L’expression « maquis de Champoléon » désigne en réalité un ensemble de camps installés dans la vallée de Champoléon, Hautes-Alpes, France. Les principales implantations attestées sont les Garnauds, les Méollions, les Tourronds et le secteur des Borels. Les sources parlent donc aussi des « maquis de Champoléon » au pluriel.
Création du maquis
Les premières formations se développent à partir de 1942, notamment après la démobilisation d’officiers et de militaires français. L’arrivée croissante de réfractaires au STO en 1943 renforce considérablement les effectifs.
La vallée constitue alors l’un des principaux centres de regroupement de la Résistance dans le Champsaur.
Le capitaine Henri BAUDEL, alias Conan, est présenté comme commandant de l’ensemble des camps de Champoléon.
Angel AMAR, ancien du 159e régiment d’infanterie alpine, participe à la logistique.
Paul-Marie RADIUS et Jean-Bernard ROUXEL dirigent notamment le camp des Méollions et assurent une part importante de la formation militaire.
Pierre POUTRAIN commande le groupe des Garnauds.
Jean-Gabriel ROBIN, curé des Borels et résistant, assure une fonction logistique essentielle : stockage de nourriture, matériel et armes, relais avec les différents camps.
Actions menées pendant la Résistance
Les premières missions comprennent la récupération et la dissimulation des armes, la formation des volontaires au maniement des armes, l’accueil des réfractaires et l’organisation logistique des camps.
Les camps reçoivent ensuite du matériel provenant de parachutages alliés. L’objectif est de transformer les jeunes cachés dans la montagne en combattants organisés et entraînés.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les cadres militaires sont principalement liés à l’ORA puis à l’Armée secrète et aux structures qui aboutissent aux FFI. Les maquis entretiennent également des relations avec les groupes de Saint-Jean-Saint-Nicolas, Chorges et d’autres secteurs du Champsaur.
Henri BAUDEL, alias Conan, supervise l’ensemble des camps.
Paul-Marie RADIUS, jeune officier de Saint-Cyr, assure des responsabilités de commandement et d’instruction.
Jean-Bernard ROUXEL participe au commandement du camp des Méollions et à l’entraînement des recrues.
Pierre POUTRAIN organise et commande le camp des Garnauds. Il est arrêté plus tard et fusillé le 19 juin 1944.
Jean-Gabriel ROBIN constitue un relais logistique et aide également des Juifs persécutés en leur fournissant de faux papiers.
Victimes et morts
L’attaque allemande menée dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943 ne provoque pas de perte directe parmi les maquisards des principaux camps, qui sont avertis à temps et se replient en montagne. En revanche, des résistants et réfractaires du secteur de Saint-Jean-Saint-Nicolas sont arrêtés.
Pierre POUTRAIN est ultérieurement capturé et fusillé le 19 juin 1944.
Survivants identifiés
Paul-Marie RADIUS et plusieurs anciens de Champoléon poursuivent leur activité résistante après le démantèlement des camps. De nombreux jeunes sont transférés vers d’autres maquis, notamment La Bégüe et Chorges.
Fin du maquis
Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943, plusieurs centaines de soldats allemands investissent la vallée et le secteur de Saint-Jean-Saint-Nicolas.
Les maquisards, prévenus par un gendarme, parviennent à évacuer les camps et à cacher une partie du matériel. Les installations des Tourronds et des Méollions sont détruites ; les Garnauds échappent à l’opération.
À la fin novembre 1943, les résistants se regroupent et sont réaffectés vers d’autres camps, notamment La Bégüe.
Conséquences et mémoire
Champoléon constitue l’un des grands foyers précoces de la Résistance militaire haut-alpine. Une petite chapelle du Chatelard est reconstruite par les maquisards en 1943 et fait partie de la mémoire locale du groupe.
Fiabilité A — excellente pour l’existence des différents camps, les principaux responsables, l’activité de formation et l’attaque de novembre 1943.
Références bibliographiques
Maquisards et Gestapo Joseph RICHARD, dit Richard DUCHAMBLO, cahiers consacrés aux maquis haut-alpins, dont Champoléon et Méollion.
La déportation au cœur d’une vie Louis POUTRAIN, témoignage apportant des renseignements sur les jeunes accueillis à Saint-Jean-Saint-Nicolas et leurs relations avec les maquis.
Références internet
Mémoire du Champsaur étude détaillée de la Résistance dans le Champsaur et de l’organisation des différents camps de Champoléon. https://champsaur.net/resistance-dans-le-champsaur-de-1942-a-1943/
AJPN notice Jean-Gabriel Robin, recoupant l’attaque allemande des 12-13 novembre 1943 et l’évacuation des maquis. https://www.ajpn.org/juste-Jean-Gabriel-Robin-4100.html
Sources consultées —
MVR ; Maitron ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica/BnF ; SHD ; Mémoire du Champsaur ; AJPN ; documentation historique locale.