André MALRAUX, alias « Colonel Berger », chef régional FFI de la région R4.
Né le 3 novembre 1901 à Paris, France, mort le 23 novembre 1976 à Créteil, Val-de-Marne, France
André MALRAUX naît dans une famille de la petite bourgeoisie parisienne. Son père, Fernand-Georges Malraux, est courtier en bourse, et sa mère, Berthe Lamy, est issue d’une famille de commerçants. Après le divorce de ses parents, il est élevé par sa mère et sa grand-mère maternelle. Essentiellement autodidacte, il se passionne très tôt pour la littérature et l’art.
En 1923, il part en Indochine où il est arrêté pour vol d’antiquités khmères, une expérience qu’il relate dans son roman La Voie royale (1930). Il acquiert une renommée internationale avec La Condition humaine (1933), qui obtient le prix Goncourt
Engagement dans la Résistance
Initialement réticent à s’engager dans la Résistance, André MALRAUX franchit le pas en 1944, après l’arrestation de ses demi-frères, Claude et Roland, agents du SOE. Il rejoint alors le réseau Nestor du SOE sous le pseudonyme de « Colonel Berger ».
Son engagement dans la Résistance est motivé par son opposition au fascisme et son désir de participer activement à la libération de la France.
En tant que « Colonel Berger », André MALRAUX est chargé de coordonner les maquis de la région R5, comprenant la Corrèze, le Périgord, la Dordogne et le Lot. Il établit un état-major interallié avec un poste de commandement à Urval, en Dordogne.
En septembre 1944, il prend le commandement de la Brigade indépendante Alsace-Lorraine, composée majoritairement de réfugiés alsaciens et lorrains. Sous sa direction, la brigade participe à des combats dans les Vosges et en Alsace, notamment à la prise de Dannemarie, à la défense de Strasbourg et à la libération de Colmar.
Arrestation/évasion
Le 21 juillet 1944, André MALRAUX est arrêté par les Allemands à Gramat, dans le Lot, lors d’une embuscade visant George HILLER. Il est interrogé et incarcéré à la prison Saint-Michel de Toulouse. Il est libéré le 19 août 1944, lors du retrait des troupes allemandes de la ville.
Camarades de combat
Parmi ses compagnons de Résistance figurent :
- George HILLER, chef du réseau FOOTMAN du SOE.
- Jacques POIRIER, alias « Jack », chef du réseau Nestor.
- Pierre-Élie JACQUOT, lieutenant-colonel de la Brigade Alsace-Lorraine.
- Le commandant BRANDSTETTER, chef d’état-major de la brigade.
- L’abbé Pierre BOCKEL, aumônier de la brigade.
Retour à la vie civile
Après la guerre, André MALRAUX devient un proche du général de Gaulle.
Il est nommé ministre d’État chargé des Affaires culturelles en 1959, poste qu’il occupe jusqu’en 1969. Il joue un rôle majeur dans la politique culturelle française, initiant notamment la création des maisons de la culture. Il continue également son œuvre littéraire et artistique
Décorations
- Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945
- Croix de guerre 1939-1945.
- Médaille de la Résistance.
- Distinguished Service Order (Royaume-Uni
Ses cendres ont été transférées au Panthéon le 23 novembre 1996.
Rues ou lieux de mémoire
Lieux éducatifs (collèges, lycées, écoles)
Lycée André-Malraux – Montataire (Oise)
Établissement secondaire portant son nom, en hommage à l’intellectuel et résistant. Le lycée affiche des expositions régulières sur les écrivains engagés et développe un programme pédagogique sur la Résistance. Signification : Lien entre engagement intellectuel, civisme et mémoire républicaine.
Collège André-Malraux – Paris 17e
Ce collège public rend hommage à MALRAUX pour son œuvre culturelle et sa fonction de ministre des Affaires culturelles, mais également pour son engagement dans la Résistance.
Particularité : Situé dans la ville où il est né.
École primaire André-Malraux – Strasbourg
Implantée dans une ville libérée en 1944 par la brigade qu’il commandait, cette école incarne un ancrage direct dans le souvenir de la Libération. Lien historique : La brigade Alsace-Lorraine a participé à la reprise de Strasbourg en novembre 1944.
