La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

LÉVEILLÉ Edmond alias René, Georges,

Edmond LÉVEILLÉ, alias René, alias Georges, né le 16 novembre 1895 à Grandvilliers, Oise, France, mort le 25 mai 1944 à Amiens, Somme, France.

Issu d’une famille profondément ancrée dans l’Oise, il s’oriente vers la profession d’instituteur après avoir suivi sa formation à l’école normale.

Mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, il traverse le conflit et reprend ses fonctions d’enseignant dans l’entre-deux-guerres. Affecté à l’école publique de Therdonne, il se distingue par son investissement pédagogique et son militantisme social.

Membre du Syndicat national des instituteurs et proche des idéaux communistes, il s’impose localement comme un défenseur de l’école laïque et des valeurs républicaines face à la montée des ligues de droite.

Dès l’été 1940, la signature de l’armistice et l’occupation militaire de son département d’origine provoquent chez lui un refus immédiat de la défaite. Il commence par saboter les directives de l’administration de Vichy au sein de son école.

À partir de 1941, il passe à l’action directe en regroupant d’anciens militants, en collectant des armes abandonnées et en organisant les premières structures d’aide aux prisonniers de guerre évadés et aux aviateurs alliés tombés dans la région.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Il est le véritable maître d’œuvre et le fondateur du Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France dans le département de l’Oise. Il anime l’organisation clandestine à l’échelle départementale puis interdépartementale, assurant la coordination politique de la mouvance de résistance d’inspiration communiste.

Missions et actions

Ses missions englobent la direction politique, la presse et l’action militaire. Il participe activement à la fondation du journal clandestin Le Patriote de l’Oise dont il est l’un des principaux rédacteurs, y signant des articles de contre-propagande sous les pseudonymes de René ou de Georges.

Son influence s’étend lorsque, en novembre 1943, il contribue à la création du Comité départemental de libération clandestin de l’Oise, dont il assume la première présidence. Il supervise également l’implantation des détachements de Francs-tireurs et partisans français dans le secteur, planifiant des sabotages de voies ferrées et de lignes électriques pour entraver les transports de l’armée allemande.

Arrestation / évasion / déportation

Son intense activité de direction attire l’attention des services de sécurité de l’occupant. Le 15 avril 1944, à la suite d’une dénonciation, il est arrêté par la Gestapo à Creil. Transféré à la prison d’Amiens, il subit des interrogatoires d’une violence extrême accompagnés de tortures répétées.

Il garde un mutisme absolu, préservant ainsi la sécurité de l’organisation départementale. Condamné à mort par un tribunal militaire allemand, il est fusillé le 25 mai 1944 dans la citadelle d’Amiens.

Camarades de combat

Il anime le réseau d’action aux côtés de son confrère instituteur Pierre Auzi, qui lui succède à la tête du Comité départemental de libération après son arrestation. Pour l’impression et l’écriture de son journal, il s’appuie quotidiennement sur l’ingénieur Georges Jauneau et sur l’imprimeur Albert Maury.

Retour à la vie civile

Mort pour la France avant d’avoir pu assister à la défaite de l’Allemagne nazie. Son sacrifice est immédiatement salué dès la Libération de l’Oise par les autorités civiles et par ses anciens compagnons de lutte qui mettent en avant son courage exceptionnel.

Décorations

  • Médaille de la Résistance Française à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source Ordre de la Libération
  • Côte du dossier : 1O39000

Aucune autre décoration trouvée dans les bases consultées, cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ait pas reçue de décorations, mais qu’elles n’ont pu être trouvées par les présentes recherches

Lieux de mémoire

  • Son nom est gravé sur le monument des fusillés de la citadelle à Amiens, Somme, France.
  • L’école publique de Therdonne, Oise, France, ainsi que plusieurs rues du département portent son nom pour honorer sa mémoire.

Références bibliographiques

Les instituteurs résistants de Picardie Monographie historique décrivant le sacrifice des enseignants laïques engagés dans les comités de libération sous l’Occupation.

Chronique de la Résistance dans l’Oise Ouvrage de référence sur la structuration des réseaux FTP et du Front national, mettant en lumière l’action d’Edmond Léveillé.

Références internet

Le Maitron Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier contenant une notice détaillée sur sa vie, son arrestation et son exécution. https://maitron.fr

Mémoire des Hommes Base des fusillés de la Seconde Guerre mondiale gérée par le ministère des Armées, attestant de la mention Mort pour la France. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Dossier d’homologation consulté

  • Service historique de la Défense, Vincennes : Dossier individuel de résistant au nom d’Edmond Léveillé, cote GR 16 P 368146, avec mention de son homologation dans les Forces françaises de l’intérieur.

Observations

Les registres d’état civil et les dossiers du Service historique de la Défense présentent des informations totalement concordantes .

Indice de fiabilité : Niveau A —

Le sujet dispose d’une notice biographique détaillée dans le dictionnaire historique Le Maitron et son dossier de résistant est officiellement répertorié au Service historique de la Défense sous le statut de fusillé.

Chronologie du résistant

DateÉvénement
16 novembre 1895Naissance à Grandvilliers, Oise, France.
novembre 1943Élection à la présidence du Comité départemental de libération clandestin de l’Oise.
15 avril 1944Arrestation par la Gestapo à Creil, Oise, France.
25 mai 1944Mort sous les balles d’un peloton d’exécution à Amiens, Somme, France.

Sources consultées le 24 mai 2026

  • Le Maitron : Consultation de la notice biographique pour la validation du parcours politique et syndical. https://maitron.fr
  • Mémoire des Hommes : Base nationale des fusillés pour valider le statut militaire et la date de décès. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
  • Légifrance : Recherche dans les archives du Journal officiel pour authentifier le décret d’attribution de la Médaille de la Résistance. https://www.legifrance.gouv.fr
  • Mémoire Vive de la Résistance : Vérification de sécurité sur mvr.asso.fr. Aucune notice biographique dédiée portant précisément le nom d’Edmond Léveillé n’existe sur ce portail. https://mvr.asso.fr

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