait alors changé de nature et d’appellation.
Fiabilité A. La documentation est exceptionnellement solide grâce au journal contemporain de Roger GUION et René PHILIP, à leur témoignage postérieur, au travail universitaire de Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon et aux sources locales concordantes sur la transformation du groupe en maquis des Orres.
Références bibliographiques
Les maquis de l’Embrunais, secteur « G » de la Résistance des Hautes-Alpes, Sylvain Reynaud, mémoire de maîtrise, Aix-en-Provence, 1993, 150 pages, sous la direction de Jean-Marie Guillon. Ce travail constitue la principale étude universitaire directement consacrée aux maquis embrunais et exploite les témoignages et archives privées de plusieurs anciens réfractaires.
La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais, Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon, Provence historique, tome 44, fascicule 178, octobre-décembre 1994, pages 513-522. L’article étudie directement le journal collectif conservé par Roger GUION et René PHILIP, tenu du 12 mars 1943 au 3 juillet 1944. C’est la référence publiée la plus solide pour Combe-Brézès.
Souviens-toi, 1944-1994, cinquantenaire de la Libération, René Eymin, 1994. Les souvenirs de l’officier qui transforme Combe-Brézès en maquis des Orres éclairent le passage de la clandestinité de réfractaires à l’organisation armée.
Références internet
Persée – La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais donne accès à la publication universitaire fondée sur le journal original du groupe. https://www.persee.fr/doc/prohi_0033-1856_1994_num_44_178_2470
Embrun en 1939-1945 – Le maquis de Combe-Brézès présente la naissance du groupe, les variantes du nom et les principaux réfractaires identifiés. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/02/le-maquis-de-combe-brezes/
Embrun en 1939-1945 – Le maquis des Orres établit la transformation de Combe-Brézès en unité combattante à la fin de mai 1944. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/02/le-maquis-des-orres/
Embrun en 1939-1945 – René Eymin documente l’arrivée du lieutenant de l’ORA et la militarisation du groupe. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/01/rene-eymin/
Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans les Basses-Alpes confirme l’existence du maquis des Orres commandé par René EYMIN et son intégration aux opérations régionales. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/
Sources consultées —
Mémoire Vive de la Résistance : aucune notice Combe-Brézès autonome ; résultat indirect positif via le maquis des Orres et l’ORA. https://mvr.asso.fr/
Maitron Résistance : recherche effectuée ; aucune notice autonome du groupe identifiée. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance : recherche effectuée ; aucune notice autonome retrouvée. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne : recherche effectuée ; aucune notice autonome Combe-Brézès identifiée. https://www.museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des Hommes : recherches nominatives effectuées ; aucune fiche organisationnelle du groupe. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : aucune notice autonome identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica : recherche effectuée sans résultat directement supérieur à l’étude universitaire. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense : instruments relatifs à l’ORA et aux FFI consultés ; aucun dossier numérique autonome Combe-Brézès identifié. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Persée : résultat universitaire positif majeur. https://www.persee.fr/doc/prohi_0033-1856_1994_num_44_178_2470
Embrun en 1939-1945 : résultats locaux détaillés et concordants. https://embrun3945.wordpress.com/