La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme officielle retenue est « Lycée Lalande de Bourg-en-Bresse », établissement situé à Bourg-en-Bresse, Ain, France. Il devient à partir de 1941 un foyer de Résistance associant élèves et certains membres du personnel. Les groupes successivement constitués au lycée sont liés au mouvement Libération puis aux Forces unies de la jeunesse patriotique, généralement désignées par le sigle FUJP. Le lycée Lalande est le seul lycée civil titulaire de la Médaille de la Résistance française. L’Université de Strasbourg, également établissement civil d’enseignement décoré, constitue une catégorie distincte.

Premières manifestations d’opposition

Les premières manifestations d’opposition au régime de Vichy apparaissent parmi les élèves en 1941. À la fin de l’année 1941, un groupe se constitue dans une classe de seconde. Paul PIODA établit le contact avec le mouvement Libération et Marcel COCHET, professeur adjoint d’éducation physique, soutient l’organisation des jeunes résistants. Une autre source du Maitron indique que Raymond SORDET crée au début de 1941 un groupe de résistants au sein du lycée ; ces données témoignent de plusieurs initiatives précoces et ne permettent pas de ramener toute la Résistance lalandaise à un acte fondateur unique.

À la fin de 1942, Hugues BARANGÉ, maître d’internat, et Marcel THÉNON, élève de seconde, organisent au lycée une section des Forces unies de la jeunesse patriotique. Elle rassemble environ une trentaine de membres et constitue dès lors la structure clandestine la mieux organisée de l’établissement.

Organisation interne

La Résistance du lycée ne présente pas une hiérarchie stable pendant toute l’Occupation. Le premier noyau lié à Libération repose sur de jeunes élèves soutenus par Marcel COCHET. La section FUJP organisée ensuite par Hugues BARANGÉ et Marcel THÉNON compte environ trente adhérents. Après les arrestations qui frappent ces responsables, Marcel COCHET devient chef départemental des FUJP. Paul MORIN exerce ensuite des responsabilités parmi les jeunes résistants ; après son arrestation, Gilbert GUILLAND lui succède et participe notamment à des parachutages.

Cette organisation dépasse progressivement l’enceinte scolaire. À partir de juin 1944, des élèves rejoignent notamment la 5e compagnie FUJP, le groupe « Claude », différentes unités FFI et les maquis de l’Ain.

Actions menées pendant la Résistance

À partir de 1941, les élèves diffusent clandestinement des tracts et des journaux, notamment Libération, Combat, Franc-Tireur et Bir-Hakeim. Ils organisent également des manifestations patriotiques et des actions dirigées contre le Service du travail obligatoire.

L’une des opérations les plus importantes est la destruction des fichiers du STO à Bourg-en-Bresse le 21 mai 1943. Elle entraîne une répression sévère contre les jeunes résistants et leurs responsables.

Après le débarquement allié du 6 juin 1944, des élèves et anciens élèves participent à des sabotages de voies de communication, à des actions de harcèlement contre les forces allemandes et aux combats des maquis de l’Ain. Les FUJP interviennent notamment sur le plateau d’Hauteville puis participent aux opérations de La Valbonne et de Meximieux aux côtés de l’avant-garde américaine.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le premier groupe structuré est rattaché au mouvement Libération. À partir de la fin de 1942 et surtout en 1943, les lycéens sont intégrés aux Forces unies de la jeunesse patriotique, organisation fédérant plusieurs mouvements de jeunesse. Des membres rejoignent ensuite les FFI et les maquis de l’Ain.

Chefs et figures marquantes

Hugues BARANGÉ, maître d’internat, organise avec Marcel THÉNON une section FUJP au lycée. Arrêté après les actions contre le STO, il est emprisonné à Montluc, torturé puis fusillé. Il reçoit après sa mort la Légion d’honneur et la Croix de guerre.

Marcel THÉNON, élève de seconde et coorganisateur de la section FUJP, est arrêté puis déporté en Allemagne. Il survit à la guerre.

Marcel COCHET, né le 12 décembre 1913 à Polliat, Ain, France, professeur adjoint d’éducation physique au lycée à partir de septembre 1941, soutient les jeunes résistants puis devient chef départemental des FUJP. Arrêté et déporté, il est rapatrié du camp d’Allach le 25 mai 1945. Il reprend ensuite son poste au lycée Lalande et meurt le 15 décembre 2001 à Bourg-en-Bresse, Ain, France.

Paul MORIN succède à Marcel THÉNON dans les responsabilités des FUJP. Arrêté et déporté en juin 1943, il survit à la guerre et devient ultérieurement maire de Bourg-en-Bresse.

Gilbert GUILLAND succède à Paul MORIN et participe notamment à des opérations de parachutage. Son sort pendant la guerre n’est pas suffisamment documenté dans les sources institutionnelles consultées pour être détaillé davantage.