Établissements culturels et artistiques
Maison de la Culture André-Malraux – Vandoeuvre-lès-Nancy
C’est l’une des premières maisons de la culture créées sous son ministère, puis nommée en son honneur. Importance : Réalisation concrète de son idéal d’un accès démocratisé à l’art et à la culture.
Médiathèque André-Malraux – Strasbourg
Une des plus grandes bibliothèques municipales de France. Ouverte en 2008 dans un ancien bâtiment portuaire, elle incarne à la fois modernité, mémoire et transmission culturelle.
Signification : Hommage appuyé à l’écrivain engagé, résistant et ministre de la Culture.
Monuments et sites commémoratifs
Panthéon – Paris (5e arrondissement)
Les cendres d’André MALRAUX y ont été transférées le 23 novembre 1996, à l’occasion du vingtième anniversaire de sa mort.
Inscription sur le caveau : “André Malraux 1901–1976 – Écrivain – Résistant – Homme d’État”. Signification majeure : Ce geste symbolique de la République marque l’un des plus hauts honneurs rendus à une figure nationale.
Rue André-Malraux – Colmar. Ville libérée par la Brigade Alsace-Lorraine sous son commandement. Importance : Elle renvoie explicitement à son rôle militaire en tant que chef FFI et à la reconnaissance locale.
Stèle commémorative – Urval (Dordogne)
Commémore son état-major interallié établi dans ce village, lors de son commandement de la Résistance dans le sud-ouest. Texte gravé : Honore les forces unifiées placées sous son autorité. Lieu de mémoire discret mais hautement symbolique.
Autres lieux portant son nom
Plus de 400 rues, boulevards, allées ou places en France portent le nom de André Malraux.
Elles se trouvent aussi bien à Paris, Toulouse, Marseille, Lyon, qu’à Albi, Cahors ou Montauban — villes concernées par ses actions en R4.
Caractéristique : Ces dénominations urbaines mettent en valeur aussi bien le Résistant que l’homme de culture, dans des zones parfois marquées par ses actions militaires.
Ces hommages témoignent de l’impact durable de son œuvre et de son engagement.
Références bibliographiques
- Olivier Todd, André Malraux : Une vie, Gallimard, 2001.
- Pierre Galante, André Malraux et la Brigade Alsace-Lorraine, dans Les années 40 – La vie des Français de l’occupation à la libération, n° 80, 7 mai 1980.
- Grégory Guibert, *L’action d’André Malraux à la tête
Références internet
Ordre de la Libération – Notice officielle d’André Malraux
Le site de l’Ordre de la Libération consacre une fiche complète à André MALRAUX, compagnon de la Libération. On y trouve un résumé clair de sa biographie, son engagement dans la Résistance sous le pseudonyme « Colonel Berger », son arrestation, sa libération, la création de la Brigade Alsace-Lorraine, et son parcours politique après-guerre.
Adresse : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-malraux
Wikipédia – André Malraux
La page Wikipédia d’André MALRAUX est très complète. Elle couvre sa jeunesse, sa carrière littéraire, ses engagements politiques, sa participation à la guerre d’Espagne, son rôle dans la Résistance (arrêté à Gramat, prison à Toulouse), et sa fonction de chef régional FFI sous le nom de « Colonel Berger ». Elle mentionne également la Brigade Alsace-Lorraine et ses actions militaires.
Adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/André_Malraux
Musée de la Résistance en ligne
Ce site propose plusieurs documents et photographies d’époque concernant André MALRAUX dans la Résistance. Il est présenté en tant qu’intellectuel engagé ayant dirigé une brigade de maquisards et collaboré avec des réseaux FFI et SOE. Des documents illustrent également son arrestation et sa participation à la libération de l’Alsace.
Adresse : https://museedelaresistanceenligne.org
Archives nationales – Base Léonore (Légion d’honneur)
Le dossier complet de décorations d’André MALRAUX (dont la Légion d’honneur) est consultable sur la base Léonore. On y trouve des documents administratifs originaux relatifs à ses citations militaires, nominations et distinctions.
Adresse : https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr
Fondation de la Résistance – Région R4 (Sud-Ouest)
La Fondation propose des articles historiques sur la Résistance dans la région R4 (Lot, Tarn, Aveyron, etc.), avec une mention du rôle de MALRAUX dans la coordination des maquis et son arrestation en 1944.
Adresse : https://www.fondationresistance.org/pages/recherche-documentaire/r4-region.html