Victimes et morts

Une divergence documentaire importante concerne le bilan humain. La notice actuelle de l’Ordre de la Libération indique quinze lycéens tués au combat ou fusillés et environ vingt déportés. Le Musée de la Résistance en ligne, le dossier pédagogique officiel consacré à « L’École de la Résistance » et les plaques historiques du lycée donnent trente-deux élèves ou anciens élèves tués ou fusillés et environ vingt déportés. La différence s’explique vraisemblablement par le périmètre de comptage, mais aucune source consultée ne fournit une concordance nominative permettant de résoudre définitivement cet écart. Le chiffre de trente-deux est le mieux documenté dans les travaux détaillés consacrés au lycée, tandis que le chiffre de quinze est conservé comme donnée de la notice synthétique de l’Ordre de la Libération.

Survivants identifiés

Marcel THÉNON, Marcel COCHET et Paul MORIN survivent à la guerre. Parmi les élèves arrêtés lors de la rafle du 5 juin 1944 et déportés, Aimé CHAMBARD, Urbain COLLETTAZ, Pierre FIGUET, Maurice LANÇON, Roger LEBOEUF, Marcel PELLET, René PICOT, François RABUEL et Gilbert RUDE reviennent de déportation. Fernand NICOD, également arrêté, parvient à s’évader du train qui l’emporte.

Répression du 5 juin 1944

Le 5 juin 1944, alors que se déroulent les épreuves du baccalauréat, des miliciens investissent le lycée et arrêtent plusieurs élèves et professeurs. Plusieurs des élèves sont ensuite déportés. Cette opération constitue l’un des épisodes majeurs de la répression exercée contre la Résistance lalandaise.

Fin de la Résistance dans le cadre scolaire.

Après le 6 juin 1944, une partie des jeunes résistants sort du cadre scolaire pour rejoindre les maquis et les unités FFI. La Résistance du lycée se fond donc progressivement dans les organisations militaires participant à la libération de l’Ain. Elle ne fait pas l’objet d’une dissolution formelle.

Conséquences et mémoire

Le lycée Lalande reçoit la Médaille de la Résistance française par décret du 3 octobre 1946. La décoration lui est officiellement remise le 12 janvier 1947 au cours d’une cérémonie durant laquelle la médaille est épinglée au fanion de l’établissement. Trois anciens élèves sont également décorés de la Médaille de la Résistance et plusieurs plaques commémoratives sont inaugurées.

L’Ordre de la Libération confirme encore en 2024 et 2025 que Lalande demeure le seul lycée civil titulaire de cette décoration. Une fresque et un parcours mémoriel ont notamment été inaugurés à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de la rafle du 5 juin 1944.

Références bibliographiques

Histoires peu ordinaires de lycéens ordinaires, ouvrage collectif, Association Résistance Lycée Lalande, Bourg-en-Bresse, 1995. Étude directement consacrée à l’engagement des élèves et personnels du lycée.

La Médaille de la Résistance française, Association nationale des médaillés de la Résistance française, Lavauzelle, 2002.

Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Paris, Robert Laffont, 2006.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice officielle des collectivités civiles médaillées ; fondation du groupe, FUJP, destruction des fichiers du STO, pertes et caractère unique du lycée Lalande. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-collectivites-medaillees

Musée de la Résistance en ligne – Fondation de la Résistance — Notice historique détaillée sur le lycée Lalande et ses groupes résistants. https://museedelaresistanceenligne.org/media2824-Le-lyce-Lalande-de-Bourg-en-Bresse

Ordre de la Libération – CNRD — Dossier pédagogique « L’École de la Résistance », comprenant une synthèse détaillée consacrée à Lalande. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/HD_CNRD_2022-23.pdf

Maitron — Notices individuelles de résistants du lycée, notamment Raymond Sordet. https://maitron.fr/

Mémoire Vive de la Résistance — Notice individuelle de Marcel Cochet et mentions de l’engagement du lycée. https://mvr.asso.fr/cochet/

Fiabilité A — Fiabilité excellente. Les faits essentiels sont établis par l’Ordre de la Libération, la Fondation de la Résistance, le Musée de la Résistance en ligne, le Maitron et les travaux de l’Association Résistance Lycée Lalande. Une divergence subsiste sur le nombre exact de morts, explicitement signalée.

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance — Recherche Lalande et principaux responsables ; notice Marcel COCHET et mentions retrouvées. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance — Notices individuelles de Raymond SORDET, Charles SCHMIDT et anciens élèves consultées. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance — Documentation et dossiers pédagogiques consultés. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne — Notice Lalande et documents associés exploités. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes — Recherches sur l’établissement et les résistants cités ; aucune notice collective spécifique identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération — Notice officielle de la collectivité et documentation pédagogique consultées. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France — Recherches sur Lalande et Bourg-en-Bresse effectuées ; aucun document supérieur aux sources institutionnelles retenues n’a été exploité. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense — Recherche sur le lycée, les FUJP et les résistants cités ; ressources non numérisées signalées mais aucun dossier collectif directement exploitable en ligne. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Association Résistance Lycée Lalande — Documentation locale identifiée comme source des travaux AERI et de la Fondation de la Résistance.

Wikipédia — Consultation complémentaire uniquement ; aucune donnée non recoupée retenue. https://fr.wikipedia.org/

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